Madagascar: Conjoncture - Le FMI prévoit une croissance négative

Une révision de la croissance prévue par le FMI est annoncée pour le continent africain. Sans surprise, Madagascar affiche un taux négatif.

Descente effrénée. C'est de cette manière que pourrait se définir la dernière constatation du Fonds monétaire international quant à l'avenir proche de la vie économique sur le continent noire. Il y a quelques mois, le Fonds monétaire international prévoyait déjà la possibilité d'une récession d'envergure pour le continent et la grande île n'y échapperait pas. Abebe Aemro Selassie, directeur du département africain du FMI, a ainsi expliqué lors d'une visioconférence que le taux de croissance prévue pour cette année a été révisé à la baisse.

« Un taux de croissance de -3% est prévu pour la région en 2020, et de 3% en 2021 » exposait le responsable du département africain. Ce responsable d'ajouter que « la crise de Covid-19 a mis en péril les acquis de la région en matière de développement, ainsi que les revenus de millions de personnes. Un contexte qui fait que le continent risque également un déficit financier d'environ un peu moins de trois cent milliards de dollars dans la période de 2020-2023 ».

Prévision

L'économie mondiale se trouve ainsi dans une situation de fragilité avec des taux de croissance pouvant être négatifs. La pandémie de coronavirus apparaît comme un accélérateur de crise qui souligne les distorsions permanentes des finances publiques malgaches et la dérive de leur gestion depuis de nombreuses années. En novembre 2019, le FMI avait effectué dans la capitale malgache les consultations de l'Article IV et la 6ème revue du programme de la Facilité élargie de crédit (FEC). La mission avait alors validé la 6ème revue sous réserve d'approbation par le conseil d'administration du FMI en janvier 2020.

À la même époque, le gouvernement prévoyait alors à l'époque une croissance du PIB de 5,5 % en 2020, après 4,8 % obtenus en 2019, selon le FMI. Le taux d'inflation passerait en 2020 à 7,2 % ,soit plus de 0,5 point tandis que le taux de prélèvements obligatoires s'élèverait à 11,5 % du PIB contre 12,3 % estimés par le FMI lors de sa sixième revue du programme lié à la FEC. D'après les responsables de l'institution de Bretton Woods, la grande île aura du mal à retrouver une croissance économique positive dans un futur à moyen terme.

En comparaison, sur le plan mondial, le FMI table désormais sur une contraction du PIB de 4,4 % en 2020, contre une estimation de 5,2 % annoncée en juin. Pour 2021, les prévisions font état d'une croissance en hausse de 5,2%, un peu moins que celle publiée en juin. Pour tenter d'atténuer les impacts économiques de la pandémie, le FMI, bien avant que le gouvernement malgache n'engage une programmation de ses besoins et de ses politiques de réponses, a décidé, dès le mois d'avril, une Facilité de Crédit Rapide (FCR) de cent cinquante millions d'euros. Le conseil d'administration du FMI a approuvé le 13 avril l'activation du Fonds Fiduciaire d'Assistance et de Riposte aux Catastrophes (FFARC), en faveur de vingt cinq pays parmi les plus pauvres.

La mesure permet de couvrir pour six mois, sous forme de dons, les remboursements de la dette envers le FMI. L'objectif est que les États bénéficiaires consacrent une plus grande partie de leurs revenus fiscaux au financement des soins médicaux et autres efforts d'urgences sanitaires et sociales. Madagascar a ainsi bénéficié de près de quatre millions d'euros. Un deuxième décaissement au titre de la Facilité de Crédit Rapide (FCR)7 a eu lieu en juillet 2020, portant le total de l'aide d'urgence du FMI en faveur de Madagascar pour faire face à la Covid-19 à trois cent trente millions de USD.

Plus de: L'Express de Madagascar

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