Congo-Brazzaville: Musique - « Le public ivoirien m'a bien accepté et adopté », a déclaré Rossen Yaourt

interview

Ancien sociétaire d'Extra musica, Universal zangul et Génération universal, l'artiste musicien congolais Rossen Yaourt Superman, de son vrai nom Rossaine Kimence Massengo, séjourne depuis le 23 septembre 2018 à Abidjan en Côte-d'Ivoire. Que fait-il dans ce pays ? A-t-il abandonné la musique ou continue-t-il de l'exercer ? Pour en savoir plus, Les Dépêches de Brazzaville l'a interviewé .

Aviez-vous abandonné la musique ou continuez-vous de l'exercer ?

Je suis toujours musicien et chanteur. C'est d'ailleurs grâce à la musique que j'ai été invité en Côte-d'Ivoire et j'y réside. Tout se passe bien jusque-là en dépit du temps que prend mon album pour être sur le marché . Ce retard se justifie par certains partenaires qui sont nonchalants dans la faisabilité par rapport à la difficulté qu'impose le marché de production des ventes en ligne qui n'est pas bien adapté dans nos pays d'Afrique francophone. On avance tout doucement vers de nouvelles donne. J'essaie de m'entourer des gens qui s'y connaissent et qui ont la maîtrise des nouvelles technologies.

Comment vous vous êtes rendu en Côte-d'Ivoire ? . Est-ce par contrat ou par aventure ?

Je tiens à signaler que j'ai été plus d'une fois en Côte-d'Ivoire dans les années 2002 avec Extra musica. Je connais le pays qui est en réalité la plaque tournante de la musique africaine francophone et qui a beaucoup d'admiration pour la musique congolaise. En juillet 2014, j'avais reçu une invitation du grand journaliste et animateur culturel Yves Zogbo junior pour participer à l'émission « Afrique Étoile », et c'est de là que sont venus tous les contacts qui m'ont permis de revenir par trois fois jusqu'à y rester depuis un bon moment. Après « Afrique Étoile », je suis rentré au Congo, puis quelque temps après, j'ai été recontacté d'y revenir par deux fois de suite pour des show cases, pour la promotion de mon album « Pyramide » qui est présentement sur le marché du disque.

Aviez-vous créé un groupe musical où évoluez-vous en solo, et quels sont vos partenaires ?

J'évolue en solo avec un groupe d'accompagnement qui me permet de jouer dans des cérémonies. En 2018, j'ai signé avec la maison de productions Showbizprod Muziki pour un nouvel album solo qui est en cours de finalisation. Actuellement, je suis en partenariat avec une nouvelle maison de production City of god prod, pour le simple fait que la maison Muziki (showbiz) a arrêté ses productions phonographiques à cause de la piraterie. Cet arrêt de production m'a causé un retard dans la mise sur le marché de mon album.

Comment les mélomanes ivoiriens vous ont-ils accueilli ?

En Côte-d'Ivoire, je me sens comme chez moi, peut-être même mieux. Les mélomanes ivoiriens ont une manière agréable de considérer les artistes. Ils sont très ouverts, chaleureux et adorent la musique. Le public ivoirien m'a bien accepté et adopté. Ce public s'est organisé aussi à prendre des mesures de façon à soutenir, à mettre plus d'accent sur leur musique et leurs artistes... Ce qui est absolument normal, car depuis des lustres ce public a toujours fait la part belle aux artistes venus d'ailleurs surtout à la musique congolaise. Mais depuis quelque temps, le public ivoirien a permis à leurs artistes d'avoir plus d'autonomie, de visibilité et d'espace.

Un mot à l'endroit des mélomanes congolais ?

Je remercie le public congolais et lui demande de garder son mal en patience. La charité bien ordonnée commençant par soi-même, dit-on, j'invite les mélomanes congolais à consommer la musique locale. Donnons de la lumière à notre pays et de cette manière les autres vont nous respecter . Car, un peuple qui ne vend pas sa propre culture, ne consomme pas sa musique, ses produits, est un peuple esclave.

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