Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du point presse sur la Covid-19 - 30 octobre 2020

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L'OMS suit de près l'évolution de la situation en Grèce et en Turquie après le tremblement de terre survenu aujourd'hui.

Au cours des derniers mois, j'ai entendu le témoignage de personnes qui subissent les effets à moyen et long terme de l'infection par le virus de la COVID-19. L'OMS continuera d'approfondir ses recherches pour établir les meilleures normes de soins afin d'accélérer la guérison et de prévenir les complications.

Le Comité d'urgence concernant la COVID-19 vient de terminer une réunion de deux jours au cours de laquelle les participants ont discuté de la voie à suivre. Le message à retenir est qu'il est important que les gouvernements et les citoyens continuent à faire tout leur possible pour briser les chaînes de transmission.

L'OMS poursuit ses recherches sur les origines du virus afin de prévenir de futures flambées. Aujourd'hui, un groupe d'experts internationaux a tenu sa première réunion virtuelle avec ses homologues chinois.

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Bonjour, bon après-midi ou bonsoir,

Je tiens tout d'abord à souligner que l'OMS suit de près l'évolution de la situation en Grèce et en Turquie après le tremblement de terre survenu aujourd'hui.

Nous travaillerons avec ces deux pays pour faire en sorte que les soins médicaux d'urgence soient fournis à ceux qui en ont besoin.

Nos pensées vont à tous ceux qui sont touchés.

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Au cours des derniers mois, j'ai entendu le témoignage de personnes qui subissent les effets à moyen et long terme de l'infection par le virus de la COVID-19.

Ce qui est vraiment inquiétant, c'est la grande diversité des symptômes qui évoluent dans le temps, se chevauchent souvent et peuvent affecter n'importe quel système corporel.

Ces symptômes vont de la fatigue, la toux et l'essoufflement à une inflammation et des lésions des principaux organes, y compris les poumons et le cœur. Sans oublier les effets neurologiques et psychologiques.

Même si nous n'avons pas fini d'en apprendre sur le virus, il est clair qu'il ne s'agit pas seulement d'un virus qui tue des individus.

Chez de très nombreuses personnes, ce virus entraîne diverses conséquences graves sur le long terme.

Certains malades finissent certes par se rétablir, mais la guérison peut être lente, durant parfois plusieurs semaines ou plusieurs mois, et sa progression n'est pas toujours linéaire.

Même si l'on ne connaît pas encore le nombre exact de personnes souffrant de séquelles à long terme, des symptômes et des complications post-COVID-19 ont été signalés chez des patients hospitalisés et non hospitalisés.

On a constaté des cas chez des femmes et des hommes, aussi bien jeunes que vieux. Et même chez des enfants.

L'OMS intensifiera ses recherches afin d'établir les meilleures normes de soins de sorte à accélérer la guérison et à prévenir ces complications.

Les gouvernements doivent impérativement reconnaître les effets à long terme de la COVID-19 et garantir l'accès aux services de santé à tous les malades.

Il s'agit notamment des soins de santé primaires et, le cas échéant, des soins spécialisés et de réadaptation.

Je souhaite maintenant céder la parole à trois personnes qui luttent toujours contre les conséquences à long terme de la COVID-19, afin que nous puissions entendre leur témoignage.

Tout d'abord, le professeur Paul Garner de la Liverpool School of Tropical Medicine, toujours convalescent depuis son infection en mars.

Paul, vous avez la parole.

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Merci beaucoup, professeur Garner, de nous avoir fait part de votre expérience.

Et maintenant, Martha Sibanda, une infirmière qui nous rejoint depuis Johannesburg, en Afrique du Sud. Martha, vous avez la parole.

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Merci Martha d'avoir pris le temps de nous faire part de votre expérience.

J'aimerais maintenant entendre Lyth Hishmeh du Royaume-Uni. Lyth est membre de Long COVID SOS, un groupe de défense des patients au Royaume-Uni.

Vous avez la parole.

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En écoutant Paul, Martha et Lyth partager leur expérience et évoquer leurs symptômes, on comprend mieux la dangerosité de ce virus.

Vos témoignages nous rappellent que les personnes qui subissent les conséquences à long terme du virus doivent bénéficier du temps et des soins nécessaires pour se rétablir complètement.

Cela me conforte également dans l'idée que l'« immunité collective naturelle » est une stratégie moralement inacceptable et irréalisable.

Avec elle, non seulement des millions de décès supplémentaires inutiles seraient à déplorer, mais un nombre important de personnes mettraient très longtemps à se rétablir complètement.

L'immunité collective n'est réalisable qu'au moyen de vaccins sûrs et efficaces, équitablement distribués dans le monde entier.

Et tant que nous n'aurons pas de vaccin, les gouvernements et les populations doivent faire tout leur possible pour empêcher la transmission, car c'est le meilleur moyen de prévenir les conséquences à long terme de cette maladie.

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Dans ce but, le Comité d'urgence concernant la COVID-19 vient de terminer une réunion de deux jours au cours de laquelle les participants ont discuté de la voie à suivre.

Face à l'augmentation continue du nombre de cas dans le monde et au fait que certains pays vont dans la mauvaise direction, ce groupe a formulé une série de recommandations à destination de l'OMS et des États Membres.

Le message à retenir est qu'il est important que les gouvernements et les citoyens continuent à faire tout leur possible pour briser les chaînes de transmission.

Les gouvernements doivent se concentrer sur la lutte contre le virus et éviter de politiser le sujet.

Quelle que soit leur situation au regard de la flambée épidémique, ils doivent continuer à investir dans le système et le personnel de santé et à améliorer le dépistage, la recherche et le traitement de tous les cas.

La lumière est au bout du tunnel.

Outre les tests rapides et la dexaméthasone, plusieurs vaccins sont actuellement en phase trois, c'est-à-dire en phase finale des essais.

Si leur innocuité et leur efficacité sont prouvées, ils seront déployés par le biais du volet vaccinal de l'Accélérateur ACT, le mécanisme COVAX, qui est actuellement soutenu par 186 pays.

Je remercie le Liban et le Botswana qui viennent de le rejoindre.

Le Comité recommande que, pour se préparer au déploiement des nouveaux vaccins contre la COVID-19, l'OMS et les gouvernements collaborent étroitement afin d'élaborer des stratégies de déploiement, de former les agents de santé et d'assurer une communication claire avec le grand public sur la vaccination.

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Tout en gardant espoir dans l'avenir, l'OMS poursuit ses recherches sur les origines du virus afin de prévenir de futures flambées.

Aujourd'hui, un groupe d'experts internationaux a tenu sa première réunion virtuelle avec ses homologues chinois.

Je me suis joint à eux pour les remercier et leur offrir tout le soutien nécessaire pour permettre à leurs recherches d'aboutir.

Des effets à long terme de la COVID-19 à la suppression des chaînes de transmission, en passant par la découverte des origines du virus, l'OMS continuera à travailler dans le cadre de partenariats dans le monde entier pour promouvoir la science, les solutions et la solidarité.

Je vous remercie.

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