Cote d'Ivoire: La tension persiste entre pouvoir et opposition

Les domiciles des opposants à Ouatarra encerclés
3 Novembre 2020

Le bras de fer s'est durci ce mardi après la réélection d'Alassane Ouattara. Le gouvernement a accusé de "complot" l'opposition, qui veut former un "gouvernement de transition".

En début d'après-midi de ce mardi, à Abidjan, la résidence du leader de l'opposition, Henri Konan Bédié, a été encerclée par les forces de l'ordre.

Une centaine d'hommes des forces de l'ordre, sans pénétrer dans sa résidence, ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les journalistes et les militants et empêcher la tenue d'une conférence de presse que devait donner l'opposition.

Son numéro deux, Maurice Kakou Guikahue, a été emmené par la police, selon plusieurs journalistes présents à proximité de la résidence. Selon des sources proches du gouvernement, M. Guikahue n'a pas été arrêté, mais reconduit à son domicile.

Deux autres responsables de l'opposition ont indiqué à l'AFP être bloqués à leur domicile par les forces de l'ordre. "Je suis chez moi, il y a douze gendarmes devant mon portail, deux camions de gendarmes dans la rue devant et un camion de police dans la rue derrière ma maison. Ils ont bouclé toutes les sorties de mon domicile", a déclaré Assoa Adou, secrétaire général d'une branche du Front populaire ivoirien (FPI).

"Je vais bien, mais c'est le blocus. On ne peut pas sortir de chez moi, les trois voies d'accès sont bloquées" par les forces de l'ordre, a déclaré de son côté Abdallah Albert Mabri Toikeusse, ancien ministre qui a rejoint l'opposition avant l'élection présidentielle, et chef d'un petit parti, l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire.

Quant au porte-parole de l'opposition, Pascal Affi N'Guessan, président d'une autre branche du FPI, "je ne crois pas qu'il ait été arrêté", a affirmé à l'AFP son propre porte-parole Issiaka Sangaré. "Il y a un blocus devant chez lui", a-t-il ajouté, précisant ne pas pouvoir dire s'il était présent à son domicile.

Mise en garde du gouvernement

Mardi midi, le ministre de la Justice Sansan Kambile, a accusé l'opposition de "complot contre l'autorité de l'Etat" et indiqué avoir saisi la justice, "afin que soient traduits devant les tribunaux les auteurs et les complices de ces infractions", impliquant aussi les violences qui ont émaillé le processus électoral avant et après le scrutin, faisant une quarantaine de morts.

Les résultats provisoires de la présidentielle de samedi ont été proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI) mardi à l'aube, qui a fait état d'une participation de 53,9%. Ce taux de participation constituait un enjeu important du scrutin du fait du boycott de l'opposition, seul le candidat indépendant Kouadio Konan Bertin ayant fait campagne contre M. Ouattara.

Il a félicité le président pour sa réélection, et appelé à la tenue d'une "conférence nationale pour "la paix et la réconciliation".

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, a été réélu pour un troisième mandat controversé sur le score fleuve de 94,27% contre 1,99 au candidat indépendant Kouadio Konan Bertin.

L'opposition, qui juge ce nouveau mandat "anticonstitutionnel" et ne reconnaît plus Ouattara comme président, avait annoncé lundi qu'elle avait créé un "Conseil national de transition" pour former un "gouvernement de transition".

L'Union européenne a "pris note de l'annonce des résultats provisoires" et exprimé mardi "sa vive préoccupation concernant les tensions, les provocations et les incitations à la haine qui ont prévalu et continuent de subsister dans le pays autour de ce scrutin".

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