Congo-Brazzaville: Navigation - Les tracasseries des agents publics paralysent le trafic fluvial

En déplacement le week-end dernier à Mossaka, dans le département de la Cuvette, la ministre en charge des Transports, Ingrid Ghislaine Olga Ebouka-Babackas, a fustigé le comportement de certains agents publics qui prélèvent des taxes illégales et rançonnent les commerçants et les usagers des voies navigables.

Le port secondaire de Mossaka est l'une des principales installations portuaires de l'hinterland, facilitant le trafic des marchandises en provenance de Brazzaville vers l'intérieur du pays. Ce port qui faisait vivre l'économie locale se trouve dans un état de dégradation. Il est également victime de l'ensablement qui freine la fluidité du trafic, de la vétusté des quais avec des grues en mauvais état.

La ministre des transports menace de fermer le port de Mossaka si les tracasseries continuent de perdurer. « Tous les services de l'État qui interviennent directement ou indirectement dans la gestion du port de Mossaka doivent améliorer leur performance et se conformer à la loi. Qu'on arrête de blaguer avec le port de Mossaka, en inventant des taxes. Les personnes qui ne sont pas assermentées à agir sur le port doivent arrêter d'y être. Si la pagaille ne cesse pas, je vais fermer le port », a averti Ingrid Ghislaine Olga Ebouka-Babackas.

C'est le même constat au niveau du débarcadère de Yoro et du port autonome de Brazzaville, où les agents de police et de la douane imposent des taxes aux usagers. À l'entrée comme à la sortie de ces ports, les commerçants sont obligés de payer des tickets en plus des taxes imposées sur les marchandises. Il y a quelques années, la Commission internationale du bassin du Congo-Oubangui-Sangha (Cicos) tirait la sonnette d'alarme à ce sujet. Chargée de la promotion de la navigation intérieure, la Cicos a même suggéré l'organisation des campagnes de sensibilisation à l'endroit des armateurs, des forces publiques et des commerçants.

Cri de cœur au port d'Oyo

Près de trois ans après sa mise en service, le port secondaire d'Oyo peine à se dynamiser en raison de l'absence de certaines redevances et des textes. Lors d'une rencontre avec la ministre Ingrid Ghislaine Olga Ebouka-Babackas, le 24 octobre, le personnel du port a sollicité un soutien du gouvernement pour pouvoir booster les activités portuaires. Les gestionnaires du port ont également réclamé une autonomie de gestion afin d'améliorer la performance et les recettes portuaires.

Réalisé grâce à un cofinancement du Congo (20%) et de la Chine (80%), estimé à près de 50 milliards de francs CFA, le port d'Oyo est doté d'un quai de 440 mètres linéaires. Il est censé faciliter l'acheminement des produits vers Brazzaville, les villes de Kinshasa et Kisangani en République démocratique du Congo (RDC) ou encore vers Bangui en République centrafricaine (RCA). À partir du port d'Oyo, on peut également atteindre facilement le Gabon et la région sud du Cameroun.

L'installation portuaire fait aussi face à un défi sécuritaire. « Le commissariat du port doit fonctionner pour assurer la sécurité des installations portuaires et des marchandises. Cela pourrait éviter la création de port illicite au cas où les passagers ou les marchandises arrivent et que les conditions de sécurité ne sont pas réunies. Il faut la présence des agents des eaux et forêts pour s'assurer de la protection de la faune et des ressources halieutiques », a signifié la ministre en charge des Transports.

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