Madagascar: Région Diana - Alerte sur le relâchement de la population

Le retour à la vie normale et la levée de l'état d'urgence sanitaire déclarés par le Président de la République, ont davantage favorisé l'imprudence de la population locale.

Dans le Nord, rien n'est alarmant pour l'instant, malgré quelques nouveaux cas et un décès, mais les comportements se sont clairement relaxés ces derniers temps, surtout au niveau du port du masque.

Au marché de Bazary, pas plus de 5% des personnes portent symboliquement leurs masques protecteurs. Sur la rue Colbert, il y en a eu qui respectent les consignes et puis d'autres qui s'en affranchissent. Le cabaret a été transformé en club de dance ... .

Au milieu de la journée, de nombreux clients sont aperçus sur la terrasse des restaurants de la ville, mais le port obligatoire de masque semblent oublié et les propriétaires pensent plutôt à leurs recettes qu'à la santé de leurs clients. L'affiche mentionnant l'exigence sanitaire ne figure plus à l'entrée. Les taxi-bajaj et les autobus reviennent à la surcharge habituelle, la majorité des passagers certes portent leur masque, en revanche, le respect d'un mètre de distance n'est pas possible ...

Bref, une grande partie des Antsiranais ont sciemment fait preuve d'imprudence, en ne prenant aucune précaution dans leur vie quotidienne.

Dans la réalité, le Centre Régional de Commandement Opérationnel de la région DIANA a observé un relâchement au sein de la population. Certains Antsiranais doutent encore de la dangerosité du coronavirus.

Alerte au « gala-morengy »

La population a appliqué le J'embrasse pas afin d'anéantir la possibilité de la contagion, d'autres en revanche ont clairement abandonné toutes les mesures barrières telles que le fait d'éternuer dans son coude ou les gestes de distanciation sociale comme le renoncement aux embrassades et le mètre d'éloignement. Pensant sans doute qu'il s'agit là d'une affaire ancienne et d'une menace révolue.

Lors d'une réunion des membres du CRCO DIANA, le Gouverneur Daodo Arona Marisiky a également indiqué avoir observé un relâchement de la population et également une tentative de laisser-aller à l'égard de la prévention du coronavirus au niveau de l'administration, par le biais de quelques responsables qui ont autorisé l'organisation du « galamorengy ». « J'ai constaté des affiches et des banderoles partout où j'étais, surtout tout au long de la route nationale, annonçant la tenue d'un galamorengy. Comment se fait-il que des organisateurs ont eu l'autorisation. Levée de l'état d'urgence sanitaire ne signifie pas fin de la pandémie» a-t-il sévèrement indiqué.

Certes, il s'agit d'une lutte traditionnelle malgache pratiquée essentiellement dans le Nord, mais elle est actuellement devenue un business. Partout, même en banlieue, le « Morengy » draine toujours une foule immense que ce soit dans un gymnase couvert ou dans un stade, voire sur un terrain battu clôturé.

A l'aide des prestations des artistes locaux ou des stars nationales, cette manifestation sportive qui met deux jeunes gens face à face, est souvent l'occasion de réunir une grande partie de la population qui clame son enthousiasme et soutient ses préférés. Bref, elle attire toujours plusieurs personnes et il s'avère difficile de gérer la foule en limitant le nombre à seulement deux cents personnes.

Face à cette liberté retrouvée, le CRCO a décidé de renforcer la sensibilisation et le contrôle pour que la population se réapproprie les gestes barrières au quotidien. L'application de la loi en vigueur n'est pas du reste comme la fermeture des bars à 22h00.

« La vigilance doit encore et toujours, être de mise et on ne veut pas revenir en arrière. Les consignes sanitaires demeurent essentiels » insiste le président du CRCO.

Plus de: L'Express de Madagascar

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