Congo-Brazzaville: Christopher Missilou - « En Angleterre, la dimension physique est primordiale, donc j'ai vite appris à muscler mon jeu »

interview

A la veille de la réception de Charlton, pour le compte de la 8e journée de League One, Christopher Missilou est revenu sur son début de saison. L'ancien Auxerrois évoque également son envie de retrouver les Diables rouges pour y apporter l'impact physique acquis en Angleterre.

Christopher, mercredi soir, tu as été désigné homme du match après ton match plein face à Swindon : 1 but, 1 passe décisive et 1 victoire.

Oui, c'était une belle soirée. On avait besoin d'un résultat face à un concurrent direct pour sortir de la zone rouge. C'est chose faite et j'y ai bien participé, avec un match plein.

Ton but est plein d'opportunisme, puisque tu suis bien l'action, mais c'est surtout l'action de ta passe décisive qui marque les esprits : tu résistes à deux adversaires dans ton terrain, puis tu accélères et lance Danny Rose dans la profondeur.

C'est une belle action. La percussion a toujours été un de mes points forts. J'avais déjà essayé de lancer le jeu en début de match. Là, après le premier duel, je me suis dit qu'il y avait l'ouverture ... On travaille beaucoup les passes et les appels en profondeur. Ça paye.

A tes débuts auxerrois, on te connaissait davantage pour ta projection que pour ton abattage défensif. C'est un secteur de jeu dans lequel tu as évolué depuis ton arrivée en Angleterre ?

J'ai vite compris que pour un milieu défensif, c'était important d'avoir une bonne relance. Et j'ai toujours travaillé ça. Mais c'est vrai qu'ici, la dimension physique est primordiale, donc j'ai vite appris à muscler mon jeu. Si tu n'existes pas dans les duels, tu ne peux pas percer. Il y a beaucoup plus d'impact dans les contacts qu'en France. Je m'éclate ici : j'ai découvert une nouvelle langue, une autre façon de jouer et j'y ai apporté ma touche « frenchy ».

Tu as connu tous les échelons en France, de la Ligue 1 à la National 3 et tu as joué en League One et Two en Angleterre. Quelles différences vois-tu entre les troisièmes divisions anglaise et française (ndlr : il a joué en N1, à Sannois-Saint-Gratien en 2016-2017) ?

Il y a plusieurs classes d'écart, puisque la League One est totalement professionnelle, alors que le National 1 a un statut bâtard. Des salaires aux conditions de déplacement et d'entraînement, tout est différent. Il suffit de regarder les noms des équipes contre lesquelles on joue : Wigan, Charlton, Portsmouth, Sunderland, Hull City...

Justement, parmi tous ces anciens de Premier League, que vise Northampton Twon, promu comme toi de League Two (4e division anglaise) ?

A la base, c'est le maintien. Mais, et c'est ce que j'aime en Angleterre, on ne s'interdit pas de rêver. On veut gagner chaque match et on veut aller le plus haut possible, y compris en Championship. C'est génial ici, tout est possible. Mais attention, ça marche dans les deux sens, comme Bolton, qui est lanterne rouge de League Two après avoir longtemps joué en Premier League.

Est-ce que le fait de jouer sans public, en raison de la pandémie du Covid-19, peut devenir un avantage pour vous ?

Ca peut surtout être un désavantage pour les gros clubs qui comptent habituellement sur leur public pour étouffer l'adversaire. Mais bon, c'est sur le terrain que ça jouera.

Il se dit que plusieurs clubs anglais, dans les divisions inférieures, sont mis en danger financièrement par la crise sanitaire. Pas de souci à ce niveau dans ton club ?

Non, le club est sain : quand tu es promu, tu reçois un gros chèque d'un million de livres et ils ont vendu quelques joueurs en Championship. En revanche, Oldham, mon ancien club, avait de gros problèmes financiers.

Après des débuts précoces à Auxerre, tu as connu une traversée du désert avec des passages en National 1, 2 et 3. Comment l'expliques-tu ?

Tout est allé très vite à mes débuts, tant en club qu'en équipes de France (ndlr: U16, U17 et U18) : j'étais surclassé, titulaire, je gravissais les échelons. Puis, ça a commencé à moins bien tourner à Auxerre, on a été relégué et il y a eu des problèmes financiers. La nouvelle direction a commencé à pousser les anciens vers la sortie, surtout les joueurs estampillés « Guy Roux » comme moi. Est-ce que c'est parce que j'ai refusé de baisser mon salaire ? Je ne sais pas, mais la nouvelle direction m'a cassé du sucre sur le dos et m'a collé une étiquette de bandit dans le dos. J'ai appris plus tard, lors d'un stage UNFP, que l'AJA m'avait cassé auprès de l'En avant Guingamp qui me voulait en fin de saison 2013. Ils ont recommencé avec Brest ensuite, mais heureusement Oscar Ewolo avait défendu mon dossier. J'y suis donc arrivé la saison suivante, mais pour jouer avec la réserve, malgré quelques apparitions en équipe première.

Pourquoi ça n'a pas duré à Brest ?

J'arrivais à la fin de mon chômage, Brest ne me proposait rien de concret financièrement, donc je suis reparti en CFA pour me relancer. D'abord à Montceau, puis à Sannois-Saint-Gratien en National. Le club venait de monter, je n'ai pas beaucoup joué, mais j'avais déjà trouvé un accord avec Oldham pour la saison suivante. J'ai donc préféré finir la saison au Puy, où on comptait sur moi et où j'allais avoir du temps de jeu.

A Oldham, tu sors de deux saisons pleines avec 84 matches joués qui t'ont permis de retrouver le monde professionnel. Et te voilà donc, à 28 ans, en League One. Quelles sont tes ambitions ?

Je veux voir jusqu'où je peux aller, je veux repousser mes limites. Après, si mon maximum, c'est League One, j'y resterais. Mais je veux essayer d'aller plus haut, en Championship, en Premier League ou dans une première division d'un autre pays.

Et la sélection ? tu as connu plusieurs stages à ton époque auxerroise, des matches amicaux, mais jamais de match officiel. Est-ce un manque à combler pour toi ?

Effectivement, j'ai vécu plusieurs rassemblements lors de la collaboration entre la Fédération et l'AJ Auxerre, sans savourer la joie d'une sélection. A l'époque, j'avais du beau monde devant moi à mon poste avec Oscar Ewolo, Prince Oniangué ou Delvin Ndinga. Si on me donnait la chance aujourd'hui, je viendrais avec mon expérience, faite de hauts et de bas, et avec la densité physique acquise en Angleterre. J'aimerais pouvoir apporter quelque chose au pays de mes parents, à mon pays.

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