Sénégal: Relance de l'économie - Comment l'État entend atteindre une croissance de 5,2 % en 2021

28 Octobre 2020

À travers le Plan d'actions prioritaires ajusté et accéléré (Pap 2A) pour la relance de l'économie, l'État du Sénégal ambitionne de réaliser un taux de croissance de 5,2 % en 2021.

Un rapport économique et financier -annexe de la loi de finances de l'année prochaine- publié par les services du ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération, passe au peigne fin la contribution quantifiée de toutes les branches essentielles de l'activité économique devant contribuer à l'atteinte de cet objectif.

L'ambition du plan de relance économique est de retrouver, « dans les deux prochaines années », une croissance supérieure à 6 %.

Lors du Conseil présidentiel sur la relance de l'économie, le Chef de l'État, Macky Sall, avait soutenu que le Sénégal devrait retrouver une croissance de 5,2 % en 2021, 7,2 % en 2022 et, pour la première fois, une croissance à deux chiffres (13,7 %) à partir de 2023 en perspective de l'exploitation du pétrole et du gaz. Jusque-là, ces annonces ne portaient que sur une prévision de la croissance.

Mais, le rapport économique et financier, publié la semaine dernière, par le ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération, apporte une meilleure visibilité sur les conditions de réalisation de l'objectif d'atteindre 5,2 % en 2021 de taux de croissance du Pib réel.

« Cette croissance serait à la fois tirée par les secteurs primaire (+4,7 %), secondaire (+5,5 %) et tertiaire (+4,8 %) », relève le document du département dirigé par Amadou Hott.

En effet, dans le secteur primaire, l'activité est attendue en hausse de 4,7 % en 2021 contre 5,1 % en 2020, tirée essentiellement par les sous-secteurs de l'agriculture, de la pêche et, dans une moindre mesure, par le sous-secteur de l'élevage. Le secteur primaire qui représente 9 % du Pib contribuerait à 0,7 % à sa croissance en 2021.

Pari renouvelé sur l'agriculture

L'année 2021 devrait consacrer la consolidation des acquis en termes d'efforts de l'État dans le domaine agricole.

Ces efforts s'articulent autour de l'intensification des productions céréalières et vivrières, du renforcement de la productivité des cultures industrielles et horticoles et de la promotion d'un système pertinent de valorisation des productions agricoles.

L'objectif, à terme, est le renforcement de la production des principales spéculations, notamment le riz, l'oignon, la pomme de terre, l'arachide, le mil, le sorgho et les produits horticoles.

Améliorer la santé animale pour booster l'élevage

L'activité d'élevage devrait se redynamiser à la suite des difficultés liées aux mesures de fermeture des frontières. Le sous-secteur est attendu avec une hausse de 2,9 % en 2021 contre 0,8 % un an plus tôt.

Outre le programme quinquennal de riposte du secteur de l'élevage mis en place par les autorités avec un budget de 63 milliards de FCfa, le sous-secteur bénéficierait de l'amélioration de la santé animale à travers la protection zoo sanitaire, avec un accent particulier sur le contrôle et l'éradication de la Peste des petits ruminants (Ppr) pour laquelle le Sénégal, à l'instar des autres pays du monde, s'est engagé pour 2025.

En plus, l'activité d'élevage s'appuierait sur le pastoralisme, singulièrement à travers l'amélioration de la disponibilité des ressources pastorales (eau, pâturages), le renforcement des réalisations en termes d'infrastructures et d'équipements pastoraux et l'adoption du Code pastoral afin de mieux maitriser la production animale.

Vers l'adoption du Code de la pêche

Au titre de l'année 2021, le sous-secteur de la pêche bénéficierait d'abord des efforts de relance des activités de production, de transformation, de mareyage et d'exportation des produits de la pêche et de l'aquaculture.

L'État poursuivra également sa stratégie initiée dans le secteur qui est articulée, d'une part, autour de la gestion durable des ressources halieutiques et de la restauration des habitats marins pour améliorer la reproduction et, d'autre part, autour du développement de l'aquaculture et de la valorisation de la production halieutique.

Il s'agira de finaliser et d'adopter le projet de loi portant Code de la pêche continentale et de son décret d'application, de poursuivre le projet de la plateforme sécuritaire de géolocalisation des embarcations de pêche, d'adopter le Code de l'aquaculture et son décret d'application et de rechercher le financement du programme d'intégration des pêcheurs artisans et des jeunes diplômés dans l'aquaculture.

Le sous-secteur de la pêche profiterait aussi du renouvellement des licences de pêche, essentiellement dans la zone de Saint-Louis. Au total, le sous-secteur resterait dynamique avec une hausse de 6,3 % en 2021 après la forte croissance prévue en 2020 (+11,9 %).

Les activités extractives au cœur du dynamisme du secondaire

Le secteur secondaire devrait renouer avec la dynamique de croissance relevée ces dernières années.

Ainsi, en 2020, les mesures de relance économique, de même que la poursuite de l'exécution des projets structurants du Plan Sénégal émergent avec la mise en œuvre du Pap 2A et la reprise des sous-secteurs fortement touchés par la Covid-19 conforteraient l'activité du secteur.

Cette orientation du secteur secondaire sera soutenue en particulier par les activités extractives, la fabrication de produits agroalimentaires, la fabrication de produits chimiques, la production d'électricité et la construction.

Globalement, note le ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération, l'activité du secteur secondaire est attendu en hausse de 5,5 % en 2021 contre un repli de 1,1 % en 2020, soit une contribution de 1,3 point de pourcentage à la croissance du Pib réel.

Progression de 4,8 % du secteur tertiaire

Le secteur tertiaire pourrait retrouver sa dynamique de croissance en liaison avec les performances attendues en 2020 de l'agriculture et les efforts de relance post-Covid-19 de l'activité économique. Le secteur tertiaire progresserait de 4,8 % en 2021 contre une prévision de -2,8 % en 2020, soit une contribution estimée à 2,2 % à la croissance du Pib.

Toutes les branches d'activités devront contribuer au renforcement du dynamisme attendu dans le secteur tertiaire, particulièrement les activités qui avaient été fortement impactées par la Covid-19, à savoir le commerce, le transport, les services d'hébergement et de restauration.

PRODUCTION DE FER À BÉTON À KÉDOUGOU

1,5 million de tonnes de fer attendues en 2021

La reprise des activités extractives bénéficierait de la nouvelle stratégie de relance du sous-secteur articulé autour d'un complexe minier et sidérurgique qui vise à transformer une partie du minerai de fer au Sénégal à Kédougou afin de produire, à l'horizon 2022, 1,5 million de tonnes de fer à béton et 4 millions de tonnes d'acier.

Par ailleurs, les efforts de l'État dans le cadre du renforcement des projets phares du Pse contribueraient également à rehausser le sous-secteur.

À ce titre, l'exploitation de l'or se renforcerait à la faveur de la reprise de certains gisements, notamment Karakaena, du démarrage de l'exploitation du gisement Makabingui et la construction d'une nouvelle mine (Agem).

L'augmentation des réserves de Sabodala Gold Operation (Sgo) devrait être un facteur déterminant pour le sous-secteur. L'accélération de l'exploitation du zircon, avec le gisement de Niafarang d'une capacité de production annuelle de 54 000 tonnes, devrait renforcer le sous-secteur extractif.

Le développement de la filière phosphate/fertilisant reste aussi un enjeu majeur des industries chimiques du Sénégal. En somme, l'activité du sous-secteur extractif est projetée en hausse de 5,8 % contre un repli de 11,4 % attendu en 2020.

GISEMENTS PÉTROLIERS ET GAZIERS

156 puits en cours de forage et d'exploitation

Dans le domaine des hydrocarbures, des découvertes significatives de gisements pétroliers et gaziers ont été faites dans le bassin sédimentaire sénégalais, plaçant le pays dans la perspective d'exporter des produits pétroliers en 2023.

Actuellement, le bassin sédimentaire sénégalais est divisé en 29 blocs, dont 07 en onshore et 22 en offshore.

Selon le document du ministère de l'Économie, du Plan et de la Coopération, en fin 2019, neuf Contrats de recherche et de partage de production (Crpp) sont en cours de validité, dont 1 en onshore, 7 en offshore et 1 en ultra deep. « Le forage et l'exploitation d'environ 156 puits ont commencé.

Les estimations des potentialités faites jusqu'à présent sont très importantes », mentionne la même source, précisant que les réserves de gaz disponibles placent le Sénégal au 7ème rang mondial. Pour ce qui est du pétrole, les blocs de Rufisque et de Sangomar au large des côtes sont estimés à environ 563 millions de barils.

L'encours de la dette projeté à 9176 milliards de FCfa en 2020

En 2020, l'encours de la dette publique totale est projeté à 9176,3 milliards de FCfa contre 8231,8 milliards un an auparavant, soit une progression de 11,5 % sur la période.

Il devrait représenter 64 % du Pib en 2020 en liaison avec les prêts importants accordés dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 en 2020 et demeurer toutefois en dessous de la norme retenue dans le cadre du pacte de convergence de l'Uemoa.

Plus de: Le Soleil

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