Togo: La version officielle contestée par des proches

La découverte au petit matin du lundi 4 mai 2020 du Colonel Bitala Madjoulba assassiné dans son bureau à la désertion (version officielle) d'un gendarme à Kara, l'Adjudant Faré Djawé porté disparu sans aucune nouvelle de lui à l'heure actuelle en passant par le Colonel Bataba Gandah Soklema lui aussi péri dans un autre mystérieux accident en début juillet, laissent les Togolais dans le doute quant aux versions officielles des autorités qui ne semblent pas faire lumière sur ces affaires.

Ainsi, certains décès liés à la Covid-19 sont mis en cause par la population. On en veut pour preuve celui du Directeur des Transports Routiers et Ferroviaires (DTRF) David Delato Kokou Agbokpè décédé le 04 Aout dernier selon le gouvernement du coronavirus et du Lieutenant BANKA Kossivi mort lundi 26 Octobre 2020 à l'âge de 28 ans également du corona.

Le dernier est aussi contesté que le premier par les proches des victimes ; Un membre de la famille de l'officier a donné son point de vue dans une publication sur les réseaux sociaux. Lise plutôt :

« Je me nomme KOFFI ASSOGBA, artiste et réalisateur, je suis de nationalité togolaise. Mon petit frère, notre benjamin, le Lieutenant BANKA Kossivi est mort ce Lundi 26 Octobre 2020 à l'âge de 28 ans dans des situations très troubles.

Les médias ont annoncé sa mort, affirmant qu'il est mort du covid19. Je ne suis pas médecin, je ne peux pas contester les analyses des médecins mais je vais donner ma version des faits.

Pour moi tout a commencé le 08 décembre 2018 où d'une 4/4 noir, un homme a tiré sur un mécanicien.

Le lieutenant BANKA était de service ce jour et c'est lui qui était l'officier à bord de l'ambulance qui était venu chercher le corps. Cette affaire a provoqué la grogne et un soulèvement de la population qui réclame justice.

Quelques mois après cet incident, le Lieutenant Banka a été appelé pour une mission d'une durée indéterminée dans une forêt vers AKABA. Je vous rappelle que le Lieutenant Banka était un médecin militaire qui officiait au Camp RIT comme médecin.

Les formateurs venus de l'Europe se questionnaient sur la raison de sa présence à cette formation. Après huit mois passé dans la brousse, il tombe malade et est rapatrié à Lomé pour les soins.

Après son rétablissement, il a voulu reprendre le service mais on lui a donné un congé d'un mois et on lui demande de voir le psychologue de l'armée. Il prend rendez-vous et après consultation, le psychologue lui dit que son état de santé mentale ne lui permet pas de continuer dans l'armée.

Donc il devra avoir plusieurs rencontres avec le médecin psychologue pour continuer l'évaluation psychologique afin de déterminer son état et sortir son rapport qui sera joint à son dossier, histoire de demander sa sortie officielle de l'armée pour son état de santé psychologique.

A ce niveau aussi, je ne pourrais pas contester les rapports d'un médecin mais mon frère n'avait aucun problème psychologique visible, preuve, ils l'ont rappelé après pour les aider dans la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Aucune institution sérieuse ne peut pas appeler quelqu'un qui a des troubles psychologiques à reprendre du service à son sein surtout dans la lutte contre cette pandémie.

Le docteur Lieutenant Banka était donc en congé et allait de temps en temps à ses rendez-vous avec le psychologue. Il a fait 8 mois à la maison et chaque mois on lui renouvelle ses congés jusqu'à l'apparition de la maladie à coronavirus.

C'est là où on l'a rappelé pour travailler au CHU de Tokoin. Malgré le manque de gans, masque et des accessoires pouvant protéger les médecins contre toute contamination, le Lieutenant Banka lui-même trouvait des moyens pour se protéger afin de s'occuper des patients.

Quelques temps après, il a été reconduit à son poste entant que médecin du camp RIT, camp Gnassingbé Eyadema où il est resté jusqu'à son décès.

Le lundi 19 Octobre passé, le Lieutenant Docteur Banka est parti au service comme tous les jours. Il constate que son état de santé n'allait pas, sa température est montée. Il rentre donc à la maison et commence les soins.

De lundi jusqu'à mardi 20 la nuit, la fièvre refuse de baisser malgré les soins à la maison. Le mercredi 21 Octobre, sa femme le conduit à l'hôpital militaire au sein du camp, là où lui-même il travaillait.

Dès son arrivée, ils ont demandé à faire le test de COVID19, ils l'ont fait et ont affirmé que c'est négatif. Ils ont autorisé sa femme à rester à ses côtés, la famille qui faisait les va-et-vient entre l'hôpital et la maison. Ils ont constaté aussi qu'il a des boutons sur le corps.

Le jeudi, sa fièvre a un peu baissé, il a bien causé avec la famille, le vendredi, la fièvre est remontée et ils l'ont emmené au pavillon militaire et sa fièvre a baissé. Ils l'ont ramené.

La nuit du vendredi il dormait tranquille quand à 2h du matin, il s'est réveillé avec une douleur atroce au ventre. Les médecins présents disent que c'est l'ulcère. La douleur a continué jusqu'à dimanche, il n'arrivait plus à manger et il n'arrivait pas à bien respirer donc ils l'ont mis sur assistance respiratoire le samedi.

Durant tout ce temps, personne ne parle de COVID19 et les parents allaient et venaient jusqu'à lundi 26 où ils ont demandé à refaire d'autres examens et une radio. Ils ont fait les prélèvements et la famille a commencé à faire les courses vu qu'il n'y a pas de matériels disponibles pour faire la radio.

C'est pendant que la famille était en pleine course qu'ils ont annoncé qu'ils ont refait le test de COVID19 et que c'est positif.

Ils l'ont immédiatement transféré à KEGUE, la nuit de ce même lundi à 21, ils appellent pour annoncer sa mort. Le lendemain on voit la presse annoncer que le lieutenant BANKA est mort du Covid19.

Je ne suis pas médecin mais ce que moi j'ai remarqué dans cette affaire de coronavirus est que quand une personne est déclarée positive, les personnes qui étaient en contact avec elle sont appelés des cas contacts et sont automatiquement mises en quarantaine pour éviter qu'ils ne contaminent d'autres personnes.

Mais ce que j'ai remarqué ici est que rien n'est fait juste parce que eux-mêmes ils savent que le Lieutenant Banka n'était pas infecté.

Le lendemain, au camp ils disent à la famille que si quelqu'un veut faire le test, qu'il le fasse et que ce n'est pas obligatoire. Ils ont refusé que la famille voie le corps. Après insistance, ils ont autorisé que 5 personnes puissent assister à la levée du corps et à l'enterrement.

Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé, mais j'aimerais donner la version de la famille pour que tout le monde sache ce qui s'est réellement passé.

Si demain on annonce que je suis aussi mort du COVID19, ou du diabète ou abattu par un fou, vous saurez où chercher la vérité. »

Plus de: Télégramme228

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