Maroc: La Renaissance sportive de Berkane aux portes de l'histoire

La RSB rejoint le cercle réduit des clubs marocains sacrés sur le plan continental

Dimanche soir, peu après 23h, la Coupe de la Confédération ne sera pas dépaysée sur la pelouse du Complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat, qu'elle finisse dans les bras de la Renaissance sportive de Berkane ou des Egyptiens de Pyramids FC, se rappelant ainsi aux bons souvenirs des récents vainqueurs, le Raja de Casablanca (2017-2018) et le Zamalek SC (2018-2019). Une situation autant révélatrice de l'hégémonie des clubs marocains et égyptiens en cette compétition (6 titres cumulés dont 4 pour le Maroc), que de l'évolution constante du club de l'Oriental.

Se nourrir des désillusions du passé

l'occasion de cette deuxième finale consécutive mettant en scène un duel maroco-égyptien, une première dans l'histoire de la petite sœur de la Ligue des champions, la Renaissance sportive de Berkane doit donc se soustraire aux destins malheureux des deux précédentes éditions, et notamment cette finale perdue sur un fil, lors de la cruelle partie de loterie que sont les tirs au but contre le Zamalek. Sans oublier son élimination en quarts de finale, une année auparavant, face au futur finaliste, l'AS Vita Club, défait par le Raja. L'idée pour Sektioui et ses hommes, tombeurs du Hassania d'Agadir en demi-finale (2-1),sera aussi de se nourrir des désillusions du passé pour poursuivre leur ascension verslessommets.«Noussommes convaincus de notre capacité à gagner», a confiéZaid Kerrouch, l'ailier de la RSB tout en promettant de «se battre jusqu'à la dernière seconde pour remporter ce trophée que le club attend depuis longtemps».

Dans cette finale réunissant des équipes qui vont certainement faire passer l'énergie et la gestion de l'émotion avant l'organisation et la stratégie, la RSB, dansl'élan d'une saison particulière et partiellement réussie car moins bien maîtrisée sur la fin (3ème), avec sa défense d'airain (meilleure du championnat) et son milieu énergique, se présente en favori de la 17ème finale de l'épreuve sous son nouveau format, quand bien même jouer sur terres marocaines ne lui offrira quasiment aucun avantage, excepté de ne pas avoir à faire et défaire des valises, à cause du huis closimposé parla situation sanitaire dansle pays.

Le danger peut surgir de partout

Mais à l'absence du douzième homme s'opposera la présence d'un collectif où le danger peut surgir de partout. Surles 33 butsinscrits cette saison en championnat, 14 joueurs ontmarqué, avec une mention spéciale pour M. Aziz. Le latéral gauche, meilleur buteur du club (13 buts TCC), symbolise à luiseul la prise de risque insufflée par son coach Tarik Sektioui à travers un plan de jeu dont les préceptes sont : un bloc défensif médian, une transition rapide à la récupération du ballon, mais aussi et surtout une omniprésence des latéraux dans le camp adverse. Pour preuve, la RSB est l'équipe qui centre le plus cette saison en Botola Pro (539). Aussi intéressant soit-il, ce plan de jeu se heurte à une problématique de taille : L'absence d'un véritable canonnier depuis le départ de Laba Kodjo, la saison dernière. La direction sportive de Berkane n'a jamais réussi à remplacer l'international togolais(21 buts en 58matchs). Enmisant sur M. Iajour, la RSB croyait avoir mis la main sur la perle rare et cette efficacité qui lui manquait, mais depuis son arrivée, l'ex-goleador du Raja déçoit plus qu'il ne joue (4 buts en 14 matchs TCC). Voilà donc la RSB qui s'avance revancharde vers cette finale, un moment charnière qui pourrait couronner une histoire débutée en 1938. Mais les fins heureuses ne proposent que très rarement un scénario comme un long fleuve tranquille. Il ne faut pas croire que le Pyramids FC entrera sur le terrain en victime expiatoire. Malgré l'inexpérience du club, fondé il y a un peu plus de 12 ans dans la ville d'Assiout, il a plus d'un atout dans sa manche.

Une finale indécise et palpitante

Troisième de la Premier League égyptienne, le club d'Al Ahram a écarté à Casablanca, sans trop de mal, le Horaya Conakry (2-0), en demi-finale. Il compte dans ses rangs le meilleur buteur et deuxième meilleur passeur du championnat, Abdallah Said (23 buts et six offrandes). Souvent recherché entre les lignes pour son excellent jeu dos au but, ses prises de balle soyeuses et la clairvoyance de ses dernières passes, le meneur de jeu et capitaine égyptien ne fait vraiment pas ses 35 ans. Le onze berkani devra également garder un œil sur la faculté des protégés du technicien argentin Ramón Díaz, à toucher énormément de ballons dans la surface de réparation (629), à la faveur d'un nombre de centres élevé (634) avec une grosse présence dans la surface de réparation du puissant avant-centre ghanéen AntwiJohnDuku. Et si l'on ajoute à tout cela, des attributs techniques qui permettent au collectif égyptien d'avoir le ballon plus souvent que l'opposant (57%), il y a fort à parier que la finale de dimanche sera indécise et palpitante à souhait.

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