Sénégal: Recrudescence et drame de l'émigration clandestine - L'état dégage toute responsabilité

27 Octobre 2020

Que ceux qui accusent l'Etat dont ils engagent la responsabilité, à travers le manque d'emplois, dans la recrudescence de l'émigration clandestine vers l'Espagne via la mer avec son cortège de pertes en vies humaines, se le tiennent pour dit.

Le gouvernement, via les départements en charge des questions d'Emploi et de Jeunesse, botte ne touche cette «culpabilité».

Alors que pour le ministre de l'Emploi, de la Formation professionnelle et de l'Artisanat, Dame Diop, la cause de l'émigration clandestine n'est pas le manque d'emploi, son collègue ministre de la Jeunesse, Néné Fatouma Tall, reste convaincue que l'Etat a mis en place des mécanismes qui permettent aux jeunes «rester et réussir» au Sénégal.

DAME DIOP, MINISTRE DE L'EMPLOI, DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DE L'ARTISANAT «Le Sénégal n'a pas un problème d'emplois... mais un problème d'employabilité»

Si les jeunes continuent par milliers de braver les flots de l'Atlantique, à leurs risques et périls, ce n'est pas à cause d'un manque d'emplois au Sénégal, comme le soutiennent les acteurs, analystes et spécialistes des phénomènes migratoires et autres.

Le gouvernement en est convaincu. Mieux, pour le ministre de l'Emploi, de la Formation professionnelle et de l'Artisanat, Dame Diop, la cause de l'émigration clandestine n'est pas le manque d'emploi, mais il est plutôt lié à un problème d'employabilité.

«L'immigration est aussi vieille que le temps. Les gens sont animés d'un désir de partir et de revenir. Mais c'est très hâtif et c'est un raccourci de vouloir dire que c'est parce qu'ils n'ont pas d'emplois qu'ils partent. Les causes sont multiples. Ce qui est important, c'est ce que nous avons fait pour donner à ces jeunes un mieux-être.

Nous avons fait beaucoup de choses dans la qualification des jeunes. Le Sénégal n'a pas un problème d'emploi, je le confirme. Nous avons un problème d'employabilité.

Pour régler le problème d'employabilité, nous avons formé énormément de jeunes. Nous avons un dispositif d'accompagnement financier et non financier. C'est ça qui doit permettre aux jeunes de rester dans leur pays et d'entreprendre.

Nous avons tous un rôle à jouer», a déclaré Dame Diop. Le ministre qui présidait un atelier sur le document de la Stratégie nationale de développement de l'artisanat, Selon Sud FM, est d'avis, toutefois, qu'il est tout à fait risqué que les jeunes bravent l'océan au détriment de leur vie pour un Eldorado qui n'est que de nom.

«C'est des choses à ne pas faire. Il est possible de rester ici, parce que l'Etat a mis en place le cadre approprié, de gagner sa vie honnêtement.

Comme on dit "Tekki fi", qui n'est pas seulement être dans un bureau. Il faut un travail de conscientisation. Vous pouvez être mécanicien, boucher, maçon, couturier, c'est des mé tiers pour lesquels nous avons des offres de formations».

Et d'insister : «je réfute la thèse de penser que les jeunes partent parce qu'il y a un problème d'emplois au Sénégal. C'est vrai que c'est une des raisons, mais ce n'est pas la seule raison. Les jeunes, aujourd'hui, partent parce qu'ils pensent que de l'autre côté, c'est l'Eldorado.

Mais ils partent aussi parce qu'ils ont une certaine pression au niveau de la société. C'est la raison pour laquelle, je dis que c'est un raccourci de dire qu'ils partent parce que c'est un problème d'emplois», a confié le ministre Dame Diop.

NENE FATOUMATA TALL,MINISTRE DE LA JEUNESSE : «Il y a des mécanismes qui incitent les jeunes à rester et réussir au Sénégal»

Néné Fatouma Tall, ministre de la Jeunesse, interpellée par la RFM sur le drame de l'émigration clandestine, avec la mort vendredi dernier de plus de 20 jeunes candidats, tous originaires de Saint-Louis, dans l'incendie suivi de l'explosion du moteur de leur pirogue, a défendu que le gouvernement a mis en place des mécanismes pour permettre à ces jeunes d'avoir une qualification ou un métier.

Donnant l'exemple de la Délégation générale à l'Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER), Néné Fatouma Tall est convaincue qu'avec ce genre de d'outil, à l'initiative de l'Etat du Sénégal, les jeunes peuvent «rester et réussir» dans leur pays.

«Avec tous les mécanismes mis sur pied par l'Etat du Sénégal, les jeunes doivent être davantage informés qu'il y a des mécanismes qui les incitent à rester sur place et réussir au Sénégal.

La DER, par exemple, a beaucoup financé du côté des jeunes», a-t-elle relevé, dégageant toute responsabilité de l'Etat du Sénégal dans la recrudescence des départs.

En attendant, le bilan de l'explosion de la pirogue de migrants au large de Mbour pourrait s'alourdir. Pour le moment l'on parle d'au moins 20 morts, tous originaire de Pikine (Saint-Louis) et 51 rescapés secourus par Frontex et la Marine nationale.

Des piroguiers pêchant au alentour ont aussi eu à sauver des personnes à bord de cette embarcation. L'enquête de Police ouverte permettra d'y voir plus clair.

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