Zimbabwe: Lutter contre les faux certificats de vaccination à l'aide de technologies de pointe

Harare — Au principal terminus de bus d'Harare, la capitale du Zimbabwe, les voyageurs se rendant en Zambie voisine peuvent être tentés par des offres de faux certificats de vaccination de voyage.

Un marché noir florissant y propose de fausses attestations de vaccination pour un montant de 15 à 20 dollars US, explique Dr Integrity Mchechesi, qui collabore avec une entreprise de technologies dans la lutte contre la contrefaçon.

Les faux certificats de vaccination de voyage peuvent mettre des vies en danger et compromettre considérablement la lutte contre les maladies.

« Nous estimons qu'environ 80 % des carnets de voyage pour la fièvre jaune au Zimbabwe sont contrefaits », déclare Dr Mchechesi, cofondateur et responsable de l'innovation chez Vaxiglobal, un cabinet conseil en santé des voyageurs.

Vaxiglobal travaille avec des laboratoires au Zimbabwe et en Zambie, des compagnies aériennes et des entreprises de technologies pour mettre en place un système de vérification numérique sûr et homologué pour la vaccination des voyageurs.

Basée sur la technologie des chaînes de blocs, un système de stockage et de transmission d'informations décentralisé, la base de données ne peut être modifiée.

« Il est souvent impossible aux autorités frontalières surchargées de vérifier les noms des médecins et le lieu supposé des vaccinations, par téléphone ou par courrier électronique », explique Dr Mchechesi, également médecin résident à l'hôpital central de Parirenyatwa à Harare.

« Après la vaccination, les laboratoires créent un enregistrement numérique dans notre système. Le voyageur reçoit un code QR physique ou électronique, qui est instantanément vérifié par les autorités frontalières.

Ces dernières peuvent ainsi déterminer le lieu et la structure sanitaire d'administration du vaccin ainsi que son numéro de lot. Ceci garantit l'authenticité de chaque vaccin ».

Selon Dr Mchechesi, de nombreux vaccins restent inutilisés au Zimbabwe, ce qui pousse les fabricants à augmenter le prix de production. En réduisant le nombre de vaccins non utilisés, l'initiative vise, à terme, à contribuer à faire baisser le prix de ces produits.

Le système de vérification numérique est entré en service début 2020 et, en avril, l'équipe a travaillé avec des laboratoires de tout le Zimbabwe pour l'utilisation du système, en vue d'une certification COVID-19.

Plus de 1500 certificats ont été vérifiés depuis, et sept compagnies aériennes ont désormais recours au système à l'aéroport international Robert Mugabe d'Harare. Alors que d'autres ports du Zimbabwe rouvrent, l'équipe ambitionne d'étendre cette technologie sous la direction du ministère de la santé.

« Nous avons récemment reçu l'approbation du gouvernement du Zimbabwe. C'est une vaste opération maintenant que les frontières sont ouvertes entre de nombreux pays africains », déclare Dr Mchechesi.

« Tous les voyageurs doivent être munis d'un certificat de vaccination à jour et notre système devrait contribuer à réduire les taux de transmission entre les pays ».

L'équipe de Vaxiglobal est en pourparlers avec le gouvernement sud-africain en vue d'un lancement éventuel dans ce pays et même d'un possible déploiement dans les 15 États membres de la Communauté de développement d'Afrique australe.

L'équipe collabore avec des sociétés de données biométriques, pour simplifier davantage la vérification grâce à un système de données biométriques basé sur le cloud, ne nécessitant même pas de codes QR.

Vaxiglobal travaille avec l'équipe d'innovation de l'Organisation mondiale de la santé, pour l'Afrique pour façonner, développer et étendre l'initiative, depuis 2018.

« Il est fascinant de voir le modèle commercial évolutif de Vaxiglobal se concentrer sur la maximisation de l'impact sur la santé de la population africaine », déclare Dr Moredreck Chibi, conseiller en innovation au bureau régional de l'OMS pour l' Afrique.

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