Cameroun: Kumba - Le gouvernement rassure

La mission interministérielle conduite, sur instruction du président de la République, par le Minat Atanga Nji Paul a indiqué que tout est mis en œuvre pour assister les familles éprouvées et pour une poursuite sereine de l'année scolaire.

Hôpital régional de Buea hier en début de matinée, des cris de douleur d'une adolescente s'entendent depuis un couloir. Cet établissement hospitalier accueille deux des enfants qui ont survécu lors de l'attaque meurtrière du Complexe scolaire Mother Francisca International Bilingual Academy de Fiango dans le second arrondissement de la ville de Kumba le 24 octobre dernier. Les cris de douleur sont ceux de la jeune Juliet, la douzaine. Couchée sur son lit, elle a un bras entièrement couvert par un pansement, conséquence de l'une des deux balles qu'elle a reçues. Mais ce qui la fait le plus souffrir, c'est l'impact de la deuxième balle sur son postérieur. Autour d'elle, environ cinq personnels médicaux s'activent.

L'un d'eux explique au ministre de l'Administration territoriale et aux deux autres membres du gouvernement de la délégation interministérielle dépêchée par le président de la République que des améliorations sont perceptibles en ce qui la concerne. Aux parents de la jeune malade assis sur un banc à l'entrée de la salle d'hospitalisation, Atanga Nji Paul demandera d'avoir la foi. « Le président de la République nous a demandé de vous dire que vous n'êtes pas seuls dans cette épreuve. La Nation entière est à vos côtés ». Il les rassure de ce que tout est mis œuvre pour une prise en charge complète des soins médicaux de leur fille par l'Etat. Ce dernier entend de la même façon accompagner toutes les familles touchées par ce drame.

La délégation interministérielle, à laquelle se sont jointes les autorités administratives et militaires de la région du Sud-Ouest, avec à leur tête le gouverneur Bernard Okalia Bilaï, va ensuite mettre le cap sur Kumba, théâtre des funestes événements du 24 octobre dernier. Dans la ville, les populations vaquent à leurs occupations. La plupart des commerces sont ouverts, tout comme les administrations publiques et privées, mais très peu d'écoles. Le premier arrêt de la délégation a lieu dans les services de la préfecture de la Mémé. Celle-ci, de l'avis du chef de la délégation interministérielle, a pour but de faire le point de la situation sécuritaire du département.

On comprendra donc que cette phase s'est déroulée à l'abri des oreilles indiscrètes, mais en présence des plus hautes autorités militaires de la région, dont le commandant de la 2e Région militaire interarmées, le général de brigade aérienne Benoît Eba Eba, son collègue de la gendarmerie, le général de brigade Elias Toungue. Toutefois, dans son propos introductif, Atanga Nji Paul se voudra clair en martelant que, « nous venons de découvrir la face hideuse du terrorisme », avant d'appeler les uns et les autres à se montrer désormais « intraitables vis-à-vis de ces bandits ». Pour Pauline Nalova Lyonga et Laurent Serge Etoundi Ngoa, respectivement ministre des Enseignements secondaires et ministre de l'Education de base, le but visé par la barbarie perpétrée samedi dernier par des éléments sécessionnistes, est de saper l'embellie observée dans la reprise de l'école dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il est donc question pour les pouvoirs publics de veiller à mettre un terme à cette tentative malsaine.

C'est dans la salle des conférences de l'Hôtel de ville de Kumba que la délégation interministérielle a rencontré les familles des victimes. Atanga Nji Paul leur a transmis la compassion du président de la République. Rappelant ensuite les noms des sept enfants assassinés samedi dernier, il a invité l'assistance à observer une minute de silence et à prier pour le repos de leurs âmes. Il est ensuite revenu au gouverneur Bernard Okalia Bilaï de lire le message de condoléances du président de la République.

Prenant la parole ensuite, le Minat a invité les parents à ne plus tomber dans le piège de ceux qui n'ont qu'une seule ambition : créer la peur et le chaos. « Il est temps de dire NON à ces personnes », a martelé Atanga Nji Paul. L'émotion est montée d'un cran lorsqu'au nom des parents des victimes, le Pasteur Boniface Amungwa, père de Victory, 11 ans, a rappelé l'importance de la vie. « L'école est importante, mais la vie l'est encore plus pour nos enfants », a-t-il déclaré.

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