Congo-Kinshasa: [Affaire Minembwe] Azarias Ruberwa - Muhindo Nzangi - ni vainqueur, ni vaincu !

Finalement, il n'y a pas eu de vainqueur, ni de vaincu entre l'interpellateur Muhindo Nzangi et l'interpellé, le Ministre d'Etat Azarias Ruberwa. En effet, lors de sa riposte de ce mardi 27 octobre 2020, le Ministre en charge de la décentralisation et réforme institutionnelle a donné en sept points sa version de faits sur le dossier Minembwe.

De la thématique de l'ordre de mission à celle de la décentralisation en passant par l'installation du Bourgmestre de Minembwe, le Ministre d'Etat Ruberwa a expliqué qu'il n'est nullement impliqué dans l'existence de cette commune dont l'origine remonte à plusieurs années depuis.

Actuellement, la décentralisation du pays est progressive selon les moyens et la cohabitation doit être consolidée dans plusieurs entités dont Minembwe qui connait présentement des difficultés sécuritaires.

Ça ne passe pas

Face à toutes ces explications, l'honorable Muhindo Nzangi, l'auteur de l'interpellation, a opposé un non catégorique. Il a donné sa version en qualifiant de mensonge toutes les allégations du Ministre.

Il a fait des recommandations parmi lesquelles les enquêtes profondes sur le cas Minembwe, suivies des conclusions qui s'imposent. Selon lui, le Ministre d'Etat Azarias Ruberwa doit démissionner de lui-même face à ses contre-vérités.

Il a même insinué que le ministre avait menti sur plusieurs questions pendant ces deux interventions. Le député, en dépit des explications du Ruberwa, a insisté sur ce qu'il appelle caractère frauduleux de la création de cette commune revenant sur la superficie, le nombre d'habitants, la procédure administrative et politique ayant conduit à cet état des choses.

Contradictions

Par ailleurs, dans sa réponse aux élus, Azarias Ruberwa a démontré qu'il n'avait pas installé le bourgmestre de la commune de Minembwe. Selon lui, a-t-il insisté, cette tâche revient au ministre provincial de l'intérieur du Sud-Kivu sur base de la loi régissant les entités territoriales décentralisées à son article 56.

Au regard de ce dernier qui lui avait imputé l'installation des animateurs de Minembwe, Ruberwa le qualifie de «menteur».

Selon lui, le 12 octobre dernier, en période pratiquement non suspecte, le ministre provincial revenait de Minembwe, et a tenu une conférence de presse où il s'étonnait du fait que les gens étaient en train de s'émouvoir par rapport à ces faits bénins, selon lui, qu'il a posés dans le cadre de ses compétences.

Au bout de quelques semaines, dit-il, le ministre provincial s'est plus d'une fois contredit. "... je ne le condamne même pas parce que c'est un acte qui relève de ses attributions, de ses compétences [... ] Ce que je condamne, c'est cette façon d'agir, il aurait pu assumer, ça m'a surpris, je n'ai pas l'habitude de mentir et je ne mens pas", a expliqué Azarias Ruberwa.

Clôturant la plénière de ce jour, la présidente Jeanine Mabunda a salué l'implication de tous les députés nationaux dans ce débat démocratique qui s'est déroulé dans le respect des textes, privilégiant la paix et la concorde nationales.

Une motion d'information a fait état des conflits religieux à Basankusu dans l'ex-Equateur.

Plus de: La Prospérité

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