Cameroun: Dividende démographique - Une autre approche de la croissance

Une session d'information a eu lieu en fin de semaine dernière à Ebolowa en vue d'expliquer les enjeux de ce concept.

La notion d'interaction entre l'âge de la population et son impact sur la croissance économique refait surface. Des études montrent qu'une diminution de la population à forte dépendance économique (les moins de15 ans) et un accroissement de la population en âge de travailler (15-59 ans) impactent favorablement le développement. Ce phénomène induit une réduction des investissements sociaux nécessaires pour répondre aux besoins de la tranche à charge au profit de la création des opportunités favorables à l'envol économique. Le gouvernement veut expérimenter cette théorie appelée : dividende démographique (DD). Le DD, de manière prosaïque, est le gain de croissance économique susceptible d'émerger lorsqu'un pays est constitué des populations en âge de travailler.

Au cours une session d'explication du concept en fin de semaine dernière à Ebolowa, il a été souligné que son importance est déjà reconnue par les dirigeants africains au plus haut niveau afin de prioriser les investissements pour s'attaquer aux causes profondes des défis des pays dont les migrations forcées, la radicalisation de certains jeunes et l'extrémisme violent ne sont pas les moindres. La théorie renseigne qu'en augmentant la proportion des personnes en âge de produire les richesses par rapport à celles à charge, on propulse le développement.

Ceci passe par le changement des comportements et la maîtrise de la fécondité, a rappelé Pauline Ngo Nsoa, démographe à la Division des analyses démographiques et des migrations au ministère de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (Minepat). Dans le contexte subsaharien, il a été bien expliqué que « maîtriser la fécondité » pour des besoins économiques, c'est par exemple éviter à l'Etat de consacrer beaucoup de moyens à sauver la vie des jeunes filles exposées aux interruptions volontaires de grossesses. C'est aussi épargner les familles d'une procréation trop nombreuse inadaptée à leurs faibles revenus. Dans ces cas de figure, les enfants se livrent à la délinquance et à l'enrôlement dans des activités ignobles. Toutes choses qui coûtent cher à l'Etat. Finalement, « maîtriser la fécondité » dans le contexte du DD, c'est adopter des comportements sexuels favorables à une maternité responsable pour éviter des « bombes à retardement ». Il ne s'agit donc guère, a-t-on insisté, d'une politique drastique de diminution de la natalité.

Soulaymanou Youssoufa, chargé des programmes au Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a montré que son institution propose aux Etats, la projection dans le futur avec la promotion des outils de planification. Cette projection suppose l'adoption d'une politique de transition démographique conséquente afin de tirer pleinement profit du développement. L'adhésion de tous les acteurs à cette politique est souhaitée.

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.