Cameroun: Accès à l'enseignement supérieur - Premiers pas dans l'inconnu

Comment les nouveaux étudiants peinent à trouver leurs marques dans un système d'enseignement et un univers qu'ils découvrent.

Rentrer dans un environnement où les emplois du temps sont différents de ceux du lycée ou du collège. Où la différence est tout aussi marquée dans la manière d'enseigner, de se vêtir, de se tenir ou d'avoir une place. C'est le quotidien silencieux de nombre de jeunes diplômés du secondaire qui franchissent les portes du supérieur. Franck Eric B. en fait la douloureuse expérience depuis trois semaines déjà. Lauréat d'un GCE Advanced Level à la session 2020, il ne sait toujours pas quoi faire. Après avoir réussi à un concours d'accès dans un institut privé, il a changé d'avis parce que réorienté vers une autre filière. A l'université, il ne trouve pas sa voie. Il croit voir la lumière dans le football, mais tient à ses études supérieures. Trop effrayé, il pense se prendre une année sabbatique en s'inscrivant en faculté.

C'est surtout la liberté de choisir qu'il n'avait pas envisagé. Jusqu'ici, tout paraissait clair dans le secondaire : le passage d'une classe à l'autre, les contrôles continus prévus, un cadre plutôt rigoureux. La liberté que semble offrir l'entrée au supérieur rime aussi avec une grande solitude. « Personne ne m'avait dit comment écrire sur un papier format, comment s'habiller ou qu'il fallait se battre pour avoir une place le plus tôt possible à l'amphithéâtre ». Céline P. n'a rien oublié de ses premiers jours en faculté de lettres à l'Université de Yaoundé I. La jeune dame, inscrite en lettres bilingues, se rêvait déjà interprète. Sauf qu'elle n'était pas prête à affronter sa timidité. « Aller à l'école en civil, être libre d'aller en cours ou pas, ne plus avoir de contrôle le vendredi. Tant de liberté à laquelle je n'étais pas préparée. Je me suis réfugiée auprès d'une autre timide comme moi et on a appris à être plus fortes ensemble », confesse-t-elle.

Plus de deux semaines après la rentrée académique, les établissements du supérieur s'adonnent encore à l'orientation de leurs futures recrues. Des étudiants souvent accompagnés de parents. « Nous prenons le temps de parler de nos offres aux personnes venues se renseigner pour les aider à choisir en connaissance de cause. Cela nous évite d'imposer une spécialité dans laquelle l'apprenant aura des blocages ou des déceptions plus tard », assure Tah Liberatus, directeur des affaires académiques et de la coopération à l'Institut universitaire Matamfen à Yaoundé. Pourtant, le pari n'est pas toujours gagné. Cela s'explique en partie par la jeunesse des nouvelles cohortes du supérieur. « La moyenne d'âge est de 17 ans pour les nouveaux étudiants à l'université. Sur une cuvée de 1000 étudiants, environ 70% rencontrent ce problème d'adaptation », confie un conseiller d'orientation à l'Université de Yaoundé I. Pour pallier l'indécision, une unité d'enseignement dédié aux projets professionnels et à l'entrepreneuriat est inscrite au programme dans cette université afin d'accompagner les bleus.

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