Burkina Faso: Le Plan blanc du CHR de Dédougou, testé à travers un exercice de simulation

Le Burkina Faso fait de plus en plus fréquemment face à des catastrophes naturelles, telles les inondations, les vents violents, les éboulements dans les sites d'or artisanal. A ces catastrophes naturelles, s'ajoutent les accidents de la circulation, particulièrement avec les transports en commun, les agressions terroristes avec parfois de nombreuses victimes affluant vers les formations sanitaires.

Conscient de l'importance d'une bonne planification et d'une bonne préparation pour une réponse efficace aux situations sanitaires exceptionnelles, le ministre de la santé, a depuis une dizaine d'années, instruit les formations sanitaires d'élaborer, chacune, un Plan blanc.

Si les formations sanitaires ont formellement exécuté cette instruction, aucune n'a testé la validité de son plan blanc à travers des exercices de simulation.

En décembre 2019, le centre hospitalier régional de Dédougou a mis à jour son plan blanc ; il restait à le tester pour vérifier son applicabilité pratique sur le terrain et éventuellement le réajuster.

C'est dans ce cadre que la Direction régionale de la santé de la Boucle du Mouhoun, en collaboration avec une équipe d'experts du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS) et de l'Organisation mondiale de la santé, avec l'appui financier de la protection civile et opérations d'aide humanitaire européennes (ECHO), ont organisé, le 14 septembre 2020, un exercice de simulation.

Il s'est agi plus spécifiquement de vérifier : la promptitude pour déclencher ce plan en cas de catastrophe, le délai de mobilisation de la cellule de crise, l'aptitude de mobilisation des ressources, ainsi que la capacité des services à prendre en charge des patients en cas de catastrophe.

Pour atteindre les objectifs de simulation, les participants,110 au total, composés d'acteurs de la santé et des acteurs d'autres secteurs (Police, communication), ainsi que des personnes jouant le rôle des blessés et parents des blessés, devaient se soumettre à l'exercice suivant : « Un car de transport de voyageurs de 70 places a fait un accident, ce jour, au niveau du village de Souri, sur la route Dédougou-Bobo-Dioulasso, situé à 5 Km de la ville de Dédougou.

L'accident a entraîné 05 décès sur place, 20 blessés graves et 05 blessés légers. L'alerte a été donnée par un témoin à la formation sanitaire locale et le Centre Hospitalier Régional (CHR) a déclenché son Plan blanc à l'effet de faire efficacement face à cette situation sanitaire exceptionnelle. »

Pour l'exercice, l'équipe a élaboré un scénario détaillé comportant des « injects » destinés à assurer la progression des actions et à tester la réactivité de l'institution et des acteurs à l'aide d'une grille d'observation.

Pour ne pas biaiser l'évaluation du plan blanc, l'équipe a pris soin de ne pas partager ces outils avec les acteurs impliqués dans l'exercice.

Le CHR a donc été informé de l'accident ci-dessus raconté et s'est mis à dérouler son Plan blanc sous l'œil des observateurs de l'exercice de simulation. A la fin de l'exercice, une séance de restitution a été organisée faisant le point des principales insuffisances et des bonnes pratiques relevées.

Il ressort globalement de cette restitution une maitrise insuffisante du plan par certains acteurs du CHR. Il a été recommandé une large diffusion du plan et son appropriation par l'ensemble du personnel afin d'améliorer les capacités de réponse de l'établissement aux situations sanitaires exceptionnelles.

M. Gustave DABIRE, Directeur général du CHR de Dédougou, a dit toute sa satisfaction de voir cet exercice de simulation se réaliser dans son établissement. Il a remercié l'ensemble des participants et tous partenaires qui n'ont ménagé aucun effort afin que cette activité se tienne.

Il a ensuite pris l'engagement de travailler avec ses équipes pour corriger les manquements notés de sorte que le CHR de Dédougou soit plus prêt à faire face à toute éventuelle situation d'urgence sanitaire exceptionnelle.

Dr Simon SANOU, gestionnaire de l'incident de la crise humanitaire au CORUS a rappelé que le plan blanc est un plan d'urgence visant à faire face à une sollicitation inhabituelle le plus souvent une demande de soins et de services de santé soudaine, très élevée et urgente d'un hôpital : un afflux massif de victimes d'un accident ou d'une catastrophe (chimique, physique... ), d'une attaque terroriste, d'une épidémie ou d'un événement climatique meurtrier comme une canicule, les éboulements, etc. cet exercice permet de voir la capacité de la structure à gérer ces urgences complexes ainsi que la réaction des agents de santé face à certaines situations et d'identifier ce qui compromet une réaction prompte et efficace afin de formuler des recommandations.

Cet exercice de simulation « grandeur nature » qui est le premier réalisé par une formation sanitaire du Burkina devra servir de référence pour les autres formations sanitaires, pour tester leurs Plans blancs.

Le professeur Nazinigouba OUEDRAOGO, Directeur de l'exercice, s'est exprimé en ces termes « Nous ne souhaitons pas vivre ces évènements mais il convient de vérifier la promptitude et la capacité des services à prendre en charge des patients en cas de catastrophe ».

Dr GOUNABOU Liliane Marie, Conseillère technique, représentant Le Ministre de la Santé, a félicité l'ensemble des acteurs, adressé les remerciements du Ministère de la Santé à l'OMS et à la protection civile et opérations d'aide humanitaire européennes (ECHO), et souligné l'importance de ces types d'exercice qui permettent d'améliorer l'offre de soins d'urgences dans les structures sanitaires. Elle a ajouté que le Département de la santé veillera à la réalisation de ces exercices dans d'autres CHR dans le cadre de la mise en œuvre du plan blanc des CHRs des régions à sécurité précaires.

Dr Babou BAZIE, consultant pour le compte de l'OMS, a tenu à féliciter la DRS de la Boucle du Mouhoun, l'équipe de la DG du CHR de Dédougou pour son engagement à exécuter ce plan blanc et aussi a remercié le partenaire, ECHO, pour avoir contribué énormément au financement de l'activité à travers l'OMS. Il a encouragé tous les acteurs à s'approprier le plan blanc qui devra être réajusté en tenant compte des amendements apportés lors de l'exercice de simulation. Il a appelé les autres partenaires à apporter leur appui aux acteurs régionaux pour tester leurs plans blancs.

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