Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du point presse sur la Covid-19 - 23 octobre 2020

Nous sommes à un moment charnière de cette pandémie, en particulier dans l'hémisphère nord. Les prochains mois vont être très difficiles et certains pays sont sur une voie dangereuse. Nous exhortons les dirigeants à prendre des mesures immédiates afin d'éviter d'autres décès inutiles, l'effondrement des services de santé essentiels ou une nouvelle fermeture des écoles.

L'oxygène est l'un des traitements les plus essentiels pour sauver les malades de la COVID-19 et de nombreuses autres affections. L'OMS est résolue à agir de façon solidaire avec tous les gouvernements, les partenaires et le secteur privé pour mettre à l'échelle et pérenniser l'approvisionnement en oxygène.

Nous célébrons demain la journée mondiale de lutte contre la poliomyélite et les partenaires du monde entier - notamment sous l'impulsion du Rotary International - organisent des événements et sensibilisent à la nécessité d'éradiquer cette maladie.

L'éradication de la variole est un fait d'autant plus marquant qu'elle est intervenue en pleine Guerre froide. À l'époque, la santé est passée avant la politique et ce devrait toujours être le cas aujourd'hui. C'est avec profonde tristesse que nous avons perdu l'un des géants de l'éradication de la variole en la personne du Dr Mike Lane, qui est décédé cette semaine. Nous continuerons d'honorer son héritage.

L'OMS est fière d'annoncer le deuxième Festival du film Santé pour tous, visant à célébrer l'art de raconter des histoires en images à propos de la santé publique.

Bonjour, bon après-midi ou bonsoir,

Nous sommes à un moment charnière de cette pandémie, en particulier dans l'hémisphère nord.

Les prochains mois vont être très difficiles et certains pays sont sur une voie dangereuse.

Trop de pays enregistrent une augmentation exponentielle du nombre de cas, de sorte que les hôpitaux et les services de soins intensifs sont désormais à la limite de leurs capacités ou les ont dépassées, et nous ne sommes encore qu'en octobre.

Nous exhortons les dirigeants à prendre des mesures immédiates afin d'éviter d'autres décès inutiles, l'effondrement des services de santé essentiels ou une nouvelle fermeture des écoles.

Je l'ai dit en février et je le répète aujourd'hui : ce n'est pas un exercice.

Nous demandons aux gouvernements d'appliquer dès aujourd'hui cinq mesures fondamentales.

Premièrement, évaluez la situation actuelle de l'épidémie dans votre pays en fonction des données les plus récentes dont vous disposez.

Menez une analyse honnête et réfléchissez à ce qui est bien, à ce qui est mauvais et à ce qu'il faut absolument éviter.

J'ai un message spécifique pour les pays qui sont parvenus à maîtriser la transmission de la COVID-19 : c'est maintenant qu'il faut redoubler d'efforts pour maintenir la transmission à un niveau bas, être vigilants, être prêts à identifier les cas et les foyers épidémiques et à prendre des mesures rapides.

Ne laissez pas le virus s'installer à nouveau.

Deuxièmement, pour les pays qui connaissent une augmentation du nombre de cas et d'hospitalisations, ainsi que des taux d'occupation des soins intensifs, faites les ajustements nécessaires et corrigez le cap le plus rapidement possible.

Apporter des changements lorsqu'ils sont nécessaires est un signe de leadership et une force.

Troisièmement, il est important de faire preuve de clarté et d'honnêteté à l'égard du grand public quant à la situation de la pandémie dans votre pays et à propos de ce que l'on attend de chaque citoyen pour traverser ensemble cette pandémie.

Quatrièmement, mettez en place des systèmes pour que les citoyens puissent plus facilement respecter les mesures recommandées.

Ainsi, s'il est demandé aux gens de s'isoler ou de se mettre en quarantaine, ou si les entreprises doivent fermer temporairement, cela signifie que les gouvernements doivent faire tout ce qu'ils peuvent pour venir en aide aux individus, aux familles et aux entreprises.

Cinquièmement, pour beaucoup, les quelques prochains mois seront difficiles.

On entend des histoires incroyables d'espoir et de résilience de personnes et d'entreprises qui font preuve d'imagination face à l'épidémie. Nous devons les partager au plus grand nombre.

Les gouvernements doivent prendre les mesures de base pour s'adresser aux personnes infectées par le virus et à leurs contacts et leur donner des instructions précises sur ce qu'il faut faire ensuite.

Si les pouvoirs publics sont en mesure d'améliorer leurs systèmes de suivi des contacts et de se concentrer sur l'isolement de tous les cas et la mise en quarantaine des contacts, il sera alors possible d'éviter les confinements généralisés obligatoires.

À maintes reprises, des exemples nous sont venus du monde entier pour montrer qu'il n'est jamais trop tard pour que les dirigeants agissent et fassent fléchir l'épidémie.

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Pour afficher un front uni face au virus, il est primordial de partager les ressources équitablement.

L'oxygène est l'un des traitements les plus essentiels pour sauver les malades de la COVID-19 et de bien d'autres affections.

De nombreux pays n'ont tout simplement pas assez d'oxygène disponible pour aider les malades qui peinent à respirer.

Laissez-moi vous parler de ce que l'OMS et ses partenaires font pour combler le déficit mondial en oxygène.

Selon les estimations, certains des pays les plus pauvres pourraient n'avoir qu'à peine 5 à 20 pour cent de l'oxygène dont ils ont besoin pour les soins aux patients.

Du fait de la pandémie, la demande en oxygène a augmenté de façon exponentielle.

En juin, alors que l'on comptait environ 140 000 nouveaux cas de COVID-19 par jour, les besoins mondiaux en oxygène étaient estimés à près de 88 000 grosses bouteilles par jour dans le monde.

Alors que le nombre de cas quotidiens dans le monde dépasse les 400 000, les besoins en oxygène sont passés à 1,2 million de bouteilles par jour, rien que pour les pays revenu faible et intermédiaire, soit 13 fois plus.

Au début de la pandémie, l'OMS avait pour objectif d'accroître l'offre d'oxygène dans les pays les plus vulnérables en achetant et en distribuant des concentrateurs d'oxygène.

Cela a permis d'acheminer plus de 30 000 concentrateurs et 40 000 oxymètres de pouls et moniteurs de surveillance des patients vers 121 pays, dont 37 considérés comme fragiles.

Pour ce faire, il faut notamment installer des dispositifs d'adsorption modulée en pression susceptibles de couvrir l'approvisionnement nécessaire pour un grand hôpital et des établissements de santé de district dans une région.

La Somalie, le Tchad et le Soudan du Sud ont dû compter exclusivement sur des bouteilles d'oxygène provenant de fournisseurs privés, qui doivent souvent être acheminées sur de longues distances et dont le prix est élevé.

L'OMS collabore avec les ministères de la santé de ces trois pays pour concevoir des usines de production d'oxygène adaptées à leurs besoins locaux, ce qui aboutira à un approvisionnement durable et autosuffisant en oxygène.

L'OMS est résolue à agir de façon solidaire avec tous les gouvernements, les partenaires et le secteur privé pour mettre à l'échelle et pérenniser l'approvisionnement en oxygène.

Ce projet consacré à l'oxygène démontre l'engagement de l'OMS en faveur de solutions de bout en bout et sa volonté d'innover pour faire ce que nous faisons mieux, à moindre coût et en atteignant plus de gens.

Par exemple, nous travaillons avec des partenaires pour tirer parti de l'énergie solaire afin de faire fonctionner les concentrateurs d'oxygène dans les endroits isolés où l'approvisionnement en électricité n'est pas fiable, ainsi que pour réduire les coûts.

L'un des principaux obstacles en ce qui concerne l'oxygène médical est le coût élevé du transport des bouteilles vers les établissements de santé.

Au Kenya, une société privée a implanté des usines de production d'oxygène près de regroupements d'établissements de santé et s'appuie sur un système de livraison de lait pour fournir de l'oxygène à plus de 140 dispensaires.

Il est essentiel d'encourager le monde des affaires à changer d'approche et de modèle pour assurer une offre pérenne en oxygène dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Du reste, pour que cela fonctionne, le personnel de santé doit être prêt.

Cela ne concerne pas seulement les médecins et le personnel infirmier ayant l'expérience de la prise en charge des patients gravement malades, mais aussi les ingénieurs biomédicaux, les thérapeutes respiratoires et le personnel d'entretien.

L'oxygène sauve la vie de malades de la COVID-19, mais il permettra également de sauver certains des 800 000 enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque année d'une pneumonie et d'améliorer la sécurité globale des actes chirurgicaux.

Un monde meilleur signifie qu'il faut veiller à ce que chacun puisse disposer d'oxygène, là où les besoins se font sentir, au moment où ils se font sentir.

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Nous célébrons demain la journée mondiale de lutte contre la poliomyélite et les partenaires du monde entier - notamment sous l'impulsion du Rotary International - organisent des événements et sensibilisent à la nécessité d'éradiquer cette maladie.

Cet été, la communauté internationale a collectivement salué le succès historique de l'Afrique qui est parvenue à se débarrasser du poliovirus sauvage.

Grâce à des centaines de milliers d'agents de santé qui ont apporté à des millions d'enfants sur tout le continent des vaccins efficaces et sans danger, le monde a célébré l'une des plus grandes réalisations en matière de santé publique de tous les temps.

Cependant, tant que la poliomyélite subsistera quelque part, le monde restera exposé au risque d'une résurgence.

Après la suspension de la vaccination systématique contre la poliomyélite en raison de la pandémie, les campagnes de vaccination ont repris.

Nous saluons les pouvoirs publics et nous les encourageons à réaliser des campagnes de rattrapage afin qu'aucun enfant ne soit laissé pour compte et pour que nous puissions bientôt renvoyer la poliomyélite aux livres d'histoire, aux côtés de la variole.

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L'éradication de la variole est un fait d'autant plus marquant qu'elle est intervenue en pleine Guerre froide.

À l'époque, la santé est passée avant la politique et ce devrait toujours être le cas aujourd'hui. C'est avec profonde tristesse que nous avons perdu l'un des géants de l'éradication de la variole en la personne du Dr Mike Lane, qui est décédé cette semaine.

Le Dr Mike Lane a passé 13 années à traquer les derniers soubresauts de la variole, à trouver les cas et à vacciner les communautés dans certaines des régions les plus reculées de la Terre, où la maladie était encore endémique.

Aux CDC, le Dr Lane a été le dernier directeur du Programme d'éradication de la variole et il a reçu de nombreux prix, dont la Médaille du Service de santé publique des États-Unis.

Pendant de nombreuses années, le Dr Lane a été conseiller de l'OMS sur la variole.

Je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances aux amis et à la famille du Dr Lane. Nous continuerons d'honorer son héritage.

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Enfin, on raconte des histoires depuis que la civilisation existe.

Elles nous aident à comprendre nos problèmes et peuvent inspirer des actions susceptibles de changer des vies.

L'OMS est fière d'annoncer le deuxième Festival du film Santé pour tous, visant à célébrer l'art de raconter des histoires en images à propos de la santé publique.

Les candidatures seront ouvertes dès demain et jusqu'au 30 janvier 2021.

Nous sommes impatients de recevoir des courts métrages originaux du monde entier.

Vous trouverez plus de précisions sur notre site web.

Je vous remercie.

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