Congo-Brazzaville: Très bien, et maintenant ?

Que le 27 octobre 1940, jour historique où le général de Gaulle fit de Brazzaville la « Capitale de la France libre », ait marqué un tournant décisif dans la conduite de la Deuxième Guerre mondiale par les puissances qu'agressaient Adolf Hitler ne fait aucun doute. Mais que le 27 octobre 2020, qui a commémoré ce grand évènement, marque un autre tournant est tout aussi vrai.

Voulues par la plus haute autorité du Congo, le président Denis Sassou N'Guesso, organisées en liaison étroite avec l'ambassade de France et la Fondation Charles de Gaulle, les manifestations très diverses qui ont marqué cette commémoration ont en effet démontré, du côté français comme du côté africain, la volonté de faire revivre cette page de l'Histoire qui n'a pas seulement contribué de façon décisive à rendre à la France sa liberté volée par les Nazis mais qui a lancé simultanément le long processus devant permettre aux pays africains de reprendre en main leur destin deux décennies plus tard.

La lecture attentive des allocutions qui ont été prononcées mardi dernier dans la salle de conférences du Palais des congrès lors de la séance d'ouverture du Colloque scientifique consacré à cette « Mémoire partagée » par les chefs d'Etat et les Premiers ministres des pays de l'Afrique centrale, par le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, par la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, par le président de la Fondation Charles de Gaulle, cette lecture donc fait apparaître de façon claire que loin de clore cette page de l'Histoire la plonger dans ce passé commun doit permettre de franchir de nouvelles étapes dans la coopération qui unit aujourd'hui l'Afrique et l'Europe.

Pour dire, ou plutôt écrire les choses de façon plus claire, les différentes actions qui ont marqué le quatre-vingtième anniversaire du Manifeste de Brazzaville ont ouvert la voie à une réflexion très concrète sur le resserrement des liens entre la France et l'Afrique centrale, mais sans doute aussi entre l'Europe et l'Afrique dans son ensemble.

La messe célébrée lundi à la Basilique Sainte-Anne par les prélats de cette partie du continent, la séance d'ouverture du Colloque mardi et les travaux qui ont suivi, la magnifique soirée organisée le soir même à la Basilique Sainte-Anne, les échanges entre historiens et universitaires qui se sont poursuivis mercredi et ont été clôturés en fin de journée par la lecture des conclusions du Colloque, la remise jeudi matin de la Croix de la Lorraine à la Fondation de Gaulle, le périple entrepris simultanément grâce à l'Institut français dans les lieux de mémoire où la France Libre prit sa véritable dimension et enfin l'ouverture dans le hall de la mairie de l'exposition consacrée à « Radio Brazzaville » qui fut la porte-parole du général de Gaulle, toutes ces actions ont débouché sur la même conclusion : le passé commun que nous avons vécu doit nous amener tous à réfléchir au futur proche et lointain qui nous permettra de progresser.

Mieux comprendre le passé afin de mieux préparer l'avenir : tel était l'objectif que s'étaient fixé les organisateurs de la semaine hors pair que nous venons de vivre à Brazzaville. Pari gagné !

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