Cameroun: Tensions à Foumban - Le Rdpc fait le procès de l'Udc

30 Octobre 2020

Le parti au pouvoir s'insurge contre les actes d'incivisme perpétrés dans la ville mercredi dernier, et réaffirme son soutien au respect des institutions de la République.

Dans une déclaration rendue publique le 22 septembre dernier, l'élite politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de la Section Noun I, a réaffirmé son attachement aux valeurs républicaines, suite aux tensions survenues dans la ville de Foumban mercredi dernier.

Aussi, les « actes d'incivisme, de défiance des institutions de la République et du représentant de l'Etat » organisés par le maire de la ville de Foumban, Patricia Tomaïno Ndam Njoya et les partisans de l'Union démocratique du Cameroun (Udc), sont vivement condamnés.

Le document cosigné par le président de section Noun I, Monta Moussa et le délégué permanent départemental du Rdpc, Daniel Njankouo Lamère, indique que dans la matinée du 21 octobre 2020, de engins de la mairie ont bloqué la circulation sur l'axe principal de la ville.

De plus, ajoutent-ils, le marché central de Foumban a été fermé et les commerçants « mus par l'esprit de violence » ont envahi la préfecture de la ville.

Face à ces agissements, la section Rdpc Noun I rappelle que « le Cameroun est un Etat de droit ». Par conséquent, toutes les institutions doivent se soumettre aux lois et règlements en vigueur dans la République.

Le parti au pouvoir condamne donc les actes inciviques, antipatriotiques et antirépublicaines dont la ville de Foumban a été le théâtre et qui mettent à mal la paix sociale.

L'élite politique apporte par ailleurs son soutien à l'autorité administrative du Noun et invite les populations du département au calme, « à la retenue et surtout au respect des lois et règlements de la République ».

Enfin, Daniel Njankouo Lamère et Monta Moussa exhortent les forces vives à être derrière le président Paul Biya, «apôtre de paix et infatigable architecte de la décentralisation et du développement local ».

Police municipale

Les tensions de mercredi dernier trouvent leur origine dans l'ambition de mettre en place une police municipale au sein des communes du syndicat des communes du Noun. Une démarche à laquelle s'est toujours opposé le préfet du Noun, Donatien Bonyomo.

En sa qualité de premier responsable du syndicat des communes du syndicat des communes du Noun, le maire Patricia Ndam Njoya avait saisi par correspondance datée du 25 août 2020, le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, pour arbitrage.

En réponse, Georges Elanga Obam informait l'exécutif municipal de Foumban que le « recrutement et la formation d'agents dédiés à la police municipale sontsubordonnés à la création d'un service de police municipale suivant les modalités déterminées par l'article 216 de la loi no2019/024 du 24 décembre 2019 portant code général des collectivités territoriales décentralisées et au parachèvement du juridique y relatif par signature du décret organisant ce service ».

En clair, le ministre s'opposait à l'initiative de Patricia Ndam Njoya et l'invitait à respecter les lois en vigueur.

Une seule solution se présentait à l'édile de Foumban : le passage en force. C'est ainsi que mercredi dernier, elle a organisé une séance de formation des agents d'hygiène, du tourisme, et ceux de la police municipale.

Le préfet va interrompre la formation et faire d'ailleurs interpeller le « formateur ».

Alertés, les militants de l'Union démocratique du Cameroun (Udc) et les responsables du parti sont sortis dans la rue pour protester contre l'interpellation du « formateur », avant d'assiéger les services de la préfecture.

Le calme reviendra au terme d'une réunion de crise organisée par le préfet en présence du procureur de la République, et des responsables de l'Udc. Un calme précaire, dit-on de ce côté-là.

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