Gabon: "Dieu leur a-t-il fait boire le calice jusqu'à la lie ?"

30 Octobre 2020

La crise entre le gouvernement et les confessions religieuses a connu son épilogue. Tout est dit et écrit. Même si certains restent avec le gout parfois amer de la lie.

Tel est pris qui croyait prendre. Le gouvernement vient de reculer. Entre autoritarisme et autorité, le choix est fait. Les communautés religieuses ne recevront pas des injonctions dans le déroulé du cérémonial lié à leur liturgie.

En clair, les confessions religieuses devront, selon ce qui ressort de la séance de travail entre le gouvernement et les « hommes de Dieu », organiser eux-mêmes leurs cultes dans le strict respect des mesures préventives liées au Covid-19.

Le Chef de l'Etat a dit. C'est écrit. La décision est prise. « Qui a finalement bu le calice jusqu'à la lie ? » s'interrogent certains observateurs de la vie socio-politique gabonaise. « Leur humilité n'a pas précédé la gloire.

L'orgueil a aveuglé certains et, bonjour la déchéance » commentent quelques fidèles chrétiens. Ils se rendent à l'évidence et font leur, la pensée de Montesquieu qui soutient que « le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu, rend absolument fou ».

Le 25 octobre 2020 restera dans la mémoire collective des Gabonais. Ils se souviendront qu'il y avait eu, en cette dominicale journée, une guerre froide entre les Catholiques et les forces de l'ordre.

Les premiers voulant prier, adorer et louer, les seconds quant à eux, les empêchant de le faire, au motif des restrictions gouvernementales contre la pandémie à Coronavirus.

Ce 30 octobre, mosquées, temples et églises vont rouvrir leurs portes aux fidèles, sept mois après leur fermeture. Une victoire pour les leaders religieux qui, durant la journée du 25 octobre avaient préféré obéir à Dieu et non aux hommes.

Cette décision de dire non aux « menaces » du gouvernement par l'entremise du ministère de l'Intérieur, a donné raison aux « hommes de Dieu ».

Le gouvernement a subi un revers que personne n'attendait. Les ministres ont déchanté. De nouveaux allègements ont été donnés. Le test de négativité a été supprimé, et le déroulement de la messe a été aussi revu.

En sommes - « Les chrétiens catholiques vont continuer à prendre la communion pendant les célébrations eucharistiques. - La dîme ne sera plus payée par money électronique. - Le test de négativité au Covid-19 ne sera plus obligatoire à l'entrée des lieux de culte ».

A présent que les lieux de culte s'apprêtent à rouvrir leurs portes, on peut aisément dire de quel côté est la main de Dieu.

Et au final, on pouvait entendre les fidèles chrétiens chanter : « Tu règnes dans les Cieux. Tu règnes sur la Terre. Aucun esprit ne peut tenir devant Toi. Ton nom est l'Eternel des Armées... »

Plus de: Gabonews

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.