Sénégal: Représentation des femmes - Un nouveau leadership politique féminin émerge au pays

24 Octobre 2020

Le programme de participation politique des femmes (Wpp), mis en œuvre au Sénégal, Botswana, Côte d'Ivoire, Eswatini, Kenya, Rdc, Tanzanie et Zimbabwé, pour une période de trois ans, par International institute for democracy and electoral assistance (Idea), vise à accroître la participation politique et la représentation des femmes en Afrique, conformément au Protocole de Maputo de 2003.

Au Sénégal, le programme est exécuté dans le cadre d'un partenariat entre le Caucus des femmes leaders et le Laboratoire genre de l'Ifan-Cheikh Anta Diop, et il couvre également la République démocratique du Congo et la Côte d'Ivoire. L'atelier « Femmes politiques dans l'espace médiatique », ouvert, le jeudi 22 octobre 2020, a été clôturé hier à Dakar.

C'est décidé, les femmes politiques dans l'espace médiatique ne veulent plus parler de parité mais plutôt de leadership. Car depuis la loi 2010-77 du 28 mai 2010, la parité absolue homme-femme est instituée au Sénégal dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives. Ceci a permis aux femmes politiques de mettre le pied à l'étrier. Selon le Pr Fatou Sarr Sow, « aujourd'hui, le leadership ne dépend plus que d'elles ». Une fois arrivées en force à l'Assemblée nationale (45 au total), grâce à la parité, ce qu'elles en font ensuite ne dépend que de leur seule volonté. Sous les législatures précédentes, du temps des députés Awa Dia Thiam et Bousso Samb, a rappelé la sociologue et socio-anthropologue, la visibilité des femmes élues était plus ardue et il leur avait fallu se battre pour faire entendre leur différence.

Fatou Sarr Sow a appelé la société civile à aider les femmes leaders à émerger, car, a-t-elle souligné, « elle (la société civile) est profondément politique mais pas partisane, contrairement aux partis politiques ». Plus que de s'interroger sur le manque de visibilité des femmes politiques sur les plateaux de télévision, la sociologue Lalla Ndiaye et l'ancienne ministre Ngoné Ndoye ont estimé qu'il faut davantage se soucier de savoir si elles sont suffisamment outillées et comment la presse peut valoriser leur engagement au lieu d'organiser des confrontations sensationnelles entre élues pour augmenter les taux d'audience.

Mme Ndiaye s'est réjouie du dialogue intergénérationnel au sein du Caucus des femmes leaders et des participantes parmi lesquelles la brillante et pertinente députée Marième Soda Ndiaye. Adja Bafou Bâ, ancienne du lycée Ameth Fall de Saint-Louis, a mis en exergue la solidarité générationnelle et le sens du partage des compétences de la ministre de la Jeunesse, Néné Fatoumata Tall Mbaye, qui a fait appel dans le département qu'elle dirige à d'autres jeunes femmes leaders avec lesquelles elle a partagé une des promotions de leadership coachée par le Caucus des femmes leaders et qui ne sont pas du même parti qu'elle.

La sociologue Ahoua Tall a, quant à elle, plaidé pour que les femmes soient représentées dans les missions de médiation de la Cedeao et de l'Ua et pour l'introduction des langues nationales dans les espaces médiatiques de débat politique afin d'en élargir l'accès aux femmes expertes mais ne maitrisant pas la langue française. Fatou Sarr Sow a précisé que l'approche genre implique une compréhension des politiques publiques, une expertise basée sur la connaissance des données statistiques, scientifiques, sécuritaires ou économiques.

Au constat que toute leur énergie déployée sur le terrain et leurs votes ne servent qu'à élire leurs camarades de parti à la tête des exécutifs territoriaux, les femmes leaders en politique sont unanimes sur leur prochain objectif : l'élection du maire au suffrage universel direct. En effet, sur 602 collectivités locales (45 départements et 557 communes), il n'y a que 14 femmes chef d'exécutif municipal (maires) et deux femmes chefs d'exécutif départemental (présidente de Conseil départemental). Les femmes leaders en politique se sont aussi engagées à se battre pour la question du remplacement des députés à l'Assemblée nationale qui ne suit pas, selon elles, la règle de la parité : un homme remplace un homme et une femme remplace une femme. Cet atelier sera suivi en novembre par un atelier croisé homme-femme ensemble.

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