Centrafrique: La mission de haut niveau UA-CEEAC-ONU repart confiante

Des femmes Casques bleus servant au sein de la MINUSCA en République centrafricaine.

Le sous-secrétaire général des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, le commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union Africaine (UA), Smail Chergui et le président de la Commission de la Communauté économique de l'Afrique centrale (CEEAC), Gilberto da Piedade Veríssimo, ont achevé, le 30 octobre, leur mission de trois jours en République centrafricaine.

Au cours de leur séjour de travail en RCA, les chefs de mission de l'UA, la CEEAC et l'ONU ont rencontré le président Faustin Archange Touadéra, les leaders religieux et les représentants de la société civile, y compris les groupes armés pour examiner ce qui entrave la mise en œuvre de l'accord de paix, et échanger sur le processus électoral.

Le souhait du Commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union Africaine (UA) est que « tous les citoyens puissent converger en ordre vers les élections dans le respect de la loi et dans le respect d'autrui. Chacun aura l'occasion d'exprimer son point de vue politique, mais à travers les urnes et pacifiquement ».

Sur la question des réserves de la Coalition de l'opposition démocratique 2020 (COD-2020) face aux garanties d'inclusivité et de sécurité du processus, Smail Chergui a révélé, qu'ils ont eu un « débat franc » avec eux. « Nous avons noté que plus personne ne demande ni le report ni un boycott quelconque des élections », a-t-il indiqué.

Evoquant l'Accord pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA), le secrétaire général adjoint aux opérations de paix, a, quant à lui, indiqué qu'il y a eu des avancées. « Nous partons confiants, mais conscients des défis », a dit Jean-Pierre Lacroix.

Cependant, à l'endroit des personnes selon lesquelles l'enrôlement des électeurs ne garantit pas la bonne marche du processus, le président de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale , Gilberto Da Piedade Veríssimo, a précisé que la sous-région refuse que l'on dénie au peuple centrafricain son droit de voter et de vivre en paix. Selon lui, les messages qui sont contraires à un climat apaisé sont contre le peuple centrafricain.

D'ailleurs, a-t-il rappelé, « la situation en RCA sera à l'agenda de la prochaine conférence des chefs d'Etats d'Afrique centrale ; réunion à l'issue de laquelle une déclaration sera faite sur la situation dans le pays ».

Le processus électoral au cœur de la mission

Les ambassadeurs des pays de la sous-région, par ailleurs garants de l'APPR-RCA, le G5+ et les groupes armés ont également échangé avec la délégation.

Avec des membres du gouvernement, réunis autour de la ministre de la Défense, Marie-Noelle Koyara, assurant l'intérim du Premier ministre pour la circonstance, les échanges ont essentiellement porté sur l'APPR-RCA et les prochaines élections. A cet effet, la ministre a plaidé pour qu'« une sanction s'impose contre les fauteurs de trouble afin de les contraindre à respecter leurs engagements».

Le soutien de la communauté internationale à la RCA a été réaffirmé, et la contribution des députés au processus électoral fortement saluée. « Nous avons eu à relever un effort gigantesque des parlementaires en adoptant toutes les lois prévues dans l'Accord de paix ; des lois nécessaires pour l'organisation des élections, en permettant à l'ANE d'avoir un mois supplémentaire pour l'enrôlement des électeurs », a fait remarquer Smail Chergui.

Pour sa part, le président de l'Assemblée nationale, Laurent Ngon Baba a insisté sur la nécessité de créer un cadre sécuritaire favorable à la libre circulation des candidats en période de campagne. A cet effet, il s'est dit rassuré de l'existence d'un Plan de sécurisation intégrée des élections, qui permettra d'atteindre ces objectifs.

Les représentants de la classe politique, considérés comme les principaux acteurs du processus électoral, ont, tour à tour partagé leurs appréciations du climat sociopolitique et sécuritaire, à la veille des échéances électorales.

Avec l'opposition, les interventions ont principalement tourné autour de la sécurisation du processus électoral et de son inclusivité, sur le vote des réfugiés ainsi que sur la nomination des onze nouveaux commissaires électoraux de l'Autorité nationale des élections (ANE). La mouvance présidentielle s'est, quant à elle, réjouie à l'issue des discussions d'avoir « reçu des garanties du côté de la communauté internationale sur la tenue de ces élections à bonne date, mais aussi sur la sécurisation du processus ».

La délégation UA-CEEAC-ONU a également rencontré les femmes leaders et la société civile centrafricaine, avec qui, elle a échangé sur la Covid-19, les élections, les violences basées sur le genre, la contribution des femmes aux différentes sphères de décision, etc.

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