Congo-Kinshasa: Consultations présidentielles - La Haute Académie de la société civile recommande l'organisation d'un «forum vérité et réconciliation»

Consultations présidentielles Une délégation du Conseil National de Suivi de l’Accord (Cnsa) a été reçue par le Chef de l’État au palais de la nation

Dans les officines politiques, nombreux commencent à rouspéter sur les conclusions qui résulteraient des consultations que le Chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, a récemment entamées et poursuit avec les acteurs sociopolitiques en vue de l'avènement d'une «union sacrée» pour la République.

Certains évoquent l'hypothèse d'un probable partage du pouvoir, alors que les véritables préoccupations du peuple sont à la ramasse. Dans cette optique, la Haute Académie de la Société Civile (HASCO) recommande au Chef de l'Etat, l'organisation d'un forum vérité et de réconciliation et non le partage du pouvoir qui est à la base des crises récurrentes. Elle appelle également chaque partie à respecter et à préserver le cadre constitutionnel légitime pour éviter un éternel recommencement pour l'intérêt d'une minorité.

Dans son mémorandum transmis au Chef de l'Etat, dans le cadre des consultations politiques amorcées, porté par son Directeur Exécutif Richie Lontulungu et dont copie est parvenue au quotidien La Prospérité, La Haute Académie de la Société Civile a invité le Président de la République de convoquer un forum national vérité et réconciliation. Elle a soutenu, dans sa position, que la République Démocratique du Congo n'a pas besoin, en ce moment, d'un partage de pouvoir et moins encore d'un gouvernement d'union nationale.

Elle a, en outre, estimé que la tenue d'un dialogue politique n'est pas une urgence nationale pour l'heure car, ceci ne fera qu'attiser des intérêts partisans et réduire la vie de la Nation à la réalisation de quelques objectifs spécifiques.

«Il apparaît évident que tout arrangement politique conclu en dehors du cadre constitutionnel et loin de la légitimité conférée par les élections sera toujours une solution fragile et vulnérable», précise cette structure.

La Haute Académie de la Société Civile a relevé qu'il existe plusieurs problèmes structurels de base qui font que la RDC retombe dans un cycle infernal des crises. Ces problèmes, à en croire l'Institution, qui sont d'ordre individuel et communautaire ne peuvent trouver des solutions que dans le cadre d'un forum vérité et réconciliation qui aboutira à une série de pardons mutuels entre des parties opposées et à un pardon général qui sera accordé par le Chef de l'État, annulant ainsi tous les forfaits politiques commis en RDC de 1969 à 2020.

Le pacte citoyen national reconnaîtra le pouvoir d'action de la constitution et des lois du pays à partir du moment où le Forum prendra fin. Une telle disposition suffira pour rassurer les uns et les autres afin qu'ils contribuent à la reconstruction du pays.

Ainsi, d'après cette Institution, le pays repartira sur des bases communément acceptées dès 2021 avec une Nation respectueuse de ses textes réglementaires.

Halte au partage du gâteau !

A propos du partage de pouvoir, l'organisation signale que cette politique est aussi l'une des causes qui conduit toujours à des crises.

« Suite à ce raccourci, tout pouvoir élu légitimement par le peuple sera, sciemment, attaqué politiquement et physiquement par des forces coalisées pour ramener le compteur à zéro et gérer le pays en dehors du cadre constitutionnel légitime », a indiqué la HASCO.

Elle a insisté sur le fait que ledit forum n'aura pour objet que la vérité, la réconciliation et le pacte citoyen responsable qui, en aucun cas, ne pourra conduire au partage du pouvoir mais plutôt à un agenda commun pour la RDC qui sera applicable à partir des élections de 2023 mais dont les réformes commenceront à être implémentées progressivement.

«Cela sera sans incidence sur votre mandat, ses corollaires et ne menacera pas les intérêts des forces ayant remporté les élections de 2018. Ça sera aussi un départ vers le changement», a renchéri l'Institution.

La Haute Académie de la Société Civile a fait observer que plusieurs pays sont passés par ce mécanisme pour construire la stabilité politique, en l'occurrence le Libéria, la Sierra-Leone et le Ghana.

«Dans un tel forum, toutes les parties congolaises concernées par des tensions et des malentendus pourront se dire des vérités en face sous un ton patriotique.. Les questions qui ont toujours causé des divergences sur le plan politique seront discutées, des voies alternatives proposées et adoptées pour faire repartir le pays sur des bases nouvelles et ce, en perspective des échéances à venir», a conclu la HASCO.

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