Congo-Kinshasa: Projet "Ensemble pour Beni" - des retombées positives mais encore insuffisantes

communiqué de presse

«Nous avons énormément bénéficié du Projet 'Ensemble pour Beni' en groupement Malambo, dans le secteur de Ruwenzori», reconnait Jumulani Muhindo Josue, de la Coopérative de Développement Agro-pastorale 'Coopad, en secteur de Ruwenzori, territoire de Beni, province du Nord-Kivu.

Sa coopérative, comme 25 autres associations de ce territoire, a bénéficié du projet "Ensemble pour Beni", exécuté par le Gouvernement provincial, la MONUSCO, Interpeace, Search For Common Ground, ainsi que World vision. Ces partenaires d'exécution se sont réunis à Beni du 13 au 16 octobre, dans le cadre d'une table-ronde sur la stabilisation de la région, 18 mois après le lancement du projet, afin de faire le point sur son évolution et de voir comment en pérenniser les acquis, avant sa fin prévue en décembre 2020.

Le Projet Ensemble pour Beni nous «a remis des semences qui ont permis d'acheter un champ communautaire. Elle nous a remis aussi des égraineuses pour nous faciliter la tâche, c'est quelque chose qui nous a beaucoup aides», témoigne encore Jumulani Muhindo Josué.

Mais alors que le projet tend vers sa fin, lui et ses amis bénéficiaires, souhaitent qu'il y ait un accompagnement pour que ces actions soient durables. C'est aussi le cas de tous les acteurs impliqués dans le processus de la mise en œuvre du projet.

Relance économique

Ainsi, au cours de cette table-ronde, World vision, a fait le bilan de ses actions par rapport au Pilier relance économique, axé essentiellement sur l'encadrement des populations à travers des activités génératrices de revenus via diverses associations. Avec ces dernières, 7 filières agricoles ont été identifiées et au moins 10 étangs piscicoles mis en place.

Au-delà de ces actions, 432 jeunes ont été formés en divers métiers et sont actuellement employés ou se sont mis à leur propre compte grâce aux matériels ou équipements divers mis à leur disposition.

Seul bémol en ce qui concerne l'agriculture : le projet n'a pas songé aux travaux de réhabilitation des routes de dessertes agricoles pour permettre l'évacuation des produits champêtres générés dans le cadre de ce projet. L'autre difficulté, c'est aussi le manque de grenier agricole pour le dépôt des produits après la récolte. Tout cela, mais aussi l'insécurité permanente dans la région fait dire au député provincial, élu de Beni, Anselme Paluku Kitakya que le Projet a contribué à l'amélioration de la vie des communautés « mais dans une moindre mesure vu les difficultés auxquelles il était confronté ».

Restauration de l'autorité de l'État

Search For Common Ground, qui a égrené aussi ses réalisations concernant le Pilier restauration de l'autorité de l'État, a indiqué que plusieurs dialogues ont été organisés dans le cadre de la collaboration entre les leaders locaux et les autorités locales.

Janvier Kasayirio, président de la jeunesse de Oicha, qui a participé aux travaux, souligne que « dans la plupart des entités qui ont bénéficié des dialogues entre les jeunes et la police, les jeunes et les autorités, il y a eu des actions de rapprochement qui se sont organisées et cela permet que les jeunes soient informés des actions liées à leur participation à la consolidation de la paix à la restauration de l'autorité de l'État».

Dialogue démocratique

Pour sa part, Interpeace, avec le pilier dialogue démocratique, a su mette en place des focus groupes dans les différentes entités du territoire de Beni. Ceci, dans l'objectif de comprendre les sources de conflits permanents au sein de la communauté afin d'y trouver des solutions.

Sassi Achubolu, qui est Secrétaire au sein du Conseil de la Jeunesse de Mbau et qui travaille sur l'axe Mavivi, reconnait l'importance de ce dialogue démocratique dans la résolution des conflits : « Aujourd'hui, grâce à ces dialogues, nous côtoyons facilement les autorités et ça nous permet de travailler facilement avec elles, ce qui n'était pas le cas auparavant lorsqu'on avait même peur de leur envoyer des alertes. Aujourd'hui on les appelle même pour donner des alertes sécuritaires ».

Elle souligne aussi qu'au sein de la communauté, par exemple, les femmes des militaires se comportaient comme si elles étaient elles-mêmes militaires. « Grâce à ce dialogue, nous sommes ensemble, et nous faisons des travaux communautaires sans problèmes pour le bien de notre communauté ».

Il faut dire que, durant la période du projet, 37 dialogues sur les 40 prévus ont été organisés. Ces activités se sont déroulées à Mavivi, Bingo, Kamango, Bulongo, Kabasha. Comme résultat de ces échanges, Interpeace a mis en place un champ communautaire à Watalinga, un espace de jeux pour les jeunes dans le Ruwenzori, une salle communautaire à Kabasha ; alors que 4 sources d'eau ont été aménagés à Mavivi, un marché à Kalunguta, une école dans le Watalinga mais aussi un système d'alerte sécuritaire dans le Ruwenzori pour répondre aux préoccupations exprimées par les populations.

C'est dire donc que le projet, malgré les défis sécuritaires que beaucoup ont relevés lors de cette table-ronde et qui ont été un frein à sa bonne marche, a porté des fruits.

Le Ministre du Plan, lors de ces travaux, a interpellé les partenaires internationaux qui doivent « continuer à accompagner la région dans ce processus de stabilisation et de restauration de l'autorité de l'Etat ».

Et la réponse de la cheffe de bureau de la MONUSCO, qui représentait la communauté internationale à cette rencontre, a été claire : « la population de Beni peut continuer à compter sur l'appui de la MONUSCO. Et ceci, non seulement en matière de sécurité mais également pour la stabilisation de Beni », a dit Mme Cecilia Piazza.

Avant de se séparer, les participants à cette table ronde ont fait plusieurs recommandations, dont la plus importante reste l'organisation d'une nouvelle table ronde pour la mobilisation des fonds en faveur du financement des plans locaux de développement, dans le but de pérenniser les acquis du Projet "Ensemble pour Beni".

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