Togo: "Consommer vêtements togolais", Gerry Taama est lassé !

« Consommer Togolais » est passé du cap d'une simple expression et est entré progressivement dans les habitudes du togolais courant ce mois d'octobre.

Lancée à la base comme slogan pour inciter la population togolaise à aimer et promouvoir les produits du terroir, le "Consommer local" semble plus impacter le domaine vestimentaire des personnalités qui avaient déjà pris le goût des costumes occidentaux modernes.

C'est le cas du député Gerry Taama qui, fatigué d'entendre les jugements de l'opinion à l'endroit des autorités qui adoptent les mêmes habitudes vestimentaires en ce mois d'octobre, est venu dire « ses vérités » sur le concept.

« Le mois d'octobre n'a qu'à finir et on va respirer un peu. Tu ne peux plus rien porter sans entendre l'observation fatidique : il faut consommer local. Une cravate par ici ? Est-ce que c'est local ? Une veste ? Woooyi !

Ce n'est pas local », a-t-il entamé dans une publication sur sa page Facebook et d'interroger : « Finalement, qu'est-ce qu'il y a de vraiment local dans nos vêtements de tous les jours au Togo » ?

Les premières remarques ont été faites le jour de la cérémonie du lancement du « Mois du consommer local ». En effet, la plupart des autorités présentes ce jour étaient en costume et bien sûr les esprits avisés ont eu à déplorer l'échec de l'organisation de l'évènement.

D'autres points négatifs ont été relevés depuis le 06 octobre, jour du lancement jusqu'aux derniers jours du « consommer local » emmenant le député Gerry Komandega Taama à « clarifier » certaines choses en ce qui concerne le « consommer vêtements togolais ».

« Nos sous-vêtements ne sont pas togolais, pour commencer. Ensuite, les quelques tissus tissés localement, comme le batakali de l'honorable Tetou debout à côté de moi, non seulement manquent de variété, mais aussi ne sont pas très aérés et restent quand même peu fonctionnels, avouons-le.

Un t-shirt sera toujours mieux à porter rapidement pour faire une balade dans le quartier qu'un lourd batakali. Attention, il y'a plusieurs tissus africains tissés, mais leur faible souplesse est souvent liée à la nature rudimentaire des métiers à tisser », a relevé le président du parti NET.

Pour l'élu, le Togolais comme les Africains clament tous les jours leur authenticité, originalité mais en restant toutefois dépendants de l'extérieur. Ainsi, « plusieurs personnes pensent, à tort, que le pagne est africain. Il a longtemps été fabriqué en Hollande, et à présent, en Chine.

Le pagne est le plus gros échec du continent noir africain. Voici donc un produit qui est consommé presque exclusivement par les Africains noirs, soit 1 milliard de personnes, mais nous n'avons jamais réussi à le produire en qualité et quantité en Afrique, malgré un si énorme marché ».

Par ailleurs, « Quand vous allez dans les grandes galléries internationales, vous trouvez du japonais, du chinois, du mexicain, de l'indien, mais rarement du prêt à porter africain, même avec du tissus importé...

D'ailleurs, si j'avais le numéro personnel du bon Dieu et que je pouvais lui demander de faire disparaître tout ce qui n'est pas togolais de nos vêtements, nous allons tous nous retrouver nus ici et on va avoir honte. C'est ça la vérité », a conclu le député du groupe parlementaire NET-PDP.

Plus de: Télégramme228

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