Ghana: Renforcer les services essentiels de santé en pleine pandémie de Covid-19

Accra — Des milliers de vaccinateurs se sont déployés dans les villages et les villes de 73 districts du Ghana, vaccinant plus de 4,6 millions d'enfants contre le poliovirus dérivé d'une souche vaccinale. Les campagnes de vaccination de masse, comme de nombreux services de santé essentiels, ont été mis à rude épreuve par la pandémie de COVID-19.

Les autorités sanitaires ghanéennes relancent et renforcent actuellement les services essentiels pour, non seulement mieux résister aux perturbations en cas de nouvelle vague de COVID-19, mais aussi pour améliorer la qualité de ces services clés.

Les dernières séries de vaccinations contre la polio effectuées en octobre avaient été prévues pour avril et mai, mais ont été suspendues en raison de l'augmentation des cas de COVID-19 qui ont secoué le système de santé, entraîné des restrictions de mouvement ainsi qu'une interdiction des rassemblements de masse.

Pour reprendre en toute sécurité la campagne de vaccination de masse, les vaccinateurs ont été formés à la prévention contre la COVID-19, ont reçu un équipement de protection individuelle et des désinfectants pour les mains.

Parallèlement, des mesures visant à limiter la transmission de COVID-19 sont également mises en œuvre dans les hôpitaux et les centres de santé, à mesure que les services essentiels sont renforcés.

Dans les structures de santé, des espaces de pré-triage ont été mis en place pour dépister les patients avant de les autoriser à se faire consulter, afin de réduire les risques d'exposition de ces derniers et du personnel de santé au virus.

Des investissements ont également été réalisés pour améliorer les connaissances et les compétences des professionnels de la santé et pour renforcer les infrastructures sanitaires. La fourniture de matériel médical essentiel, notamment par le biais de la fabrication locale, est également soutenue.

Dr Anthony Adofo Ofosu, Directeur Général Adjoint du Service Ghanéen de la Santé en charge des services essentiels de santé, déclare qu'en plus des investissements, les leçons apprises de la campagne de vaccination contre la polio et les mesures prises pour minimiser les infections à COVID-19 lorsque les personnes se font soigner, renforcent la fourniture des services essentiels dans le contexte de la pandémie.

« Nous avons beaucoup appris au cours de cette période sur la manière de fournir ces services tout en protégeant à la fois nos professionnels de la santé et le public de l'infection à COVID-19 », dit-il. « Nous avons réussi à relancer nos services essentiels ».

D'autres campagnes de santé publique de masse sont également en cours. La distribution de moustiquaires, à l'approche de la saison palustre, ainsi que de médicaments contre les maladies tropicales négligées se poursuit.

La vaccination de masse contre la fièvre jaune va également reprendre. « Les choses reprennent leur cours normal. Nous avons recommencé à faire des campagnes de masse », déclare Dr Ofosu.

L'impact de la pandémie de COVID-19 sur les services de santé essentiels a été très étendu en Afrique. Les campagnes de vaccination contre la rougeole, la tuberculose, la fièvre jaune, la polio et d'autres maladies ont été reportées dans au moins 15 pays africains cette année.

En collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres partenaires, le Ghana s'est efforcé au cours des trois derniers mois de remettre les services de santé essentiels sur les rails.

En adaptant les directives de l'OMS, le pays a élaboré un plan national pour le maintien des services de santé essentiels et a identifié les services clés qui doivent être fournis pendant la pandémie.

Ces services comprennent la prévention et le traitement des maladies transmissibles, notamment les vaccinations, les services de santé destinés aux populations vulnérables telles que les nourrissons et les personnes âgées, les soins intensifs en établissement, les services d'urgence ainsi que les services auxiliaires tels que l'imagerie diagnostique de base, les laboratoires et les banques de sang.

La récente vaccination de masse contre la polio a soulagé les parents qui se tenaient à l'écart des établissements de santé par crainte de contracter la COVID-19.

« C'est une bonne chose qu'ils se déplacent pour nous fournir les services pour lesquels nous ne pouvons pas nous rendre dans les cliniques », déclare Aboagywaa Osei, dont le bébé de cinq mois a été vacciné. « Mais on nous a également dit que les structures de santé sont sécurisées.

Nous sommes donc rassurés quant à l'idée d'y emmener nos enfants pour qu'ils aient accès à tous les services essentiels ».

Les efforts pour rétablir les services essentiels commençant à porter leurs fruits, Dr Ofosu du Service Ghanéen de Santé déclare que « le pays est mieux placé pour assurer la continuité de ces services essentiels s'il devait y avoir une deuxième vague d'infections à COVID -19 ».

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