Cote d'Ivoire: Des responsables de l'opposition entendus par la police

Pascal Affi N'Guessan, le chef du parti d'opposition FPI
6 Novembre 2020

Des dirigeants de l'opposition sont toujours bloqués chez eux par la police. D'autres ont été arrêtés. Les autorités les accusent de "complot contre l'autorité de l'Etat".

Le bras de fer se poursuit en Côte d'Ivoire après la réélection d'Alassane Ouattara pour un troisième mandat controversé: le gouvernement a accusé de "complot" l'opposition, qui après avoir boycotté le scrutin, a annoncé la création d'un "conseil national de transition" et veut former un "gouvernement parallèle" selon le pouvoir.

En début de semaine, la résidence du leader de l'opposition, Henri Konan Bédié, a été encerclée par les forces de l'ordre et plusieurs opposants qui s'y trouvaient ont été arrêtés.

"complot contre l'autorité de l'Etat"

Le ministre de la Justice Sansan Kambile a accusé l'opposition de "complot contre l'autorité de l'Etat" et indiqué avoir saisi la justice, "afin que soient traduits devant les tribunaux les auteurs et les complices de ces infractions", impliquant aussi les violences qui ont émaillé le processus électoral avant et après le scrutin, faisant une quarantaine de morts.

Les résultats provisoires de la présidentielle du samedi 31 octobre ont été proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI) mardi à l'aube. Des résultats qui donnent gagnant le président Alassane Ouattara avec 94,27% des voix contre 1,99% , à Kouadio Konan Bertin. Le taux de participation est estimé à 53,9%. Ce taux de participation constituait un enjeu important du scrutin du fait du boycott de l'opposition.

Kouadio Konan Bertin est arrivé deuxième devant les deux autres candidats qui avaient appelé au boycott, Henri Konan Bédié (1,66%) et l'ex-Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, porte-parole de l'opposition (0,99%).

Elu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara avait annoncé en mars qu'il renonçait à une nouvelle candidature, avant de changer d'avis en août, à la suite du décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu'avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016, le compteur des mandats présidentiels a été remis à zéro. Ce que l'opposition conteste.

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