Maroc: La célébration de la Marche verte confirme la concomitance de l'agenda de la « marocanité » du Sahara et celui de l'« africanité » du Maroc (Think tank français)

Paris — La célébration de la Marche verte confirme la concomitance de l'agenda de la « marocanité » du Sahara et celui de l'« africanité » du Maroc, a affirmé Emmanuel Dupuy, président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), un Think tank spécialisé dans les questions de défense, géopolitique, géoéconomie et géostratégie.

« Cette année encore la célébration de la Marche Verte a confirmé la concomitance de l'agenda de la marocanité des provinces du Sud et du Sahara et celui de l'africanité du Maroc, a souligné le président de l'IPSE qui a livré à la MAP son décryptage du discours royal.

Selon Emmanuel Dupuy, le discours prononcé, samedi, par SM le Roi Mohamed VI avait cela de particulier qu'il correspondait non seulement au 45ème anniversaire de l'appel lancé aux Marocains en 1975, mais s'intégrait également dans un agenda autant onusien- quelques semaines après la célébration de son 75ème anniversaire- que de l'Union africaine, que le Maroc a rejoint en janvier 2017, après 33 ans d'absence.

«Alors que le Maroc appréhende à sa manière et avec plus de réussite, me semble-t-il que ses voisins, les doléances d'une jeunesse en quête d'inclusion sociale, la célébration de la Marche Verte, dans le contexte de la reprise de contaminations liées à la Covid-19, semble également reconfirmer le besoin de clarifier voire de trouver la juste synthèse entre les deux principes qui prennent en otage le système onusien depuis sa création en 1945 : celui du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, d'une part, et, celui du principe de l'intangibilité des frontières reconnues internationalement », a indiqué le président de l'IPSE.

De ce point de vue, a-t-il souligné, le fait que 163 des 193 pays, reconnus à l'ONU, soit représentant 85% des États membres des Nations Unies, ne reconnaissent pas la pseudo « RASD » et encore moins «le polisario » est « la confirmation que le règlement de ce dossier devrait sans doute être davantage incarné au niveau de l'Union africaine, comme est venu le confirmer le principe de la troïka » (... ) et non plus seulement au niveau de la Commission Paix et sécurité (CPS) qui se trouve désormais dessaisie du traitement du dossier de la question du Sahara marocain».

« La perspective, après 10 ans d'occupation de ce poste par un diplomate algérien (... ), que le Maroc puisse occuper ce poste offre de réels espoirs d'envisager le dossier du Sahara sous de meilleurs auspices, notamment dans la prise en compte de l'initiative d'autonomie proposée par le Maroc en 2007 », a considéré cet expert en diplomatie et négociations stratégiques.

Et de relever que l'adoption de la résolution 2548, le 30 octobre dernier, renouvelant le mandat de la MINURSO pour un an, va dans le même sens.

«C'était, du reste, la 14eme fois que le Conseil de Sécurité reconnaissait les efforts sérieux et crédibles du Maroc ! », a tenu à relever le président de l'IPSE.

Concernant la pêche, le Souverain a eu raison de rappeler «la centralité et la profondeur stratégique du Maroc de ce dossier, lié au Sahara», a estimé Emmanuel Dupuy.

« Avec ses 3416 km de côtes du Nord au Sud sur sa façade atlantique et ses 512 km en Méditerranée, le secteur de la pêche revêt, au Maroc - comme du reste, pour beaucoup de pays d'Afrique de l'Ouest, baignés par les eaux poissonneuses de l'Atlantique - un caractère stratégique, comme en atteste la participation active du Maroc, au sein de la Commission ministérielle sur la coopération halieutique entre les Etats africains riverains de l'Océan Atlantique (COMHAFAT) regroupant 22 Etats membres », a-t-il souligné.

« Ce sont ainsi ses côtes et les 700.000 Km2 de Zones Economiques Exclusives (ZEE), (... ) qui contribuent - peu ou prou - à 2% du PIB du Maroc, qui doivent être protégées. La pêche marocaine participe ainsi à hauteur de 9% aux exportations totales du pays ! Ces réalités géoéconomiques font du Maroc, un des piliers de la gouvernance maritime euro-africaine », a-t-il ajouté.

La pêche est aussi devenue un facteur déterminant dans le renforcement du pilier sud de la politique européenne du voisinage. C'est, du moins, ce que l'on peut retenir d'une étude indépendante diligentée récemment, à l'impulsion de la Direction générale MARE de la Commission européenne et confiée à une équipe d'experts français spécialistes des questions maritimes. On y découvre ainsi que l'UE importe à hauteur de 1,2 milliards d'euros de produits de la pêche provenant du Maroc, tandis que Bruxelles n'a exporté que 135 millions d'euros, en 2016 », a indiqué Emmanuel Dupuy.

"Ce sont plus de 80.000 tonnes de poissons que les flottes européennes pêchent au large des côtes marocaines, chaque année, pour un bénéfice estimé à 80 millions d'euros », a-t-il souligné.

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