Madagascar: Découpage territorial - La 23e région se fait attendre

Le projet de loi portant création de la 23e région tarde à être adoptée par le conseil des ministres. La résistance d'Ikongo serait source d'hésitation dans le bouclage du dossier.

Une hésitation ? L'accouchement du projet de loi portant création de la 23e région, accuse un retard par rapport au rendez-vous fixé par Andry Rajoelina, président de la République. Lors de sa rencontre avec les autorités traditionnelles et les notables, à Manakara, le 11 octobre, le chef de l'État a, en effet, déclaré que le texte sera adopté lors « du prochain conseil des ministres ».

Attendu par l'ensemble des observateurs politiques, le projet de loi sur la 23e région n'a cependant, pas figuré dans le rapport du conseil des ministres décentralisé à Antsohihy du 15 octobre. Pareillement pour celui du 21 octobre. Le chef de l'État étant en déplacement à l'étranger, le prochain conseil des ministres devrait, vraisemblablement, attendre son retour au pays. Outre le projet de loi de finances 2021, celui devant scinder en deux la région Vatovavy Fitovinany fait partie des textes attendus de pied ferme au Parlement.

« Il s'agit d'une promesse présidentielle. Nous ne sommes pas du tout inquiets sur ce contretemps. La 23e région est déjà acquise », rassure le député Honoré Tsabotokay, élu à Vohipeno. Son district devrait figurer dans la liste des trois localités au sein de la future région Fitovinany. S'étant plié au « Teny Ierana », durant son passage dans le Vatovavy Fitovinany, le 11 et 12 octobre, le président Rajoelina a, en effet tranché sur le sujet.

Après avoir écouté les différentes sommités locales, le locataire d'Iavoloha a affirmé que la région Vatovavy sera composée des districts de Mananjary, Nosy Varika et Ifanadiana. Et les districts d'Ikongo, Manakara et Vohipeno constitueront la région Fitovinany. Outre l'équilibre, Andry Rajoelina a alors argué qu'il s'agit d'une division « administrative et non ethnique », dans un objectif de développement.

Trancher dans le vif

Une fête populaire pour marquer la création de la 23e région est déjà programmée à Mananjary, ce samedi. De sources concordantes, le projet de loi y a afférent serait déjà prêt auprès du ministère de l'Intérieur et de la décentralisation. À Antsohihy, une source gouvernementale chuchotait même que le texte devait figurer à l'ordre du jour du conseil des ministres décentralisé.

Après deux conseils des ministres sans voir la trace du projet de loi sur la scission en deux régions indépendantes de Vatovavy et Fitovinany, des interrogations commencent à se faire entendre. Des indiscrétions font part d'une hésitation au sommet de l'État, notamment, face à la résistance d'Ikongo. Élus et autorités traditionnelles de ce district revendiquent qu'Ikongo soit compris dans la région Vatovavy. Ceci en martelant des arguments culturels et historiques.

« La création et la délimitation des collectivités territoriales décentralisées doivent répondre à des critères d'homogénéité géographique, économique, sociale et culturelle. Elles sont décidées par la loi », prévoit la Constitution. Une disposition qui concerne les régions. Des voix d'Ikongo affirment ainsi, que ceux qui auraient représenté le district à la rencontre de Manakara, « ne sont pas représentatifs du district ».

La veille de la visite présidentielle dans le Vatovavy Fitovinany, en effet, la quasi-totalité des « Ampajaka », d'Ikongo ont fait une déclaration commune refusant l'intention d'inscrire le district dans la région Fitovinany et demandant que la localité rejoigne Vatovavy. La vidéo de cette sortie des autorités traditionnelles d'Ikongo, ainsi que la déclaration qu'ils ont signée auraient été remises au Chef de l'Etat au lendemain de son retour à Antananarivo.

En se pliant au « Teny Ierana », le président de la République a, probablement, souhaité que la création de la 23e région se fasse sur la base d'un consensus entre les objectifs étatiques et les intérêts de la population locale. L'appropriation et la légitimité de la de la décision sont en jeu. La question du découpage semble, toutefois, être un point de blocage. Les lobbyings fusent de toute part. Pour concrétiser son engagement, Andry Rajoelina pourrait ainsi, être amené à trancher dans le vif.

Plus de: L'Express de Madagascar

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