Cameroun: Mekit, Africa'Lif, Mida, etc. - Les mésaventures à répétition

Au Cameroun, plusieurs sociétés ont souvent proposé des placements financiers douteux, avant d'être démantelées par les autorités.

Créée en 2019, Mekit Invest, indexée par la Cosumaf et interdite d'activités, dit être spécialiste du trading et de la crypto-monnaie. Laquelle est émise de pair à pair, sans nécessité de banque centrale, utilisable au moyen d'un réseau informatique décentralisé. 1900 clients seraient engagés auprès de cette entreprise pour plus de 1,5 milliard de F. Même si les responsables ont entrepris de rembourser les fonds perçus, plusieurs souscripteurs, à l'instar d'Eric, baignent encore dans l'incertitude. « J'ai souscrit le 26 septembre à deux packs de 90 000 F chacun, pour un total de 180 000 F. Je devais donc recevoir 30 000 F par semaine. Mais jusqu'à présent, je n'ai pas encore perçu mes intérêts. Je n'ai pas non plus reçu de SMS, contrairement à d'autres clients. Je suis quitté de Sangmélima où je réside pour venir m'enquérir de la situation ».

Près de 1000 autres personnes sont embarquées dans une galère similaire du côté de Douala. Celles-ci ont investi de fortes sommes chez Africa'Lif, une structure apparue en 2018. Alors qu'elle faisait du marketing de réseau et du e-commerce au départ, elle va lancer, fin 2019, une nouvelle offre appelée « Swap ». Ce service propose aux clients un mécanisme leur permettant de générer de la valeur à partir d'un capital investi sur la base de l'achat et de la vente de crypto-monnaie et de placements boursiers. Après avoir encaissé suffisamment de liquide, Africa'Lif a discrètement mis la clé sous le paillasson depuis juillet 2020, période qui a coïncidé avec l'arrêt des paiements. L'une des gérantes est actuellement en détention provisoire à la prison centrale de Douala, pendant que d'autres responsables, activement recherchés par les forces de l'ordre, sont en fuite. 35 souscripteurs ont déposé une plainte pour « abus de confiance » et « escroquerie ».

Bien avant ces cas récents, il y a eu la Mission d'intégration du développement pour l'Afrique (Mida). Cette association disait offrir une formation sur les « crises civiles et militaires » à des jeunes après une contribution de 12 000 F. A la fin de la formation, chaque participant s'en tirait avec 70 000 F. Dans le même temps, l'on pouvait inscrire un nombre illimité de nouveaux membres, contre rétribution à travers le versement d'une commission. Les sommes brassées se chiffraient en milliards de F. Les retours sur investissement étaient payés par les fonds fournis par de nouveaux clients. Une arnaque à laquelle les autorités mettront fin en 2018 à travers la suspension des activités de la Mida. 12684 souscripteurs seront remboursés à hauteur de 31% de leur investissement. Soit un montant total de 4,8 milliards Fcfa. Les responsables de cette organisation sont actuellement entre les mains de la justice.

Plus loin dans le passé, il y a eu le Programme international d'encadrement et d'appui au secteur de développement. Lancé en avril 2010, il avait pour but de financer les microprojets dont les besoins en fonds variaient entre 100 000 F et 30 000 000 F. Le taux d'intérêt s'élevait à 1,2%. L'argent déposé par les nouveaux clients devait servir à financer les projets des anciens. Les ennuis débutent lorsque plusieurs adhérents commencent à recevoir des chèques sans provision. Environ 2 milliards de F se sont envolés. Quatre gestionnaires seront par la suite mis aux arrêts. L'on peut également évoquer Leadership Academy. Soupçonnée d'être une société écran, cette entité a quitté le Cameroun en octobre 2000, à la demande des autorités camerounaises. Celle-ci proposait à ses souscripteurs des placements financiers à hauts rendements à l'étranger.

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