Congo-Kinshasa: Consultations - FCC-Cach, les signaux de la rupture se précisent

(g) Président de la RDC Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo , Joseph Kabila ancien président de la RDC (dr.)

Les anciens candidats à la présidentielle de 2018 étaient à l'honneur, le 5 novembre, au Palais de la nation. Ils ont été reçus par le chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, dans le cadre des consultations des forces politiques et sociales qu'il a initiées aux fins d'aboutir à la création d'une union sacrée de la nation

Chacune de ces personnalités était porteuse d'un mémorandum qu'il a présenté, séance tenante, au chef de l'Etat, après en avoir exposé la substance. D'après Kin Kiey Mulumba qui revendique son appartenance au Cach, le chef de l'Etat a pris le temps d'écouter religieusement ses différents interlocuteurs qui, a-t-il dit, adhèrent à son discours et veulent qu'il y ait un grand changement dans le pays.

S'interrogeant à haute voix sur l'origine de la crise institutionnelle actuelle, sous les feux des caméras et des projecteurs, le leader du Parti pour l'action a, sans ambages, affirmé que la tenue des élections de 2018 est la principale cause. « Une élection n'est légitime que si elle apporte la paix », a-t-il affirmé. Contrairement à la présidentielle qui s'est déroulée sans anicroche, ce leader du Grand Bandundu soutient le fait qu'il y ait eu des choses inacceptables aux législatives. « On est parti du fait qu'un président de la République a gagné les élections et s'est retrouvé face à une majorité parlementaire quelconque fabriquée », a-t-il laissé entendre. Dans ces conditions, a-t-il fait savoir, la crise était dès lors prévisible. Se réservant de livrer à la presse le contenu des recommandations faites à l'autorité suprême à titre d'alternative à la crise, Kin Kiey Mulumba renvoie les uns et les autres à la synthèse qui résulterait des présentes consultations.

Marie José Ifoku a, quant à elle, révélé que la démarche du chef de l'Etat rejoint sa vision de la « congolisation » telle que traduite dans une pétition qu'elle avait initiée en son temps, sous forme de consultations du souverain primaire afin de lui permettre de s'exprimer sur les enjeux de l'heure. Il en découle que le peuple ne veut plus de la coalition FCC-Cach, a-t-elle indiqué tout en pressant le chef de l'Etat de nommer un informateur afin de baliser la voie à l'avènement d'un nouvel exécutif national. Elle a, par ailleurs, exhorté le peuple congolais à signer massivement la fameuse pétition en exprimant clairement sa volonté de changement.

Seth Kikuni, pour sa part, a invité le chef de l'Etat à prendre une décision qui soit conforme à la Constitution et préserve la stabilité à l'intérieur du pays avec une emphase particulière sur l'amélioration de l'environnement socioéconomique.

Noël Tshiani, quant à lui, a stigmatisé le côté contreproductif de la coalition FCC-Cach qui, en deux années d'exercice, n'a pas réussi à changer la vie des Congolais. Dans une coalition écartelée entre ceux qui veulent la réussite du quinquennat de Félix Tshisekedi et ceux qui œuvrent pour son échec, il propose son Plan Marshall comme une solution alternative. Tout en adhérant à la création d'une union sacrée de la nation, il estime que l'heure est venue de sortir de la coalition FCC-Cach qui, dans son entendement, n'existe plus et de mettre en place « un cadre beaucoup plus inclusif pour que tout le monde participe à l'effort du développement ».

Le chef de l'Etat, a-t-il dit, a plusieurs options sur sa table dont la possibilité de désigner un informateur dans la perspective de réunir autour de lui une nouvelle majorité parlementaire. Dans la pire des hypothèses, la dissolution de l'Assemblée nationale constitue une piste non négligeable, a-t-il indiqué.

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