Congo-Brazzaville: Manifeste de Brazzaville - Sassou réclame un droit de véto pour l'Afrique aux Conseil de Sécurité de l'ONU

Président Denis Sassou N'Guesso
29 Octobre 2020

Comme annoncé dans notre édition du lundi 26 octobre, les portes du Palais des Congrès de Brazzaville étaient ouvertes le mardi 27 octobre pour recevoir les invités venues de plusieurs pays pour participer aux activités commémoratives du Manifeste de Brazzaville.

Ces assises consacrées au 80ème anniversaire du Manifeste de Brazzaville, coïncident avec la célébration des 60 ans d'indépendance des plusieurs pays africains, qui avaient contribué à la restauration de la paix dans le monde lors de la 2ème guerre mondiale.

Placées sous le thème : «De Gaulle et Brazzaville, une mémoire partagée entre la France, le Congo et l'Afrique», ces assises étaient ouvertes par le président de la République du Congo/Brazzaville, Denis Sassou Nguesso. « 80 ans que le valeureux officier s'éleva au milieu de la tempête, pour lancer l'appel du 18 juin 1940, suite au refus de la défaite, de la capitulation face à l'Allemagne - Nazi. Brazzaville était devenue selon les mots du général de Gaulle, «le refuge de l'honneur » a rappelé dans son adresse, le Président congolais.

Poursuivant son intervention, il a souligné que l'Afrique reste généralement oubliée dans les annales de l'histoire. Selon lui, ce colloque nécessite de rétablir l'histoire de ce que fut l'apport de l'Afrique lors de la 2ème guerre mondiale, qui avait déstabilisé le monde entier. Raison pour laquelle, il a invité l'assistance à interroger la science, les moments importants de l'histoire afin de mettre en lumière la part africaine dans cette guerre.

Denis Sassou Ngwesso a terminé son adresse en soulignant, que l'Afrique avait démontré de quoi elle était capable. Aujourd'hui, elle devrait prendre part aux grandes décisions de la planète. « Les pays africains doivent être entendus y compris au Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour qu'ils aient un droit de veto. C'est ça la récompense», a déclaré le président du Congo-Brazzaville.

Porteur du message du président français Emmanuel Macron, le ministre français de l'Europe et des Affaires Étrangères, Yves Ledrinant s'est exprimé en ces thermes: « N'oublions pas que si la France est restée France, c'est grâce aux africains ». Cette incise démontre à quel point l'Afrique avait contribué à la libération de son pays. Le représentant d'Emmanuel Macron a terminé son adresse en remerciant les soldats congolais, Tchadiens, Centrafricains, Camerounais, Gabonais qui avaient fait de la France un pays fort, développé et aujourd'hui très stable.

Prenant la parole à son tour, Hervé Gaymard, président de la Fondation Charles de Gaulle, a indiqué que, c'est sur cette terre que Charles de Gaulle devint celui qu'il avait dit en juin 1940 : « La France Libre fut Africaine. C'est ici que fut créé l'Ordre de la Libération. Nous sommes fiers d'être ici ».

Plusieurs chefs d'Etats ont pris part à la cérémonie d'ouverture, à savoir, Félix Antoine Tshisekedi de la RDC, le maréchal Idriss Deby de la République du Tchad, Faustin Archange Touadera président du RCA.

Pour cette cérémonie inaugurale, tous les présidents ont pris la parole pour parler de l'apport de leurs États dans la 2ieme guerre mondiale.

Du haut de cette tribune du colloque international, les intelligences africaines ainsi que françaises se sont unies pour regarder dans la même direction en faisant appel à la solidarité afin de réécrire l'histoire de l'Afrique avec leur partenaire d'antan.

D'entrée de jeu, c'est le Maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba qui a souhaité la bienvenue aux invités. Par vidéo conférence, le Maire de Reims, Maud Robinet, a rappelé à l'assistance que la ville qu'il administre est étroitement liée à cet événement important.

De son côté, Louise Mushikwabo, Secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie, a insisté sur le fait que tous parlons la même langue. D'où la nécessité de recentrer les efforts sur l'éducation pour tous et de renforcer les consultations pour que l'espace francophone soit toujours plus fort.

Faustin Touadera:

« les chefs d'Etats Africains doivent s'unir »

Le président centrafricain, Faustin Touadera a lancé un appel à solidarité à l'intention des chefs d'Etats Africains. «Ce colloque est le souvenir du sang versé par nos ancêtres pour la France Libre commémorée... C'est le lieu d'évoquer l'intervention salutaire des troupes», a-t-il.

Pour rafraîchir la mémoire de l'auditoire, il a rappelé une phrase de Charles de Gaulle : «la France n'est pas seule, elle a un vaste empire derrière elle».

Il a invité les chefs d'Etats africains à s'unir, à consentir des efforts pour construire le continent sans se plaindre.

« Il n'y a pas d'Europe développée sans l'Afrique. Il n'y a pas de développement de l'Afrique sans l'Europe. Que ce colloque jette les bases de la consolidation d'une paix... ».

Idriss Déby et Félix Tshisekedi : « il faut s'investir pour vaincre le terrorisme »

Idriss Deby et Félix Tshisekedi ont fait des discours éloquents rappelant que les efforts consentis par l'Afrique hier, au profit de la France, aujourd'hui, les Africains doivent en tirer bénéfice. Juste pour dire que la France doit retourner l'ascenseur aux pays africains. «Je réitère mon engagement pour vaincre le terrorisme ».

Ce colloque est une occasion pour consolider nos efforts comme cela fut hier. «Le président tchadien a insisté sur les facteurs qui rendent l'Afrique faible, à savoir, le terrorisme, l'insécurité et l'instabilité.

Il a réitéré son engagement de s'investir pour vaincre le terrorisme. Il a, cependant, saisi l'opportunité pour dire à l'assistance que «cette histoire commune que nous célébrons en ce jour, nous contraint à éradiquer la pauvreté».

« Si 80 ans après, les actes d'engagement n'ont pas été tenus, nous devons faire une analyse critique pour voir ce qui n'a pas été fait » a-t-il martelé.

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