Afrique: Améliorer le diagnostic pour vaincre la Covid-19 au Sénégal

interview

Dakar, 22 octobre 2020 - L'Institut Pasteur du Sénégal était l'un des deux seuls laboratoires en Afrique à pouvoir réaliser des tests de COVID-19 à l'apparition de la pandémie au début de l'année 2020. Le directeur de l'institution, Dr Amadou Sall, parle des efforts déployés par le Sénégal pour renforcer le diagnostic ainsi que des défis rencontrés.

Quelles mesures ont été prises pour renforcer le diagnostic de la COVID-19 au Sénégal ?

Trois stratégies majeures sous-tendent les efforts visant à renforcer les tests de COVID-19 :

Premièrement, fournir les résultats dans les 24h maximum après l'arrivée du prélèvement au laboratoire. Cette disposition a été possible grâce à une optimisation de toutes les étapes au laboratoire depuis la réception jusqu'au rendu des résultats, à la réalisation des tests 24h/24 et 7j/7 et à l'automatisation de toutes les étapes possibles du processus.

Deuxièmement, la mise en place d'une plateforme digitale qui permet aux personnels de santé de recevoir directement les résultats de la surveillance et aux voyageurs les résultats de leurs tests dès qu'ils sont disponibles. Ceci permet d'agir rapidement et de prendre les actions nécessaires.

Troisièmement, la décentralisation de la riposte au niveau des districts qui leur permet d'effectuer les prélèvements et aussi d'installer des laboratoires dans la majorité des régions pour limiter le temps de transfert [vers des laboratoires éloignés]. Grâce à l'appui de l'OMS, de la BID [Banque Islamique de Développement] et du gouvernement du Sénégal, huit laboratoires décentralisés ont été ouverts dans huit régions du pays.

Quel été l'impact de cette stratégie sur la réponse en général ?

Cela nous a permis, au tout début de l'épidémie, d'identifier rapidement les foyers et de procéder à l'hospitalisation des cas et à l'isolement des contacts. Cela a maîtrisé et arrêté plusieurs chaînes de transmission.

Lorsque la transmission a atteint le niveau communautaire, la stratégie a permis d'identifier rapidement les cas confirmés à partir des patients symptomatiques, et nous avons pu identifier les contacts à haut risque et protéger les personnes vulnérables.

Enfin, ces mesures ont également prévenu l'exportation de cas confirmés vers d'autres pays.

Quelles sont les défis auxquels vous êtes confrontés et comment les relevez-vous ?

Nous sommes confrontés à deux défis majeurs. Premièrement, les kits de tests, de prélèvements et les équipements de protection individuelle qui sont en nombre très réduit en raison de l'augmentation de la demande mondiale. Toute la chaîne d'approvisionnement est touchée. Deuxièmement, les ressources humaines et la logistique qu'il faut mobiliser pour assurer l'efficacité des tests.

Pour relever ces défis, nous avons mis en place un processus de recrutement et une formation continue pour nous assurer que nous avons suffisamment de personnel. En ce qui concerne le matériel, nous mobilisons régulièrement des ressources et travaillons avec les grandes institutions pour obtenir des réactifs, des consommables et des équipements.

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