Madagascar: Archevêché d'Andohalo - Rencontre entre Odon Razanakolona et l'ambassadeur de France

L'archevêque d'Antananarivo, Monseigneur Odon Razanakolona, préside le FFKM jusqu'en 2021.

Selon l'ambassade de France à Madagascar, une rencontre a eu lieu entre l'archevêque d'Antananarivo, Odon Marie Razanakolona, et l'ambassadeur français, Christophe Bouchard. L'entrevue, dont une photo a été publiée sur le site de l'ambassade de France, a eu lieu le mardi 27 octobre dernier, à Andohalo, dans le bureau de l'archevêque d'Antananarivo, non moins président en exercice du Conseil œcuménique des églises chrétiennes ou FFKM. Haute en symbole, la rencontre entre les deux personnalités a vite fait le tour de la Capitale et fait l'objet de plusieurs supputations. Mais, selon l'ambassade de France, les échanges ont été focalisés sur les cultes et la présidence du Conseil œcuménique des églises chrétiennes.

Cabinet. L'ambassadeur français n'est pas venu seul à cette rencontre mais accompagné par Paul Maillot Rafanoharana qui y a assisté également. C'est ce que témoignent les images diffusées par l'ambassade de France sur les réseaux sociaux. Cet ancien officier de la gendarmerie française d'origine malgache, de plus en plus actif dans les coulisses du pouvoir depuis un certain temps, a fait son entrée dans l'arène durant la période transitoire en 2009-2013. En 2011, il a fait un bref passage dans le cabinet du Président de la Transition, en tant que « conseiller diplomatique ». Mais il n'y a pas fait long feu. La publication de sa photo durant cette réunion avec l'archevêque d'Antananarivo est-il alors un signe de son retour sur le devant de la scène ? En tout cas, les relations entre Paul Maillot Rafanoharana et Christophe Bouchard, ambassadeur de France, sont au beau fixe.

Observateur. L'ambassadeur de France s'intéresse-t-il alors au projet politique de la présidence du Conseil œcuménique des églises chrétiennes pour finir à s'entretenir avec celui qui tient les commandes, avec les autres leaders des églises réformée, luthérienne et anglicane, de cette institution religieuse la plus influente du pays. Cette dernière, dont le rayonnement recouvre le pays avec des millions de fidèles et des églises qui prédominent quasiment tous les villages. Faut-il dire que le FFKM est aussi un observateur privilégié du paysage politique national ? Il est toujours reconnu comme le défenseur d'un « vrai » processus de réconciliation nationale, fondé et objectif. Il a été également présent dans la médiation des différentes crises politiques dans le pays depuis 1991. En 2014, le Conseil a réussi à faire réunir autour d'une table Albert Zafy, Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana, Hery Rajaonarimampianina et l'actuel président de la République Andry Rajoelina.

Veto. Avant les élections de 2013, le Conseil œcuménique des églises chrétiennes aurait défendu auprès des états-majors politiques, encore plombés par la crise et la tension politique, un « vrai » processus de refondation et de réconciliation dans le pays, préalable à tous projets de consultations. Mais certaines chancelleries auraient mis leur veto contre cette initiative du conseil et ont mené un lobby pour que les élections générales de décembre 2013 aient lieu. Ils ont ensuite fait tout leur possible pour financer le processus électoral aboutissant à l'élection du président de la République et les nouveaux députés après la crise politique de 2009. Une démarche qui n'a pas été, selon certaines sources informées, du souhait du conseil œcuménique des églises chrétiennes qui, de par leur expérience depuis la médiation de la crise de 1991, aurait voulu « faire d'abord table-rase du passé et partir sur une bonne base, saine et durable, afin d'éviter les crises récurrentes dans le pays ». Et cependant le pays a retraversé une crise en 2018.

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