Cote d'Ivoire: Présidentielle - Ouattara confiant, KKB en outsider

Abidjan — En lice pour le scrutin présidentiel de samedi prochain, les candidats Alassane Ouattara, président sortant et Kouadio Konan Bertin (KKB), indépendant, mettent les petits plats dans les grands pour convaincre le collège électoral ivorien, la campagne ayant franchi sa dernière ligne droite.

Promettant un "coup KO", en référence à une victoire haut la main dès le premier tour, Alassane Ouattara poursuit sa campagne dans la sérénité, après en avoir suspendu les activités festives suite au décès "subit" du ministre de l'Administration du territoire et de la Décentralisation, Sidiki Diakité, vendredi dernier.

Fort d'un bilan macroéconomique solide, auréolé d'une croissance record sur la dernière décennie, ADO, comme désigné par ses initiales, se montre, à chaque sortie, confiant de son triomphe qui, le cas échéant, sera le troisième après ceux de 2010 et de 2015.

A la faveur d'un taux de croissance moyen entre 7 et 8% par an depuis 2011, selon le gouvernement, la Côte d'Ivoire a plus que doublé son PIB, qui est passé de 25,4 milliards en 2010 à 58,8 milliards USD en 2019, selon des chiffres de la Banque mondiale (BM), renouant avec sa stature de locomotive économique de l'Afrique de l'ouest francophone.

Sous Ouattara, qui a foncièrement restructuré l'économie, la croissance s'est appuyée sur le secteur des services, notamment les télécoms, le BTP, la construction et l'énergie, adossés à de forts investissements publics et étrangers dans les infrastructures.

Autre retombée de cette forte croissance, le revenu national par habitant a plus que doublé, passant de 1.120 dollars en 2011 à 2.290 dollars US en 2019, à en croire des données de la BM. En outre, le taux de pauvreté a lui aussi reculé de 55,4% en 2011 à 39,5% en 2018.

En réponse aux critiques laissant entendre une croissance non répercutée sur le quotidien de beaucoup d'Ivoiriens, le gouvernement avait lancé, l'an dernier, un programme social doté d'un milliard d'euros sur deux ans (2019-2020) pour lutter contre le dénuement, via une allocation trimestrielle de 36.000 FCFA (55 euros) aux ménages les plus pauvres. .

"La Côte d'Ivoire continuera d'avancer à pas résolus vers l'émergence", avait assuré le président Ouattara dans son discours du nouvel An 2020.

De son côté, Kouadio Konan Bertin, qui n'a jamais occupé un poste de gestion au haut niveau de l'Etat, continue de vanter un programme exhaustif, visiblement centré sur les jeunes.

Ex-député de 2011 à 2016, KKB a, dans ce sens, évoqué "un temps de changement", à travers une démocratie participative et un renouveau des mentalités, des comportements et des pratiques.

"Nous sommes convaincus, de par l'écoute des populations que notre projet de société hardi va permettre de conquérir avec l'aide de tous les ivoiriens mobilisés, le pouvoir d'Etat, l'exercer en recherchant la paix, la prospérité par une redistribution des fruits de croissance", selon le projet de société qu'il a présenté.

En termes de gouvernance, KKB entend confier l'autorité de bonne gouvernance à l'opposition, afin de mettre fin à la corruption et à l'impunité. Cette institution, d'après lui, sera composée en majorité d'opposants et de membres de la société civile et aura un large pouvoir pour se saisir de tous les dossiers.

Les conditions de mise en œuvre de sa vison "L'Ivoirien nouveau" seront appliquées "telles que conçues à l'origine" et devront reposer en particulier sur les valeurs morales et éthiques, la compétence et le mérite pour le bien-être des communautés.

Résolu et confiant en son projet de société, KKB s'estime en mesure de tenir la dragée haute au très expérimenté Alassane Ouattara (79 ans), un économiste de référence et un cador de la vie politique ivoirienne ces dernières décennies.

Mû par son ambition présidentielle, Konan Bertin (51 ans), a encore une fois claqué la porte de sa formation, le parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), qui l'a temporairement exclu pour s'être présenté devant le chef du parti, Henri Konan Bédié. En 2015, il avait fait de même mais n'a empoché que 3,88 % des suffrages.

La campagne électorale prendra fin jeudi à minuit dans ce pays ouest-africain où la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara, avait fait quelque 3.000 morts, selon Abidjan.

Les deux autres prétendants, retenus par le Conseil constitutionnel, Henri Konan Bédié (86 ans), ex-chef de l'Etat et président du principal parti de l'opposition (PDCI) et Affi N'Guessan (67 ans), ancien premier ministre sous Laurent Gbagbo (FPI), se sont dits "non concernés" par l'élection en cours, appelant leurs militants à la "désobéissance civile" et au "boycott actif" du processus électoral.

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