Togo: Kissi invite l'ANC à revoir sa copie

Et par qui ? Alors qu'au terme de son Conseil national tenu le 10 Octobre dernier, le parti de Jean-Pierre Fabre, l'ANC (Alliance Nationale pour le changement) dit se réserver le droit de travailler désormais avec des partis politiques responsables et sérieux de l'opposition togolaise, fixant ainsi les préalables pour toute collaboration avec quelque parti politique que ce soit dorénavant, Jean Kissi, Secrétaire national du CAR (Comité d'Action pour le Renouveau) dimanche dernier dans le « D12 » de radio Pyramide FM, l'invite à une révision de sa copie. Cette invite de Jean Kissi est soutenue par le fait qu'aucun parti politique à lui seul ne peut aujourd'hui se permettre de dire être en mesure de combattre le régime en place au Togo et incarné par Faure Gnassingbé aujourd'hui, à la suite de son père Eyadéma.

« Les collègues disent qu'on a eu plusieurs coalitions, mais cela n'a rien donné. Moi je ne suis pas de cet avis, parce que de vraies coalitions, on en a eu au Togo. Il y a le FAR autour du Me Agboyibo, Koffigo, Jean Dégli... , vous savez les résultats qu'on a eus avec cette coalition. Il y en a d'autres. Il y a tout récemment la C14. Et vous savez où nous sommes allés avec cette C14 ? Si ce n'est pas la maladresse de leadership, on aurait eu des résultats qu'on ne pouvait imaginer. C'est un combat bloc contre bloc. Aucun parti ne peut gagner le combat que nous avons devant nous tout seul. On est obligé de faire ce combat-là en bloc », c'est l'analyse de Jean Kissi.

Et il reste convaincu de ce que, c'est la « seule alternative » qui peut aider à faire bouger les lignes et parvenir au changement souhaité. « Vous croyez qu'avec la situation que nous avons aujourd'hui, qu'un seul parti peut se lever tout seul pour aller balayer ce régime ? Non soyons réaliste. Chaque fois que nous avons pu sérieusement déstabiliser ce régime c'est lorsque nous avons pu former un bloc », fait-il constater.

Aussi, poursuit l'ancien député, la question aujourd'hui n'est pas de taxer certains partis politiques de « responsables ou d'irresponsables » et « la bonne voie ce n'est pas dire que nous ne travaillerons pas avec ci et avec ça ».

En tout cas, si d'aucuns voient Agbéyomé hors du jeu politique, Kissi n'est pas d'un tel avis. Pour le Conseiller municipal dans Golfe 5, « le gros problème du Togo, c'est la succession de holdup électoral. Cela veut dire que la résolution de la crise doit rassembler tous ceux qui ont été spoliés de leur victoire depuis le début du processus démocratique. Donc vous comprenez qu'on ne peut pas dire qu'on traite toutes les crises postélectorales qu'on a connus dans ce pays, tout en laissant de côté celle en cours, tout simplement parce qu'il s'agit d'Agbéyomé. En tout cas, je suis profondément chrétien, et je ne vois pas les choses de cette manière ».

C'est bien une analyse de situation qui certainement fera écho dans certaines écuries de la vie politique au Togo.

Plus de: Télégramme228

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