Madagascar: Gestes barrières - La routine s'installe dans la capitale

Plusieurs personnes ont dû faire des travaux d'intérêt général (TIG), selon le rapport de la Police nationale. La raison étant le non-respect des gestes barrières.

La distanciation sociale et le port du masque ne semblent plus d'actualité. A voir dans les lieux les plus fréquentés de la capitale, comme Andravoahangy ou encore Analakely, les mêlées sont de retour. « La vie continue, on ne peut pas se détacher de la réalité et on doit trouver de l'argent pour nourrir la famille. Il est impossible de faire respecter la distanciation sociale puisqu'il n'y a pas assez de place alors que les personnes circulent beaucoup devant les étalages », indique un gargotier du côté d'Andravoahangy.

Même chose dans les transports en commun, le nombre de personnes exigé par banquette est oublié lors des heures de pointe. « Beaucoup de personnes attendent au niveau des arrêts, on essaie de prendre plus de clients que d'habitude pour combler le versement », livre un chauffeur de la ligne suburbaine. L'utilisation du gel désinfectant n'est plus au menu.

« Nous devons acheter nous mêmes les gels désinfectants. On en a un peu dans le véhicule, mais le client ne l'exige plus dans la plupart des cas », explique un aide-chauffeur du bus 194. Le port de masque n'est pas non plus respecté au niveau des fokontany et ce à l'abri du regard des forces de l'ordre.

« Selon nos constatations, les commerçants ne portent pas de masques, d'autres en portent mais pas correctement. Avec le problème d'accès à l'eau dans le quartier, les gargotiers et les commerçants n'arrivent plus à suivre le lavage fréquent des mains », explique un responsable du fokontany Andraisoro.

Négligence

Au niveau local, les responsables des fokontany peinent à sensibiliser la population à faire respecter les mesures sanitaires requises. « Il nous est difficile d'imposer ou de contrôler le respect des gestes barrières au niveau local. Nos moyens de mise en œuvre restent limités. Seules les forces de l'ordre ont cette autorité », enchaîne-t-il. La maladie est encore présente et la menace d'une deuxième vague n'es t pas encore écartée.

Le relâchement des gestes risque d'entraîner à nouveau l'augmentation des cas. « La distanciation sociale d'un mètre est toujours nécessaire. La population en milieu urbain ne doit pas négliger ce détail, puisque l'interaction humaine est beaucoup plus importante surtout dans les lieux publics, comme les grands marchés. Le risque de contracter la maladie est plus grand », évoque un médecin.

Au dernier bilan, le Centre de commandement opérationnel a rapporté que cent trente-et-un nouveaux cas ont été testées positifs sur deux mille six-cent tests effectués. La stabilisation de la situation du coronavirus ne signifie pas que le pays est tiré d'affaire. « Les mesures sanitaires sont toujours en vigueur, l'épidémie n'est pas encore stoppée », souligne la professeure Hanta Marie Danielle Vololotiana, lors de son intervention, samedi dernier.

Plus de: L'Express de Madagascar

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