Cameroun: Trésor - Pourquoi un compte unique

Rôle, enjeux et nouvelle architecture de cet outil présentés aux gestionnaires de fonds publics le 23 octobre par le ministre des Finances à Douala.

Selon les officiels du ministère des Finances, les dépôts des administrations publiques dans les banques commerciales se chiffraient à plus de 900 milliards de F au 31 août dernier. Entre-temps, le Trésor est obligé d'aller sur les marchés financiers contracter de lourds emprunts. Une situation qui aurait pu être évitée si les ressources financières des administrations publiques étaient logées dans un compte unique. Par ailleurs, cet éparpillement des comptes et des ressources crée une opacité qui empêche le Minfi et le Trésor en particulier, de disposer d'une vue d'ensemble et d'un contrôle centralisé des avoirs liquides de l'Etat. D'où la nécessité de repenser et de remodeler le Compte unique du Trésor (CUT) mis en place depuis 2007 et qui présente certaines défaillances.

Le rôle, les enjeux ainsi que la nouvelle architecture du CUT étaient ainsi au centre de l'atelier organisé vendredi à Douala par le Minfi. « Le CUT doit permettre d'avoir une vue d'ensemble de tous les avoirs liquides de l'Etat et des entités publiques en temps réel, afin d'éviter que ceux-ci restent durablement inutilisés dans de nombreux comptes qui seraient ouverts et entraineraient un endettement inopportun par les services gestionnaires de la trésorerie des entités publiques », a souligné le ministre Louis Paul Motaze.

Le CUT présente de nombreux avantages. Il permet notamment à l'Etat d'améliorer le contrôle des dotations budgétaires ainsi que le contrôle opérationnel de l'exécution du budget. Il permet également de réduire les commissions bancaires et les coûts de transactions par la diminution du nombre de comptes bancaires. Avec le CUT, l'Etat dispose de plus d'efficacité dans les mécanismes de paiement. En clair, il va contribuer à l'implémentation efficace de la décentralisation, un des points ayant suscité des débats au cours de cet atelier. « Il s'agit pour les maires d'avoir l'assurance qu'ils peuvent faire usage des ressources générées ainsi que celles mises à leur disposition par l'Etat lorsqu'ils en auront besoin. Si les maires sont rassurés, ils porteront la réforme », a affirmé le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam.

Une crainte qui a trouvé des réponses satisfaisantes au cours des échanges et des explications données par le Minfi. Louis Paul Motaze a souligné que la réforme en cours interpelle les pouvoirs publics à plus d'un titre car la réussite de sa mise en place nécessite certains prérequis. Dont la sincérité des prévisions qui devrait permettre d'éviter de voter des budgets marqués par la sous-estimation des charges et la surestimation des ressources, la discipline dans l'exécution du budget, la dématérialisation des procédures au niveau du Trésor, entre autres.

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