Congo-Kinshasa: Justice - Deux miliciens de Raya Mutomboki condamnés pour crimes contre l'humanité au Sud-Kivu

Le Tribunal Militaire de Bukavu a reconnu coupable Isaac Chabwira Cirabisa et Dieme Munono Babika de crimes contre l'humanité par meurtre, torture, destruction de propriété, privation de liberté et esclavage sexuel. Leurs dénégations n'ont fléchi le juré.

Ces deux miliciens de Raya Mutomboki Hamakombo ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de population du village de Kambale et ses voisins entre 2016 et 2019 au Sud-Kivu. Le Tribunal a reconnu 42 victimes dans cette affaire dite Hamakombo. Les condamnés doivent également payer 180.000 dollars américains aux 42 victimes pour réparation.

Deux miliciens de Raya Mutomboki Hamakombo ont été condamnés à 20 ans de prison pour avoir commis les crimes contre l'humanité au Sud-Kivu. Les deux hommes, "membres d'une faction de cette milice meurtrière", ont été jugés, mardi 6 octobre dernier, par le tribunal militaire de Bukavu pour les infractions de meurtre, torture, esclavage sexuel et viol commis entre 2016 et 2019. Ils doivent en outre payer un dédommagement pour préjudice moral d'un montant de 180.000 dollars américains aux familles des victimes.

Bien que ces condamnations aient rompu avec l'impunité pour des abus commis par des miliciens de Raya Mutomboki, l'impact potentiel quant à un meilleur respect des normes de procès équitables a été remarqué. Car, le procès s'est ouvert le 28 septembre 2020 en audience foraine et assorti de l'annonce du verdict s'est déroulé publiquement dans la transparence. C'est un signal très fort qui doit permettre au public d'avoir confiance dans l'Etat de droit lors de procédures judiciaires.

En effet, les années 2016 et 2019 ont été les plus sombres pour les populations de Kambale et les villages voisins. Une faction du groupe de la milice Raya Mutomboki dirigée par Bwaale Hamakombo a, à plusieurs reprises, été aussi impliquée dans d'autres crimes graves. Ces exactions étaient, d'une part, ciblées et, d'autre part, généralisées. Certains villages ont même connu plusieurs fois des attaques de ces miliciens. Leur but, selon certains témoignages, était de piller les civils.

D'autres faits graves tels que meurtres, actes de torture, destruction de propriété, privation de liberté et esclavage sexuel ont été rapportés au procès. Le tribunal a dénombré 42 victimes. Devant les juges, les avocats des victimes ont démontré que durant les trois années de terreur, le groupe Hamakombo opérait seul et de fois en coalition avec d'autres factions de Raya Mutomboki notamment, les Raya Mutomboki Shukuru. Par ces faits, l'Etat congolais a été reconnu responsable pour avoir manqué à son devoir ultime de protéger la population. Une décision importante a été prise pour permettre aux victimes de percevoir les indemnités ordonnées, même si les miliciens ne parviennent pas à verser celles-ci.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.