Congo-Brazzaville: Reddy se bonifie en "session acoustique"

Un compact-disc de 11 titres, un brin nostalgique du passé plutôt riche de cet artiste-musicien resté longtemps chez Papa Wemba, mais en tout lieu intense dans sa thématique et son tempo.

Reddy Amisi, je veux parler de lui, livre, cette année 2020 à deux petites longueurs de la fin, une compilation qui se digère plutôt bien. Ce n'est pas de la nouveauté qu'il s'agit, car le chansonnier à la voix claire, un peu plaintive, revient sur ses succès d'hier. Du nouveau avec l'ancien ? On peut dire cela sans lui denier cette sorte d'originalité dans la continuité et lui enlever ce qui conforte le choix qu'il a opéré car le chant est impeccable et la rumba entraînante. Du vin on dirait qu'il s'est bonifié.

Au contraire des premiers enregistrements de ces chansons connues des fans de Reddy, le rythme de « session acoustique » est tranquille. On peut même dire que des fois l'artiste est apparu relâché, peut-être relaxe, pour mieux faire entendre les bouts de phrases qu'une orchestration saccadée dédiée au show rend parfois inaudibles. Il chante seul, comme à son habitude, mais il chante distinctement, ne manque pas d'aligner les noms de ses potes, de ses adulés, de ses fréquentations. La preuve, la copie dont je parle m'a été offerte, gracieusement, par l'un d'eux. Il est connu du milieu que le citer n'ajouterait rien de particulier. Pour autant je tiens à l'en remercier.

Zakina, Miss Okito, Orphelin, Bomengo ata kala, et bien d'autres titres résument l'ensemble. Une autre réussite de ce disque : on ne reste pas sur une chanson toute la journée. Le texte de chant le plus long fait 6, 2 mn, tous les autres s'égrènent en 4mn, 5mn et poussière. Parce que le thème de « Assistant social » semble lui tenir à cœur, Reddy lui a consacré le temps rappelé plus haut, 6,2 mn. Dans le contexte africain et aussi celui de chez lui, dans les deux Congo, il sait que la solidarité est indispensable pour la vie en société. Et aussi qu'elle peut être avare de reconnaissance.

Afin de ne pas paraître incomplet dans sa compilation, l'ex-sociétaire de Viva la musica avec le Kuru et chef coutumier du village Molokaï, refermé depuis la disparition de ce dernier il y a de cela quatre ans, le vénère. « Hommage à Papa Wemba », ainsi est intitulé le onzième texte de chant du disque. Il lève la voix et déclame certains vocaux chers à son mentor. C'est un fils qui n'est pas prêt d'oublier le père qui l'a porté à bout de bras un long moment de sa carrière, qui a visité l'Europe, l'Amérique et l'Asie en sa compagnie, qui s'est fait connaître des mélomanes de Kinshasa, de Brazzaville et de la cinquantaine de capitales africaines grâce à cette complicité. L'Afrique, justement, le continent qui ne lui manque pas.

Soufflant à peine ses soixante bougies, Namuisi Mela Remy-Jules dit Reddy Amisi, le patron de la Casa do Canto, a sa voix toujours aussi éclatante.

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