Burkina Faso: Attention, je serai candidat !

29 Octobre 2020

Ça y est, c'est décidé, je serai candidat, qu'il pleuve ou qu'il neige, qu'il soit trop tôt ou tard. J'ai eu une révélation après la révolution et depuis l'insurrection, j'ai déjà l'onction des jeunes de mon quartier, sans compter les bénédictions de mes ancêtres et parents au village.

Depuis l'avènement des événements du soulèvement pour le changement, mon engagement est sans ressentiment. Et là je ne mens pas du tout ! Je sens en moi un leader et tant pis pour ceux qui me traitent de dealer ; je suis le brave du thriller, le seul candidat qui mérite vos mandats, parce que je suis l'homme du combat final ; je suis un free-lance politique et après avoir roulé ma bosse dans la plupart des partis politiques, je suis l'expérimenté et non le nomade qui mange à tous les râteliers. Je suis assez aguerri après avoir flirté avec la majorité et l'opposition. J'ai créé mon propre parti en guise de repartie et pour prendre à partie tous ceux qui sabordaient ma carrière au sein de mon ex-parti.

Voilà pourquoi je suis parti. Je serai président, même si certains pensent que ma cote de popularité est en dents de scie. Même si ça fait grincer des dents. Je n'ai pas une dent contre quelqu'un dans ce pays. Pourquoi le peuple ne me voterait pas ? Pour le moment, mes militants sont clairsemés dans l'espace et le temps et sont en mi-temps, mais ce n'est pas pour autant que la courbe de ma popularité est intermittente ! Ecoutez, au fond, je suis le plus percutant de ceux qui se croient titans. Mes détracteurs racontent des contes sur mon compte et certains exagèrent même sur la valeur de mes comptes en commettant des tas de mécomptes dans leur décompte.

Mais en vérité, je n'ai que quelques milliards en dollars qui traînent dans quelques magasins d'argent en Occident ! Les mauvaises langues parlent de paradis fiscaux comme si j'étais déjà mort pour mériter le paradis. Je n'ai pas de paradis fiscal et je paie mes impôts chaque fois que les journaux attirent mon attention. Oui, j'ai aussi construit en Occident, mais est-ce pour autant un incident excédant ? Ici au Faso, je n'ai que quelques parcelles dans mon escarcelle et je défie ceux qui me harcèlent d'apporter les preuves du contraire.

En dehors des lopins départagés entre copains, le reste de mes parcelles ne porte même pas mon nom mais celles de mes femmes, mes enfants, mes petits-fils et autres marmailles fraudées. J'ai aussi farfouillé dans quelques caisses de menues dépenses mais ce n'était que de mini-dépenses à six ou sept chiffres ! Je veux dire une broutille, enfin... une peccadille à la taille de brindille ! Honnêtement, je vous le dis, je ne suis pas un voleur de la République ; je ne suis qu'un citoyen intègre, victime de mes adversaires politiques. De toute façon, chaque fois que je suis cité dans un rapport,...

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