Cameroun: Un massacre de jeunes enfants dans leur classe choque le pays

Une salle de classe aperçue à travers la fenêtre d'une école située dans la région anglophone du Cameroun

Six élèves ont été tués, cinq filles et un garçon (tous âgés entre 9 et 12 ans) et plusieurs autres blessés dans l'attaque d'une école à Kumba dans la région anglophone du Sud-Ouest samedi matin selon un bilan communiqué dans la soirée par le Premier ministre.

C'était un jour de classe comme un autre, dans ce collège privé situé en plein coeur de la ville de Kumba. Quand soudain, en fin de matinée, des hommes armés non identifiés ont débarqué. Selon des témoignages, ils ont ouvert le feu sur plusieurs élèves dans une rage qui a déclenché un véritable carnage avant de disparaitre aussi mystérieusement qu'ils sont arrivés. Derrière eux, des corps sans vie, des blessés, du sang, des larmes, de l'horreur.

Les premières images de ce massacre n'ont pas tardé à circuler sur les réseaux sociaux, entraînant avec elles un flot d'indignations comme on en n'a rarement observé, depuis bientôt quatre ans que dure ce conflit en zone anglophone. Des hommes politiques de tous bords, des ONG, des artistes, des citoyens ordinaires, avec souvent les mêmes interrogations : qui peut-être aussi fou pour ouvrir le feu sur d'innocents enfants ? Au nom de quelle cause ? Jusqu'où va-t-on pousser aussi l'horreur ? Questions pour la plupart sans réponse.

La ville de Kumba s'est quant à elle drapée du voile du deuil, pendant que le pays tout entier peine à contenir sa douleur et son émotion.

René Sadi, le porte-parole du gouvernement, condamne « avec la dernière énergie les auteurs de cet acte odieux, lâche et abominables, perpétré contre des jeunes innocents ». Il accuse « les rebelles sécessionnistes » d'être à l'origine de l'attaque et annonce l'ouverture d'une enquête. Idem pour le Premier ministre Joseph Dion Ngute, sur Twitter.

Plusieurs voix de la société civile demandent pour leur part une enquête indépendante pour déterrminer s'il s'agit de combattants sécessionnistes ou de miliciens, et l'ouverture d'un dialogue politique pour régler le conflit. C'est le cas de Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du Redhac, le réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale.

Plus de: RFI

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