Afrique: Manifeste de Brazzaville - L'Afrique appelle à la solidarité internationale

A l'ouverture des travaux liés à la commémoration, le 27 octobre de l'Année de Gaulle et du 80e anniversaire du Manifeste de Brazzaville, les chefs d'Etat et de gouvernement africain ont pris tour à tour la parole pour dénoncer l'injustice, le terrorisme et d'autres maux qui minent les sociétés africaines, tout en plaidant pour la solidarité internationale.

Après avoir rendu hommage aux Africains et salué la mémoire du général de Gaulle qui a su poser à Brazzaville, en 1944, les premiers pas de la décolonisation, le président tchadien, Idriss Déby Itno a déploré le fait que « l'histoire africaine de la France libre soit toujours occultée et mise sous le boisseau de la résistance intérieure ». Il a exigé la reconnaissance de l'Afrique à l'effort de guerre.

Pour lui, il est inconcevable que l'image des soldats africains soit effacée de la mémoire collective, et qu'aucune stèle mémorial ne soit érigée en France pour « immortaliser cet acte exemplaire de solidarité humaine marquée par tant de sacrifice immense et indicible souffrance ».

A la prochaine rencontre liée à la célébration de cette histoire commune, Idriss Déby Itno a estimé que l'appel de l'Afrique « aura sa matérialisation concrète ». Parlant de la sécurité et de la stabilité, il a insisté sur le terrorisme qui ne cesse de prendre de l'ampleur dans certains pays francophones et au Sahel. Par ailleurs, le président tchadien a réitéré son engagement à « toujours s'investir » pour vaincre le terrorisme. Il a appelé à faire mieux, dans le cadre du développement solidaire, en mettant l'accent sur « la multiplication des investissements productifs et la création des richesses ».

Faustin Archange Touadéra plaide pour la levée de l'embargo

Face à l'évolution « positive » de la situation dans son pays, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, a saisi cette occasion pour lancer un appel à la solidarité africaine, en vue de la levée de l'embargo sur les armes à destination des forces armées centrafricaines.

En ce qui concerne la relation entre l'Europe et l'Afrique, il pense qu'elle est « la vision d'un destin commun qui part d'une réalité historique. Aucun des deux continents ne peut penser regarder vers l'avenir sans l'autre ».

« Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l'Europe vit en paix. Ce que l'Europe a réalisé avec beaucoup de souffrance et d'audace est aujourd'hui le rêve de l'Afrique. L'Euro-Afrique n'est pas le résultat d'une vision romantique, ni la réaction à certaine injustice dont l'Afrique serait victime », a dit le président de la RCA. Pour lui, l'unité africaine ne pourra se réaliser que si les dirigeants africains font preuve d'un esprit « de solidarité et de coopération sincère dans la recherche de solutions aux maux qui minent le continent africain ».

Antoine Tshisekedi Tshilombo dénonce le « terrorisme multiforme »

Dans son intervention, le président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a dénoncé « le terrorisme multiforme » dont les pays sont confrontés, et qui constitue, selon lui, « un frein sérieux » au développement humain et économique.

Il a rappelé que son pays était confronté à l'Est, à « un terrorisme aveugle » auquel s'adonnent les bandes armées qui font subir des violences aux populations, particulièrement aux femmes et aux jeunes filles.

« Cette lutte de tous les jours nécessite notre engagement, notre solidarité et la conjugaison de nos efforts pour éradiquer ensemble ce fléau de notre siècle. L'avenir de nos enfants est à ce prix », a déclaré le chef de l'Etat de la RDC.

La Francophonie à l'écoute des populations jeunes

Présente à cette cérémonie, la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo a évoqué la modernisation de la Francophonie. Il s'agit, pour elle, « de l'inscrire dans les temps présents et d'anticiper l'avenir, ou mieux la mettre au service des Etats et gouvernements pays membres ».

« L'espace Francophone étant un espace de jeunesse, il nous faut mieux positionner la langue française dans l'univers du numérique. Pour inscrire résolument la Francophonie dans l'avenir, il faut recentrer la coopération entre les pays autour des grands enjeux stratégiques mondiaux que sont : l'éducation pour tous et toutes, la fin de la fracture numérique, la prospérité économique et l'influence diplomatique et politique », a déclaré Louise Mushikiwabo.

L'Afrique, espoir d'un nouveau monde

Au nom du président Paul Biya, le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute a dénoncé le racisme, la xénophobie, l'intolérance religieuse, et autres maux qui sont, d'après lui « en total déphasage avec les exigences d'interdépendance et de solidarité qui caractérisent le monde moderne d'aujourd'hui ».

« Dans un tel contexte, nos Etats ont l'obligation de préserver, de chérir et de promouvoir les valeurs qui constituent le fondement de nos sociétés. Quel que soit le prisme par lequel les uns et les autres conçoivent le devenir de notre Afrique, la constance reste et demeure la foi aux potentialitéx qu'elle regorge », a-t-il lancé.

Le Premier ministre camerounais a en outre mis l'accent sur la prise en compte de la jeunesse. Car, dit-il, « l'Afrique est l'espoir d'un nouveau monde, le catalyseur d'une nouvelle économie qui a pour moteur, la jeunesse, qui a besoin d'être accompagnée afin qu'elle puisse réaliser pleinement son potentiel ».

Le Gabon souligne le rôle joué par Brazzaville

Le Gabon a été représentée par son Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda qui a souligné la participation de l'Afrique et de son pays dans la libération de la France. Elle a, par ailleurs, rappelé le rôle joué par Brazzaville, à travers la conférence de 1944, présidée par le général de Gaulle.

« La conférence de Brazzaville fut le départ d'une perspective nouvelle pour l'Afrique, en ce sens qu'elle posa les bases d'une nouvelle politique coloniale en ouvrant le champ politique à l'ethnicisme de l'Afrique équatoriale française », a-t-elle renchéri.

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