Congo-Brazzaville: Tourisme intérieur - Brazzavillois et Ponténégrins friands de balades en nature

Grâce aux offres que proposent différentes agences touristiques dans les principales villes congolaises, Brazzaville et Pointe-Noire, la population s'intéresse de plus en plus à cette nouvelle manière de se divertir en pleine nature. Malgré le ralentissement des activités à cause de la pandémie du coronavirus, le secteur a de beaux jours devant lui.

Le secteur touristique au Congo, quoiqu'encore assez peu développé par rapport aux autres pays du continent africain, semble prendre un nouvel envol. Avec des paysages spectaculaires, sa flore, faune et biosphère exceptionnelles, le Congo se positionne comme une destination écotouristique considérable. « Le tourisme est un secteur à fort potentiel et lorsqu'il est bien mis en valeur, il génère un grand nombre d'emplois et de recettes financières. Aussi, en vendant la destination du pays à l'échelle internationale, le tourisme local peut contribuer à développer d'autres secteurs tels l'art, le cinéma, l'économie, etc. », estime le responsable d'une agence touristique ayant requis l'anonymat.

Grâce à une politique qui concilie la qualité et le prix, de nombreux sites reçoivent davantage les visiteurs en provenance de Brazzaville et Pointe-Noire, à côté de quelques étrangers qui reviennent de l'extérieur. En réalité, si s'offrir des visites touristiques a longtemps généré la peur des frais exorbitants à débourser aux agences qui s'en occupent, la tendance aujourd'hui au Congo laisse voir des offres de plus en plus raisonnables pour intéresser toutes les couches sociales.

Brazzaville et Pointe-Noire au cœur de l'éclosion du tourisme local

De plus en plus de jeunes issus de la classe moyenne se montrent désireux de découvrir leur pays. D'une agence à une autre, les coûts des visites varient en fonctions des sites à explorer. Les quelques agences de tourisme, qui existent sur le territoire national, ont concentré leurs activités à Brazzaville et Pointe-Noire. Dans la capitale, l'une des plus en vue est Wild Safari Tours, qui propose des excursions autour de la ville et organise des circuits de groupe, dont la visite de parcs et la navigation fluviale. Si au départ l'agence ciblait surtout une clientèle d'expatriés et de voyageurs étrangers, aujourd'hui elle propose des offres qui attirent de nombreux Congolais. Ceci dans le but de promouvoir le tourisme local.

A Pointe-Noire, le photographe Kiki Lawanda, membre du collectif Ekolo na Bisso, désignant en français « notre pays », a apporté un nouveau visage au tourisme local depuis le début de ses activités en 2018. Il organise des excursions et des randonnées à la carte à Pointe-Noire et dans le Kouilou, mais aussi dans le Niari, la Bouenza, la Lékoumou et le Pool. Fort de son succès, le collectif, qui a identifié des sites peu connus, s'est transformé en véritable agence de tourisme depuis quelques mois. On compte également Soleil Business et Univers Voyage parmi les autres opérateurs nationaux.

En réalité, jeunes comme adultes trouvent dans le tourisme intérieur une bonne manière de communier avec la nature longtemps restée dans les oubliettes. Pour de nombreux touristes, ces randonnées en week-end permettent de souffler un bol d'air pur et de sortir de la routine citadine. Au programme de ces randonnées, plusieurs sites à fort potentiel à visiter comme la réserve de Lésio Louna ; la grotte de Nkila-Ntari ; le glacier de sel de Makola ; le lac bleu ; les chutes de Loufoulakari, Bela, Map Makambo, Nkita et Bankoussou, pour ne citer que ceux-là.

Aménager les voies et espaces d'hébergement

A quelques heures en voiture et après des kilomètres de pistes assez difficiles, les touristes arrivent à rejoindre les différents sites au programme des visites. Ce que déplorent bon nombre d'entre eux est la qualité des routes. Un effort doit être porté sur l'aménagement des sites et sur l'entretien des routes et des pistes permettant d'y accéder. « On embarque dans les bus tout excités mais on est peu à peu refroidis à cause de l'état des voies qui se dégradent de plus en plus. Et en soirée, le danger qui se présente est le manque d'éclairage sur la voie publique. C'est très obscur et cela peut causer des accidents », nous a confié une jeune Brazzavilloise, récemment en visite aux chutes de Loufoulakari.

Par ailleurs, à proximité de ces sites, il n'existe quasiment pas d'auberges, hôtels et maisons d'accueil, capables d'abriter des centaines voire des milliers de touristes. En cela, les touristes ne profitent pas assez de la beauté des sites et des bienfaits de cette vie en pleine nature. Parmi les autres problèmes à résorber figurent la délicate délivrance du visa touristique, les tracasseries administratives et policières pour explorer certains sites, l'insuffisance de renseignements fournis par certains guides durant les circuits touristiques...

Pour que le secteur s'élargisse et s'épanouisse, tant en volume d'activités qu'en chiffre d'affaires, il est nécessaire que les pouvoirs publics et les acteurs privés travaillent davantage en étroite collaboration.

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