Madagascar: Proposition de loi - Une loi contre l'homosexualité en projet

Les homosexuels ont du mal à se faire accepter par la société malgache. Un député veut proposer une loi pour les pénaliser.

Les relations entre les personnes de même sexe risquent la condamnation. Le député Idéalson d'Ampanihy Andrefana a élaboré une proposition de loi pour interdire le mariage pour tous. « Nos textes sur le mariage ne mentionnent pas l'interdiction du mariage entre deux personnes de même sexe, ou entre deux personnes dont l'un a changé de sexe. Je juge nécessaire d'apporter des précisions. Le mariage ne doit être valable qu'entre un homme né homme et une femme née femme. Cela pour protéger nos générations futures contre cette pratique qui détruit nos valeurs », explique ce président de la commission juridique au sein de l'Assemblée nationale, hier.

Les textes qu'il va proposer, vont pénaliser, par ailleurs, les comportements à caractère sexuel, incluant les gestes amoureux des homosexuels dans les lieux publics. « Ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent, chez eux, mais pas dans la société. La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres », enchaîne cet élu. Il précise que dans cette proposition de loi, les religieux et les autorités civiles, qui célèbrent un mariage homosexuel, seront aussi pénalisés. Les textes seraient déjà prêts et seront présentés à l'Assemblée nationale, incessamment.

Soutien du KMF/Cnoe

Cette proposition de loi a la chance de passer. La présidente de l'Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa a indiqué qu'aucun texte favorisant le mariage pour tous ne passera pas dans la chambre basse. En 2019, l'adoption de la loi sur les violences basées sur le genre a été chamboulée, à cause des rumeurs sur une loi favorisant le mariage pour tous. Le député Idéalson a le soutien de quelques sociétés civiles. « Pour le comité national de l'observation des élections, KMF/Cnoe Éducation des citoyens, cette proposition de loi aurait dû être élaborée et proposée depuis longtemps. Mais vaut mieux tard que jamais. D'autres sociétés civiles vont, probablement, l'appuyer. Nous partageons son avis », avance Emée Ratsimbazafy, vice-présidente du KMF/Cnoe Éducation des citoyens. Elle a ajouté: « chacun est libre de son choix. Mais la société malgache, son « soatoavina », limitent cette liberté ».

« Plusieurs dimensions doivent être considérées. Certains homosexuels sont victimes de maladies. Il y a ceux qui ont un taux d'hormones féminines ou masculines très élevé, ceux qui sont bisexuels, ceux qui ont des comportements anormaux. Il faut voir les choses cas par cas. Ce n'est pas parce que l'homophobie est en vogue qu'on va la suivre bêtement », lance Mahamoudou Ndriandahy de la Plateforme de l'organisation des sociétés civiles/ Vohipiraisana.

Les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transsexuels (LGBT) à Madagascar précisent leur position sur ce mariage pour tous. « Nous n'avons jamais réclamé l'officialisation de l'union entre des personnes du même sexe. Tout ce que nous réclamons, la raison pour laquelle nous nous battons, c'est la lutte contre la discrimination des LGBT et la LBGTphobie », s'exprime Emy Ga. Pour cette activiste genre et environnement, ceux qui véhiculent l'homophobie ont une connaissance limitée sur les LGBT. Emy Ga considère, en outre cette déclaration du député Idéalson, comme une provocation. « Les LGBT et leurs alliés sont prêts à s'opposer contre cette proposition de loi. Il est temps pour nous de nous battre. Nous sommes en danger! », conclut-elle.

Plus de: L'Express de Madagascar

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