Congo-Kinshasa: Coopération militaire USA-RDC - Le protocole d'accord signé hier

29 Octobre 2020

Après plusieurs années d'hibernation, la coopération militaire entre les Etats-Unis d'Amérique (USA) et la République Démocratique du Congo (RDC) a officiellement repris hier, mercredi, 28 octobre 2020. L'acte consacrant cette reprise a été signé par le ministre de la Défense, Ngoy Mukena, assisté du général Mbala Munsense, chef d'état major général des FARDC, pour la partie congolaise et l'ambassadeur Mike Hammer pour la partie américaine en présence du directeur de cabinet intérimaire, Professeur Emérande Kolongele. Ce protocole d'accord s'inscrit dans le cadre du partenariat stratégique privilégié entre Kinshasa et Washington conclu il y a une année.

Comme retombée positive du retablissement de la coopération militaire américano-congolaise, il y a lieu de signaler un soutien multiforme de l'Armée américaine à l'Armée congolaise, notamment à travers la formation des officiers dont le coup d'envoi était donné en septembre dernier. Signalons que les USA avaient posé comme préalables à la reprise de la coopération militaire, l'engagement du Chef de l'Etat à lutter contre le terrorisme international, la fermeture des lieux illicites de détention, l'humanisation des services de sécurité, l'instauration d'un véritable Etat de droit, la chasse aux antivaleurs dont la corruption, etc. On pense que lors de sa première visite aux USA, il y a une année, où il a été reçu au Département d'Etat et au Pentagone, Félix Antoine Tshisekedi avait donné des gages sûrs de satisfaire à ces préalables.

Discours de Mike Hammer, Ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique auprès de la République Démocratique du Congo

Son Excellence le Président Félix TSHISEKEDI

Son Excellence Ministre de la Défense Aimé Ngoyi MUKENA

Le chef d'état-major des FARDC Général MBALA

Le Secrétaire Général de la Défense, le Lieutenant Général Isidore KAUNMBU

YANKOLE

Le haut fonctionnaire de la défense et attaché de défense des États-Unis en RDC, le lieutenant-colonel Heather OKEMU

Tous protocoles observés

▪ Aujourd'hui, comme un signe de notre engagement envers notre Partenariat

privilégié pour la paix et la prospérité, j'ai le plaisir de prendre part à la signature de ce Protocole d'accord important entre les États-Unis et la RDC qui signale la relance et la redynamisation de la coopération militaire entre nos deux nations.

▪ Depuis nos premières rencontres, après son entrée en fonction en janvier 2019, le président Tshisekedi a présenté sa vision pour la professionalisation des FARDC, pour la prise en charge des soldats et de leurs familles, pour faire en sorte que les droits de l'homme soient respectés, pour exiger la responsabilité, pour renforcer les capacités afin que les FARDC puissent mieux protéger le

peuple congolais et afin que l'état puisse assumer de nouveau le contrôle et exercer sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire, particulièrement dans l'est de la RDC. C'est un programme ambitieux mais noble, un agenda que les États-Unis soutiennent aujourd'hui. Les États-Unis appuient un plan intégral qui combat la multitude des groupes armés qui terrorisent les populations dans l'est de la RDC, de Bunia à Beni, jusqu'aux Hauts Plateaux et qui met en oeuvre un processus de demobilisation, de désarmement et de réintégration (DDR) qui promeut efficacement la paix et la stabilité. La semaine dernière, j'ai accompagné plusieurs de mes collègues ambassadeurs des principaux pays donateurs pour exprimer au président Tshisekedi l'appui de la communauté internationale à ses efforts.

▪ La brutalité des groupes armés, des groupes comme les ADF affiliés à ISIS, est horrible et nous saluons les efforts des FARDC qui travaillent avec la Force de la MONUSCO pour protéger les civils innocents. Au cours de mes nombreuses visites, j'ai entendu les populations de l'est demander que davantage d'efforts soient consentis et, alors que la MONUSCO et en particulier la Force Intervention Brigade (FIB) agissent plus et mènent des opérations, nous devons

toujours nous rappeler de notre vrai ennemi - ceux qui tuent aveuglément et sont impliqués dans des activités économiques illégales - dérobant les potentialités de la RDC, privant la jeunesse dynamique d'un avenir prospère. Le président Tshisekedi a indiqué clairement que cela ne peut pas continuer.

▪ Par conséquent, les FARDC ont une mission très difficile, une mission vitale et, afin de réussir, elles doivent rompre les liens que certains officiers ont tissé avec certains de ces groupes armés. Les FARDC doivent tenir pour responsables ceux qui minent leur fière institution en recherchant des gains financiers personnels. Nous constatons des progrès et nous savons que c'est difficile, mais davantage d'efforts s'avèrent nécessaires - les professionnels au sein des

FARDC méritent mieux, ils ne devraient pas servir aux côtés de ceux qui font passer leurs intérêts personnels avant ceux de la nation.

▪ Ce protocole d'accord a pris du temps à se réaliser. Sa réalisation est due en grande partie à l'engagement du Président Tshisekedi et de son administration à lutter contre la traite des personnes et à exiger des comptes pour tout abus.

▪ En signant ce protocole d'accord, les États-Unis répondent à la volonté du président Tshisekedi et du ministre de la Défense Mukena de répondre aux exigences d'une armée moderne et d'aider les FARDC à se professionnaliser et à améliorer la qualité de vie de leurs soldats.

▪ Le document que nous signons aujourd'hui trace une voie pour les États-Unis pour aider les FARDC avec quatre piliers qui sont au centre de notre coopération militaire: la coopération civilo-militaire, les communications

stratégiques, le soutien technique à la construction, et le soutien de l'apprentissage de l'anglais.

▪ Dans ces quatre domaines, les États-Unis aideront les FARDC à atteindre leurs objectifs d'améliorer la communication avec la population civile, de mettre l'accent sur les droits de l'homme et de continuer à professionnaliser sa force, notamment grâce à des programmes en anglais qui ouvriront encore plus de voies à la formation aux militaires.

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