Algérie: Remise des distinctions aux lauréats du prix littéraire Mohamed-Dib

Alger — La remise des distinctions aux lauréats du 7e Prix littéraire Mohamed-Dib, s'est déroulé samedi à Alger, sous le signe de la célébration de l'œuvre de cet illustre écrivain-romancier, dont la cérémonie s'est largement imprégnée de son esprit.

Accueillie par l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), la cérémonie s'est déroulée à la Villa DarAbdeltif, en présence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, de la présidente de l'association "La grande maison", Sabiha Benmensour, et de la directrice de l'Office national des droits d'auteurs et droits voisins (Onda), Nacera Ayaïchia.

La ministre de la Culture et des Arts qui a présidé la cérémonie dans le strict respect des mesures sanitaires de prévention contre la pandémie du coronavirus, a remis aux trois lauréats, Abdelmounaïm Bensayeh, Mourad Zimu et Mustapha Benfodil, leurs distinctions, financées par l'Onda lors des trois dernières éditions, à hauteur, cette année, d'1 million de dinars pour chacun des trois prix.

Prix Mohamed-Dib en langue arabe, paru aux éditions El Mahir, "Li narkos Tarantila thouma namout" de Abdelmounaïm Bensayeh, raconte "la détresse de la jeunesse palestinienne" à travers le personnage de Djawed, non-conformiste tourmenté, finissant par se résoudre à "définir son existence par le sacrifice", explique l'auteur qui s'est dit "très honoré", qualifiant cette distinction qui porte le nom d'un "monument de la littérature", de "rêve inespéré".

Absent à la cérémonie et représenté par un proche, Mourad Zimu, Mourad Hadj Said de son vrai nom, a brillé pour son roman "Kawitu", paru en Tamazight aux éditions Casbah.

Publié aux éditions Barzakh, "Body Writing", prix Mohamed-Dib du roman écrit en langue française, de Mustapha Benfodil, qui se voyait encore " flotter sur un nuage" et s'est dit "ému de cette distinction prestigieuse", est, selon l'auteur, le "journal intime d'un individu et d'une nation", rendu à travers une fusion entre les personnages de Mounia et son mari Karim Fatimi qui a péri dans un accident de la circulation, laissant pour dernière trace, un "cahier journal".

"Le livre est comme un corps, vivant, palpitant, à l'image de celui de Mounia sur lequel écrit le narrateur" avait déclaré l'auteur dans l'une de ses interviews, avant d'ajouter que "l'écriture était comme un puzzle dont les pièces sont éparpillées dans toutes les régions de la vie, du corps et du logos".

Présentée par le directeur central du livre et de la lecture publique, le romancier Ismaïl Yabrir, la cérémonie a été hautement empreinte de l'"esprit dibéen".

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a réitéré son engagement à aider et encourager "la jeune création dans toutes les disciplines artistiques", relevant le caractère "hautement symbolique" de cette cérémonie qui "institue la fidélité" à la littérature dibienne, et renvoie "au passé, au présent et au future de la Culture algérienne".

Elle a rappelé à cette occasion que son département allait mettre à la disposition des écrivains-traducteurs et des scénaristes des "résidences d'écriture" pour "traduire vers l'Arabe les ouvrages de Mohamed Dib qui ne le sont pas encore" et "adapter ses romans au cinéma et au théâtre", ainsi qu'"éditer les œuvres littéraires et poétiques de cet illustre écrivain, dans des formats de poche".

Crée en 2001 en même temps que l'association "La grande maison" de Tlemcen qui en est l'initiatrice avec l'assentiment de l'auteur, de son vivant, le Prix littéraire Mohammed-Dib a pour objectif de motiver la créativité littéraire chez les jeunes dans les trois langues : arabe, amazighe et française.

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