Congo-Kinshasa: «Congo n'est pas à vendre» dénonce la signature du contrat sur les passeports

En République démocratique du Congo, les autorités s'étaient engagées à ne pas resigner avec SemLex, une société belge liée à Joseph Kabila, pour la fabrication des passeports.

Mais finalement, selon les informations du « Congo n'est pas à vendre », la plateforme de lutte contre les détournements, Kinshasa va resigner avec cette même société, ou du moins sa filiale en RDC, LOCASEM.

Avec la signature du contrat sur les passeports biométriques avec LOCASEM, la filale en RDC de SemLex, le passeport congolais passerait de 185 à 100 dollars.

Pour « Congo n'est pas à vendre », plateforme d'organisations de la société civile congolaise et étrangère, cela reste trop. Il ne faut pas signer, et surtout pas en catimini.

« Trois raisons principales pour ne pas signer avec SemLex, insiste Jean-Paul Mputu, le porte-parole de la plateforme, au micro de notre correspondante à Kinshas, Sonia Rolley.

La première, c'est que le premier contrat est fortement entaché de corruption. Des millions d'argent des Congolais ont été détournés, à cause et par le canal de SemLex. C'est inadmissible. »

Deuxième raison pour Jean-Paul Muptu : « Un audit de ses premiers contrats n'a pas été fait. La population n'a pas du tout été informée du contenu de l'audit et des résultats de ce premier contrat, des obligations des uns et des autres. Et la troisième raison, c'est qu'il n'y a eu aucun appel d'offre.

Donc le nouveau contrat a encore été fait dans une opacité totale, sans connaître les tenants et les aboutissants. »

« Amateurisme du gouvernement »

Le porte-parole de la plateforme « Congo n'est pas à vendre » souligne le danger de cette absence de transparence : « Nous ne voulons absolument pas qu'il existe encore des rétrocommissions dans les nouveaux contrats, car malgré la baisse du prix des passeports, on veut tout savoir et l'exigence de la transparence est quelque chose qui pour nous est non négociable. »

Jean-Paul Muptu dénonce ainsi « l'amateurisme » dont « fait preuve le gouvernement ». Selon le porte-parole, « il promet des choses qu'il ne réalise pas.

À cause de cela, des milliers de Congolais ont perdu leur travail, ont risqué leur vie, ont perdu des opportunités, parce que SemLex a fait chanter le gouvernement. Le gouvernement lui donne raison, parce que c'est avec lui qu'il resigne. ».

Selon les informations de RFI, un contrat ou un avenant de contrat serait bien en cours d'approbation avec SemLex. Ce qui devrait permettre le rétablissement de la production de passeports, suspendue depuis cinq mois.

Plus de: RFI

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