Congo-Brazzaville: Soupçons de débauchage - Le PPRD accuse, l'UDPS dément

Depuis que le chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi, a, dans son dernier message à la nation, annoncé la tenue des consultations des forces politiques et sociales les plus représentatives du pays en vue de recueillir leurs opinions à l'effet de créer une union sacrée de la nation, des appréhensions gagnent de plus en plus les rangs du Front commun pour le Congo (FCC).

Partenaire du cap pour le changement (Cach) dans la coalition au pouvoir, le FCC prête au chef de l'Etat l'intention de chercher à s'offrir une nouvelle majorité parlementaire pour gérer seul le pays et appliquer sa vision sans subir une quelconque contradiction. Au Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti phare du FCC, on est presque convaincu de ce qui est en train de se concocter dans les milieux présidentiels pour faire bouger les lignes dans un hémicycle numériquement acquis à la cause de la « kabilie ».

Plusieurs cadres de ce parti politique ne voient pas comment Félix Tshisekedi pourrait changer la donne parlementaire s'il ne procède pas au débauchage des députés et sénateurs FCC. « Il ne peut y arriver qu'en débauchant dans le camp de son partenaire, Joseph Kabila », s'enquit Ferdinand Kambere (secrétaire permanent adjoint du PPRD) qui, lors de ses dernières sorties médiatiques, a confirmé les tentatives de corruption dont seraient l'objet certains cadres du FCC.

« Certains membres du parti et même des élus ont dit clairement qu'ils sont en train d'être contactés par des personnes bien identifiées », a révélé l'intéressé tout en insistant sur les promesses d'enveloppe d'argent qui leur seraient offertes par leurs courtisans. « Les alliances se forment quand on va aux élections, ce n'est pas au milieu d'un mandat qu'il faut penser que c'est par les coups des billets de banque qu'il faut changer les gens de camp ! », avait-il tempêté récemment sur une radio émettant à Kinshasa. Pour lui, les plates-formes politiques se composent avant les élections, mais pas en plein milieu de mandat comme tente de le faire Cach.

A l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel et fer de lance du Cach, ces accusations à l'emporte-pièce sans preuve palpable, sont rejetées purement et simplement. « Les députés FCC sont juste fatigués avec la politique de mot d'ordre. La politique de débauchage, c'est la vie quotidienne du PPRD », a répondu le secrétaire général de l'UDPS, Augustin Kabuya, également par la voie médiatique. « Peuvent-ils nous dire comment ils ont travaillé avec l'ex-Premier ministre Bruno Tshibala ? Est-ce que l'UDPS avait signé un PV de transfert ? » s'est interrogé ce cadre de l'UDPS tout en invitant ses partenaires du FCC à arrêter avec ce qu'il a qualifié de « distraction inutile ».

Tout en déplorant le fait que les dirigeants de la plateforme de Joseph Kabila pensent que leurs députés ne peuvent pas réfléchir avec leur propre conscience, Augustin Kabuya estime que les partenaires du FCC sont plutôt en train de constater que la réalité est toute autre en dehors de la politique du mot d'ordre. « Les députés FCC sont juste fatigués avec la politique de mot d'ordre. La politique de débauchage, c'est la vie quotidienne du PPRD », a-t-il asséné tout en ajoutant que son parti, l'UDPS, n'a pas cette culture du débauchage. Cette escalade verbale est partie de la dénonciation faite par le PPRD à l'issue d'une réunion organisée le 27 octobre selon laquelle ses députés et sénateurs seraient actuellement courtisés à coup de promesses d'argent par des personnes bien identifiées pour rallier le camps de l'actuel chef de l'Etat.

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